SCÈNE II
CLARENDON , WILKIS.
WILKIS, k part
A nous deux, maintenant ! Si les conseils du médecin ne suffisent pas, j’ai d’autres droits, et je les ferai valoir. ( Haut. ) K h bien ! Milord ?
CLARENDON
Eb bien ! Docteur ?.. je ne doute plus, et s’il ne fallait que tendre les bras à Daniel , lui assurer un avenir , je n’hésiterais pas...
WILKIS, arec vivacité.
Comment! comment! En sommes -nous encore là ? Vous ne doutez plus , et vous hésitez ?
CLARENDON
Raisonnons de sang-froid , Monsieur.
wilkis.
De sang-froid !
CLARENDON
Il ne s’agit pas ici de faire de l'enthousiasme paternel. Ma jeunesse fut aventureuse, dissipée, blâmable, je l'avoue...
wilkis.
C'est bien heureux!
CLARENDON
Mais je ne prétends pas solder tous mes comptes de ce côté... Nous aurions trop à faire !..
WILKIS.
D’accord !
CLARENDON
11 n'est point question ici de sentiment... 11 s’agit d’une chose* positive : il s’agit pour moi , avant tout , de trouver un héritier au nom que j’ai su illustrer, à l'immense fortune que je dois laisser un jour. Puis-je donc confier au premier venu une tâche de cette importance?
wilkis, k lui-même*
Le premier venu !.. C’est ainsi qu’il parle de son fils!.. (Haut.) Eh bien! oui. Milord, le premier venu , c’est bien dit ; car vous étiez jeune, pauvre aussi vers 1732 , et je réclame, en faveur de Daniel , la loi du droit d'aiuesse , toute puissante en Angleterre.
CLARENDON, souriant
Ah !.. en fait d'adoption , on a son libre arbitre.
WILKIS.
El qui mettrez- vous à la place de Daniel?
CLARENDON
Mais n’ai-je pas un autre fils , Docteur ?
WILKIS.
Richard! Parlons de celui-là! Il conviendrait mieux , n’est-cc pas? à vos projugés aristocratiques , puisqu'à la rigueur il pourrait porter double couronne de comte sur sou écusson, car sa mère était comtesse , je crois. Vous avez raison , voilà un fils qui vous ferait honneur!
CLARENDON
Pourquoi pas ? Elevé au collège d’tëton, du moins il a fait son apprentissage de gentilhomme.
WILKJS.
U a si bien profité des levons qu'on lui don*