SCÈNE VI
ENNLY. élonn ée.
Peut-être?
RICHARD
11 ne me manque , pour en être sûr . que de connaître mon père.
ENNLY.
Vous ne connaisse», pas vos parens ? (Richard fait un signe île t«e négatif.) Alors , vous êtes comme Daniel.
RICHARD
Je suis, comme on dit, un enfant de l'amour; du moins , je le suppose. J’ai êtê élevé richement; on me mit au collège, et, à ma majorité , je fus mandé chez un notaire , qui me compta •JO, 000 guidées... Je les pris de confiance et je les mangeai de même ; au bout d'un an, j’avais tout dissipé.
Oh ! que vous devez regretter, à présent , de n'avoir pas songé à l’avenir?
ntcn.ARn.
Eh bien ! non ; car je n’aurais pas été malheureux; je n’aurais pas été consolé par vous; jette serais pas lit, sous le même toit, en téte-àtéie , (Il prend les mains d’Eunly.) et pouvant vous dire...
ENNLY, troublée et cherchant a s'éloigner.
Quoi donc?
ntCHARD.
Vous ne comprenez pas ?
(Ici, Daniel paraît Ennly, effrayée, se dégage de sir Richard,}
ENNLY, DANIEL, WILKLS.
ENNLY, courant au-devant du Docteur, comme pour se donner une contenance.
Ah! vous voilà, M. Wilkis! nous vous attendions avec impatience.
DANIEL, à paru
Oui , elle l'attendait joliment !
WILKIS.
Bonjour, Miss! bonjour, maître Daniel! bonjour, mes amis! (U leur prend la nain à tous deux et la garde.) Tiens ! tiens ! tiens! je croyais ne venir ici que pour la maman Bloomiicld, et il parait que toute la maison est malade? (Regardant Ennly.) Voici une petite main qui tremble dans la micuue. (5e retournant vers Daniel) Et, par ici, un pouls bien agité. Tu as la fièvre, mon garçon ?
DANIEL
Mais non ! mais non ! c’est que vous me regardez avec un air si... On a beau dire, uu médecin, ça émotiütmc, ça donue la lièvre quand on ne l'a pas.
wilkis.
Et quand on l’a, ça vous la laisse... Est-ee ça que tu veux dire ?
DANIEL , riant d’un air affirmatif et se reprenant tout-à-coup.
Oh ! par exemple ! non , M. W ilkis !
WILKIS.
Moi, te donner la fièvre! Gordieu! je ne te veux pas de mal , sois en bien sftr, au contraire* Quoiqu’il y ait pou do temps que nous nous coo<
naissions , je t’apprécie , vois-tu ? et je t’ Daniel !
DANIEL
Vous êtes bien bon , M. Wilkis. (a part) C’est drôle ! ce doctenr-là, il me tuteye, il me manque de respect , et ça me fait plaisir.
WILKIS.
Homme laborieux! cœur reconnaissant! je sais ce qne tu as fait pour ceux qui l’ont élevé, qui t'ont adopté.
DANIEL
Je n'ai fait que ce que je devais !
WILKIS.
Tu en seras récompensé , je l’espère.
ENNLY, qui est occupée à ranger sa table.
Docteur, faut-il vous annoncer chez maman Bloomfield?
WILKIS.
C'est inutile ! j'irai bien seul. Depuis tna dernière visite , y a-t-il eu quelque symptôme ?
DANIEL
Oui, oui, il y a eu redoublement... d’appétit. La tartine qu’il faut lui donner à présent a ça de plus que l’ancienne... un parement de plus.
WILKIS.
Et l’irritation de la gorge a-t-elle cessé ? la parole est-elle devenue plus libre ?
DANIEL
Oh ! elle parle! elle parle ! ça coule de source, à présent. La débâcle est arrivée. Vous avez fait là, Docteur, une cure qui fait déjà du bruit... dans la maison.
wiLKis, avec une Joie dissimulée.
C’est bien! (a part.) Je pourrai donc, aujourd'hui , avoir une explication avec elle ! (Haut.) Au revoir, mes enfans ! Toi, Daniel, soignetoi. (il lui tâie le pouls.) Tiens ! tu n’as plus la fièvre! C’est égal... bois de l’eau et sois gai... tout à l’heure, tu avais l’air tout bouleversé... cette pauvre fille semblait avoir peur de toi. Allons, de la gaîté, morbleu ! Avant peu, j'aurai, sans doute , une bonne nouvelle à te donner.
DANIBL.
Oui! une pratique ?
WILKIS.
Une excellente pratique.
Ai* : Val»» de Soit lu <]•* boi*.
Près de ma cliente , Je pense Qu’Il est temps de porter mes pas.
Du docteur, voici l'ordonnance :
Quami je suis là , qu’on n'entre pas t
!A lui-mdiM.)
Du bon Daniel , avec prudence,
Allons servir les Intérêts.
Chutt.. imitons la Providence ,
Qui ne dit pas tous ses secrets.