DE SAIN! P
tureux le soir que le matin. Ali ! c'est un l»>n repos que l'amour tranquille dans le
i maison tout le monde i qu'aux |
Mi mère avait fail
ûr de la no mardi de la Saint-Jean d'été. Elle avait invité !■ el fillr-, qui •
au village ou répan I - les ha-
meaux. Il y en avait une douz i
. tant fili et filles «lu coquetier que d*au- ' i robe • elles lui esr tantôt ceci, fan'
! m- l.i du ma* in an
Moi, monsieur, j'* riais un m
■ ivailler, mai
nir longtemps au travail depuis les derniers jours. Mon cœur était trop avec Denise. Pourtant j'avais préparé aussi une surpriseà la noce el un bouquet, comme on <lit, au feu d'artifice de la Saint-Jean, qu'on a coutume d'allumer sur nos montagnes la veille de cette fête, el un coup de boîte plus Fort que ceux qu'on tire chez nous aux noc< - i
Je travaillais secrètement < !<•[ >u i - nui! jours h creuser une mine comme j'en avais vu creuser dans les rochers de Toulon, capable «le faire sauter toute la voûte sous les sapins de ma car rière, et de me donner -.in- peine des matériaux pour tailler pendant plus de six mois.
Je n'en avais rien dit à personne, pas même à Denise pour que ça partit à la fin du repas des noces, et que chacun à une lieue de là, sur les montagnes el dans la vallée, 'lit en l'entendant éclater : « Voilà le coup de noce du tailleur de pierres. » Je l'avais rempli d'un demi-quintal de poudre bien bourrée i la sciure d>- pierre par dessus. De peur de malheur j'y avais attaché une mèche qui brûlait lentement el que j'avais recouverte de gravois, de poussière el d'herbe sèche, pour que les pieds des bêtes ne la dérangeassent pas. Il n'y avait que une qui connusse la touffe d'orties où le bout île la mèche étail enroulé • tant de terre près de la carrière, au bord du chemin.
Le malin de la veille des noces, j'allai pour ne pas comme on dit; je donnai quelques coups de '■• levier dans mes pierres, je vi-iiai ma mon amadou avec une traînée <l>- poudre arrivant jusqu'au chemin, el je me dis en remontant : » Tu battras l<- briquet, la poudre prendra feu, l'amadou s'allumera, il communiquera lentement le feu à la te presser, de ter jusqu'aux Huit---, tu prendras un i santé des parents en em-
vu
Cela ' lurant, au vil—
Saint-Poinl |">ur a< heter ~ix bouteilles <l<- vin blanc, afin d< le lendemain
- ■ ■. )•■ m'amus li un peu avec l'i
mneur,
avec le curé et sa servante. Chacun m'arrêtait, me faisait compliment sur le bonheur que j'avais d'épouser une si brave et si belle veuve; car elle étail bien aimée et connue, quoiqu'on ne la vît que par hasard a l'église, aux grandes fêtes, '-I jamais aux danses. On l'appelait, comme je vous ai dit, la sauyage des Hutte-; mais ou ne l'estimait que plus. On m'offrait un verre de vin partout, je ne pouvais pas refuser tre malhonnête; je bus quelques ooups <le trop. La preuve, c'est que moi <|ui ne faisais que siffler on travaillant dans mon chantier, je remontai aux 1 luttes qu'il était déjà quasi nuit, el en chantant si haut que ma voix faisait sauver les oiseaux déjà couchés dans les buissons el sor les arbres.
Je ne pensais qu'à mon bonheur d'être le lendemain le compère de Denise, el de redes cendre là, avec elle qui aurait un gros bouquel
irgère, el un autre d'œillets rou sa coiffe. Je la voyais d'avance à mon bra6, avec ses beaux souliers aux pieds ou à la main, de peur de les déchirer sur les cailloux, tout a fait oublié que c'était aussi la veille de la
DE SAISI r 2-1
torches de [jailli- enflammée • ipin allu-
.. mtagnes.
En approchant de m :hantier dans l'om-
itendis quelques bruits dans les feuilles, et comme un chuchotement de voix de Femle la carrière, tout en haut, • I sapin. J>- m'arrêtai
et je m Denise, les tailleuses
ifants qui seront venus à ma rencontre par surprise, el par badinage, ne me voyant pas remonter si tard. » El ce n'était <|U'- trop vrai. Car, au moment où je pensais cela, j'en-
i|ui me huchaii . tout en riant,
d'un bord de la carrière à l'autre. Les enfants huchèrmt de leur jol . comme elle,
g ement : « Claude ! Claud - lei bois.
)•• répondis <•:> huchant aussi pour que ma tien) en . .
• |q ies pas <
>ur aller I m brasser an contournant
les bords es< arpés de
n lent, monsieur, une
lueur i p dans les ••■
une douzaine le jeunes
mirent à hiu hei aussi du entendu
Denise. C'étaient les garçons, les filles et les enfants de la noce du lendemain qui étaient venus, pour me faire fête et surprise, passer la nuit aux Huttes et promener en signe de réjouissance leurs torches de paille et leurs mâts de sapin allumés autour de Denise et de moi. Ils venaient d'y mettre le feu ru m'entendant répondre à Denise, et ils s'avançaient en poussant des cris de joie et en secouant leurs flammes '•) leurs étincelles au-dessus de leurs têtes dans la nuit.
A la réverbération de ces torches enflammées |'' vi- clairement Denise au sommet de la carrière, droit sur la voûte en face de moi. Son garçon la tenait par la main, ei sa p. -ht.fille était pendue a son cou, assise sur son bras, comme un représente la Saint.' Vierge portant l'Enfant Jésus. Elle regardait ver- moi avec un visage de bonheur et d'amour, tout illuminé en rouge par le feu <!<•- Bordes. Je lui tendais les bras, puis tout a coup je poussai un grand cri, et j<- lui Assigne «le se sauyerde I . .m elle était.
Ma p'-n- .'-H ut de nu' frapper comme un
coup de marteau dans la tête. Les garçons et les jeune- filles s'approchaient d'abord du chemin où j'avais semé mon amorce sur mon amadou le matin. Une étincelle emportée par le vent suffisait pour allunvr la mèche el pour faire sauter le rocher sur la caverne où était Denise!
Hélas! monsieur, je pensais trop tard. Je n'avais pas eu le temps de décoller ma langue de mon palais et d'étendre la main vers Denise, qu'un coup de tonnerre souterrain éclata sous ses pieds, el que je la vis lancée avec ses deux • niants encore à son cou à la hauteur de la tête du sapin el retomber au-dessus d'un nuage de fumée comme une sainte descendant du ciel, s'engloutir avec eux dans la vont.; qui venait de s'entr'ouvrir et de se refermer avec le bruit de l'écroulement du mondf sur elle!... Grand Dieu! que ne se referma-t-il du même coup sur moi !
).■ ne pus retenir un cri d'horreur et une larme de pitié
ïe . re homme ne pouvait plus
poursuivre. J'eus compassion de *on déchire-
ment. Je me hâtai de l'entraîner vers un autre site et de détourner sa pensée de cet horrible dénoûment de son amour, remettant à un autre jour les détails de l'événement dont on s'entretenait encore dans toutes nos montagnes. Il me comprit, il se leva tremblant, pleurant et priant : « C'était la volonté de Dieu, monsieur; » il s'inclina comme sous la main divine qu'il aurait sentie sur sa tête.
Nous reprîmes tous deux en silence le chemin de la vallée. En passant au bord de la carrière abandonnée, il détourna la tête. J'aperçus une croix de pierre contre un vieux tronc de sapin que je n'avais pas encore remarqué, au-dessus d'un large éboulement. C'était sans doute la place où il avait vu, après l'explosion, Denise soulevée vers le ciel comme une sainte au-dessus du nuage.
Il m'accompagna cette fois jusqu'au bord des prés. Je semblais lui être devenu plus cher depuis que j'avais pleuré Denise avec lui.
msms&vmmi