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CHER MoNSIEUR,
L'abbé de Solesmes a refusé d'intervenir ; voici sa réponse
Solesmes, 22 juillet 1885.
MoNSIEUR,
Je recois votre lettre du 20 juillet, qui m'annonce un envoi de deux brochures, sur une question délicate, dans laquelle vous me priez d'intervenir. |
Le courrier ne m'apporte qu’une seule de ces brochures : Le Taensa a-t-il été forgé de toutes pièces ? Cette brochure suffit-elle seule pour faire connaître la question en litige ? ou a-t-elle besoin d'être complétée par la seconde que je n'ai pas ?
Quoiqu'il en soit, je me suis empressé d'en prendre
connaissance.
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Le travail paraît divisé en deux parties bien distinctes. La seconde seule touche à la question ; la première est un réquisitoire peu courtois contre votre collaborateur. Je ne le discute pas, je le constate. Vous"“montrez.ce Jeune homme à qui vous devez votre livre, comme un écrivain médiocre, un maladroit, un naïf. C'était déjà très fort ; mais vous allez plus loin, vous ne craignez pas de mettre en doute sa bonne foi.
L'injure est grave dans la bouche d’un homme bien élevé. Chez vous, Monsieur, elle a le malheur de détruire votre thèse.
Vous voulez établir qué le Taensa n’a pas été forgé de toutes pièces ; c’est l’objet de votre brochure. Mais si le collaborateur qui vous a fait connaître le Taensa, qui vous en a fourni tous les matériaux, peut à vos yeux être suspect de mensonge, comment pouvez-vous invoquer son témoignage ? Ne voyez-vous pas que vous donnez des armes contre vous ? C’était ici une affaire de confiance et de bonne foi ; et vous vous enlevez tout droit à l’invoquer ! Evidemment votre défense a été mal engagée.
Pour moi, Monsieur, vous comprendrez que je ne puis intervenir, en aucune manière, dans une cause où vous blessez gratuitement un jeune homme que j'estime et une famille que tout le pays des Vosges honore.
Agréez, Monsieur, l'expression des sentiments respectueux de votre très humble serviteur.
FT F. Charles Coururter,
Abbé de Solesmes.
Dom Couturier croyait sans doute m'avoir asséné un coup de la crosse abbatiale assez violent pour QUeMennE sois plus tenté d’aller frapper à la porte du monastère. Mais, faute d’avoir eu la patience d’attendre l'envoi de ma seconde brochure, le chef de la milice bénédictine
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avait frappé dans le vide. Je lui répondis donc allègre- MontPén ces) termes
MoxsIEUR L’ABBÉ,
La brochure que je croyais jointe à -la première consiste simplement en une lettre de M. Fried. Müller, dont j'extrais ces deux paragraphes : « Je suis, quant à « moi, convaincu que M. Parisot a intérêt à ne pas « produire le manuscrit original, et qu'il sait exacteinentce que celui-ci est devenu. Il se sera permis, « dans le travail personnel auquel il s’est livré, bien « des fantaisies qui seraient rendues manifestes par la « comparaison de sa publication avec l'original.
« Je crois que, prise dans son ensemble, la Grammaire Mensa Cstodebbon aloft. quenl'on peut utiliser,ses « matériaux pour porter des jugements sur la structure « grammaticale de la langue, mais qu’'aussi longtemps « que le manuscrit original n'aura pas été produit, il « sera prudent de ne faire de ces matériaux aucun “autre emploi. »
De son côté, M. Michel Bréal a bien voulu m'écrire ce qui suit: « L’attitude de M. Parisot est assez étrange. « Je suppose qu’il faut l'expliquer par des changements, « peut-être des additions, qu’il aura faits au manuscrit. « Il se pourrait aussi qu’il soit embarrassé d’avoir « attribué une part de collaboration à M. Haumonté. « Quoiqu'il en soit, je suis convaincu qu’il était inca- « pable d'inventer le tout. »
Ma défense n’a donc point été mal engagée, puisque jai, ainsi que vous le voyez, atteint Île but auquel je tendais : démontrer que la langue taensa n’a pas été forgée de toutes pièces. Quant à l'attitude que j'ai prise vis-à-vis de M. J. Parisot, elle m'a été imposée par les nécessités de la situation dans laquelle ses pitoyablés réponses me plaçaient au regard de M. Brinton.
Quoiqu'il en soit, Monsieur, dès lors que vous vous refusez à intervenir, il ne me reste plus qu'à inviter