Cf. ci-après, III, 1 5 Meghilla, II
TRAITÉ ROSCII IIA-SCHANA 83
se rendant à labné auprès de R. Gamaliel, au jour où, d'après son calcul, ce devait être le grand pardon. R. Gamaliel se leva, le baisa sur la tête et lui dit : Viens en paix, mon maître et mon élève; tu es mon maître en sagesse, et mon disciple puisque tu as accueilli mon opinion.
Il est écrit (I Sam. XII, 6): L Éternel qui a accompli envers Moise et Aron, qui a fait monler, etc.; puis (ib. 11) : U Éternel envoya leroubaal, Bedan, Jefté, et Samuel. Le 1" nom correspond à Gédéon ; le 2° à Samson, le 3® est celui de Jefté de Guilead. Il y a donc là un parallèle entre les plus infimes juges et les plus élevés (cités auparavant) ; c'est en vue de nous apprendre qu'un tribunal composé par Gédéon, Jeflé et Sarason, a autant de valeur légale que celui de Moïse, Aron et Samuel. De plus (pour bien faire ressortir cette idée), l'historien a énoncé les noms des hommes importants en avant et en arrière, plaçant les petits au milieu (comme des égaux).
« R. Gamaliel se leva et le baisa, est-il dit, l'appelant : mon maître et mon élève, » mon maître en sagesse, et mon disciple pour la crainte de pécher ; mon maître en sagesse, et mon disciple en ce qu'il observe tout ce que je lui prescris. Il est dit (Ps. CXLIV, 14) : iSos bœufs sont chargés de graisse., etc. R. Yohanan et R. Simon b. Lakisch l'expliquent diversement : selon le premier, de ce qu'il n'est pas dit « des bœufs chargés, » mais « nos bœufs, » la bénédiction s'applique au temps où les grands soutiennent (sont chargés) les petits par leur savoir ; alors, il n'y a ni perle ni dommage, nulle plainte ne retentit dans nos rues (ib.). R. Simon b. Lakisch retourne au contraire ce verset et l'explique ainsi : de ce qu'il n'est pas dit « des bœufs chargés » mais « nos bœufs chargés », on entend par là l'époque oiiles petits supportent les grands avec toutes leurs prescriptions ; alors, la suite du verset leur sera applicable.
R. Schila, du village de Tamarta, explique ^ au nom de Rabbice verset (ib. CIV, 19) : Il a créé la lune pour régler les temps, et enseigné au soleil son coucher; c'est-à-dire en calculant depuis le coucher du soleil, on sait par les néoménies fixer les fêtes. Ainsi, R. Rerakhia expliijue ce verset (Nombres, XXI II, 3) : ils décampèrent de Ranisès le 1" mois, etc. ; de ce que le texte assigne la sortie d'Egypte à la journée du 13, bien qu'elle eût lieu la nuit, on conclut que lorsqu'on arrive à la 1" nuit de la fête, il y a déjà eu 14 couchers de soleil en ce mois ; c'est donc par ces couchers que l'on compte !e mois lunaire. De même R. Simon dit que par l'expression ils serviront (Genèse, I, 14), on sait que les fixations des fêtes ont lieu par l'un et l'autre (par les calculs combinés des mouvements solaire et lunaire). De même encore, dit R. Yohanan, il est écrit (ib. 5) : // /ut soir, il fut matin, un jour (pour un jour entier, on commence à compter du soir). R. Simon b. Lakisch dit : du terme le mois (Exode, XII, 1) on déduit que même le 1" jour doit faire partie en entier de ce mois nouveau ; quant au doute pouvant subsister à l'égard