CHAPITRE VI
en oui pris, il dit d'abord la IxMu'diclioii j)()nr \os dalles. Mais, lui demanda R.llisda, n'adnietlez-vous pas ce que disent U. Joseph ou R. Isaac, qu'il laut bénir en premier lieu ce qui occupe dans le texte biblique la première place? C'est que, lui répondit-il, le miel de dattes occupe le second ranj; après le mol pays (de la ^^ partie du verset), tandis que la grenade n'y occupe que le cinquième rang. Puissé-je, dit R. Hisda, avoir des pieds de ter, pour le suivre et entendre tes excellentes interpretations!
On rapporte ceci : Si l'on apporte sur la table des figues et du raisin, au milieu du repas, il faut, selon R. llouna, réciter une formule de bénédiction avant d'en manger et non après. C'est aussi l'avis de R. Nahman; selon R. Schescheth, il en faut aussi bien après qu'auparavant, car il n'est rien qui, exigeant une bénédiction préalable, n'en exige aussi une après, sauf le pain qu'on apporte avec les grains grillés comme dessert^. C'est contraire à R. Hiya, qui dit : La bénédiction dite pour le ])ain dispense de celle de tous les autres plats, de même que celle du vin en dispense pour les autres boissons. Voici la règle, dit R. Papa : Si pendant le repas on apporte des mets qui en font partie, on n'a besoin de réciter pour eux ni bénédiction antérieure ni postérieure; mais si au milieu du repas on apporte des choses qui n'en font pas partie, il faut une bénédiction au préalable, non après; quanta ce que l'on apporte après le repas, il faut réciter les bénédictions tant antérieure que postérieure. On demanda à Ren-Zoma : Comment se fait-il que pour ce qu'on apporte au milieu du repas et qui en fait partie, on ne récite aucune bénédiction, ni avant, ni après? Parce que, répondit-il, la bénédiction du pain dispense du reste. S'il en est ainsi, pourquoi n'en dispense'-t-elle pas aussi pour œWe du vin? Le vin exige une bénédiction toute spéciale (de même qu'on le bénit aux solennités et F. /12' fêtes, sans même le goûter). R. Houna mangea (au dessert) treize petits pains dont trois forment la mesure dite cab, sans dire de bénédiction. Mais, lui demanda R. Nahman, as-tu encore faim? (sans quoi l'on ne pourrait manger autant sans réciter nulle formule?) Non, il faudrait la réciter si cette consommation établissait un repas. (Mais, pour R. Houna, c'était un apéritif.)
R. Juda préparait le repas de noces de son fils chez R. Juda bar-Habiba, et l'on apporta du pain accompagnant le dessert. A son arrivée, il entendit qu'on récitait la formule : te Qui produit le pain, etc. i? Qu'est-ce que j'entends là, leur demanda-t-il , serait-ce la formule: crQui produit le pain de la terre tî qu'on récite ici? Oui, répondirent-ils, puisqu'on a appris que R. Mouna dit, au nom de R. Juda, qu'on récite cette formule pour le pain accompagnant le dessert;
^ Selon Raschi , le mot Jàsnin signifie trop peu pour qu'il y eût lieu de dire à un mets d'épis rôtis accompagné d'un ce sujet une bénédiction, certain pain épicë et dont on mangeait
;i98 TUAITK OKS liKIl AK IJDTll.
vA [\. Samuel roiilirino rcl avis, (^ctlo opinion, répliqua-l-il, oc scrl pas (\^• rb.[]\e. Mais, ohjorlèronl-ils, n\is-lii pas dil loi-incm(3, au nom de, Samuel, qu'on poul se servir de petits pains fins (de dessert) pour la cérémonie de YErouh, et qu'on dit, en ies mangeant, la formule? Là, c'est différent, on en fail Tohjei du repas; mais, au cas contraire, celte récitation ne serait pas nécessaire.
Comme 1». Papa se trouvait chez R. Ilouna, fils de U. Nathan, on apporta, après rachèvement du repas, encore quelque chose ajouter. R. Papa en prit et le mangea. Maître, lui dit-on, ne penses-tu pas qu'a[)rès avoir achevé le repas il n'est plus permis de manger? Gela n'est vrai, répondit-il, que si l'on a quitté la table. Comme Rabba et R. Zeira se trouvaient chez le chef de la captivité, on leur présenta du ristina (un certain dessert) de la part du chef de la captivité, après qu'on eut déjà débarrassé la table devant eux^; Rabba en mangea, mais non R. Zeira. Ne penses-tu pas, lui dit ce dernier, qu'une fois la table enlevée, on ne doit plus manger? Nous pouvons nous régler, répondit-il, d'après la table du chef de maison (qui, paraît-il, n'est pas encore enlevée). Si l'on a l'habitude, dit Rab, de se servir à la fin du repas d'huile parfumée (pour se nettoyer les mains), on n'a pas terminé jusqu'à ce moment (et l'on peut toujours manger sans nouvelle récitation). En nous trouvant chez R. Cahana, dit R. Asché, il nous dit précisément cette même règle ([ui s'appliquait à sa coutume. Cependant, tous ces renseignements ne servent pas de règle; on la trouve, comme dit R. Hiya bar-R. Asché, au nom de Rab, dans une série de trois choses où chaque fois les deux cérémonies obligatoires doivent se succéder sans interruption^ : i"" Immédiatement après l'imposition des mains par le prêtre sur le sacrifice, l'animal doit être égorgé^; 2° de suite après la formule de délivrance doit venir la prière {"amida)^; 3" enfin la bénédiction doit suivre, sans intervalle de temps, l'ablution des mains ^. Nous pouvons ajouter, dit Abayé, qu'immédiatement après l'arrivée d'un sage dans une maison, vient la bénédiction, comme il est dit (Genèse, xxx, 27) : UEternel m'a héni en ta faveur; on peut le déduire aussi de ce verset (ihid. xxxix, 5) : Jj Eternel bénit la maison de l'Egyptien en faveur de Joseph.
5. Si on a fait la bénédiction poui^ le vin avant le repas, cela dispense de celle d'après le repas; si on a récité la bénédiction pour
' On sait que, dans les repas de Tan- '^ Voir ir.McnahotJh fol. 33"; ir. Betia^
tiquité, chacun des invités, assis sur un fol. 20^.
sopha spécial, avait devant lui une petite ^ Lévitique, i, /i et 5, et plus haut,
table dressée et servie particulièrement ; et 1 " partie , p. 10. que celte table était enlevée avant celle " Voir plus haut, fol. k^ et 9^.
du maître de maison , dressée au milieu ^ C'est donc à ce moment que le ro-
du rond que formaient les invités. [}as cesse et que la bénédiction se l'ail.
cil A PIT UK VI. 39!)
les accessoires avant le repas, on esL dispensé de celle d'ajirès; si on l'a dite d'abord poui' le pain, on est dispensé de la répéter pour le reste, sans qu'il y ait réciprocité; selon Scliamniaï, on n'est pas même dispensé de celle des mets cuits.
6. Si l'on est assis isolément, cliacim prie séparément; si les convives sont assis en rond, ensemble, l'un fait la prière ])oui' tous les assistants; si du vin arrive au milieu du repas, chacun le bénit séparément; si l'on en apporte après le repas, Fun prie pour tous les autres, ainsi rpie pour les pai'Fums, quoiqu'on ne les a])porte qu'après le repas.
Toutefois, (lit Raljbali bar bar-llana, au nom de R. Yohanan, cet ensei[}ne- F. f^i". menl (ce que dit la Misclina au sujet du verre de vin) ne s'applique qu'à la solennité du sabbat ou des jours de fête, parce qu'en ces jours on fixe le commencement du repas avec le verre de vin^; mais comme, aux autres jours de l'année, cela n'a pas lieu, il faut bénir à part chaque verre de vin. C'est ce qu'a enseigné aussi Rabbah bar-Maré, au nom de R. Josué ben-Lévi: cela n'a lieu qu'aux jours de sabbat et de fête, ou à la sortie du bain, ou lorsqu'on a été saigné au bras, parce qu'alors on sait que l'on prendra du vin pendant le repas, mais non le reste de l'année. Comme Rabbah bar-Maré se trouvait chez Raba un jour de semaine, il vit qu'il récitait une bénédiction avant le repas et une après. Tu fais bien, lui dit-il-, et c'est aussi ce que faisait R. Josué ben-Lévi. R. Isaac bar-Abayé se trouvait un jour de fête chez Abayé, et il vit que celui-ci récitait une bénédiction pour chaque coupe de vin : Maître, lui dit-il, n'es-tu pas de l'avis de R. Josué ben-Lévi (et qu'en s'attablant aux jours de fête avec du vin, on ne le bénit que la première fois)? Je ne m'y suis décidé, répondit-il, que pendant le repas (contre mon habitude). On fit une question : Si l'on apporte du vin pendant le repas (et qu'on le bénisse), est-on dispensé d'une nouvelle bénédiction pour le vin d'après le repas? Dira-t-on que s'il est vrai qu'après avoir béni le vin d'avant le repas on en est dispensé pour celui d'après, c'est parce que tous les deux servent seulement de boisson; tandis que, lorsque le premier sert de digestion au repas, n'en dispense-t-il pas le verre servant de boisson? Ou bien n'y a-t-il pas de distinction? Selon Rab, on en est dispensé, et non, selon R. Cahana; R. Nahman en dispense,
* C'est-à-dire que ne'cessah-einent il " Trailé Schahbalh , fol. 53", ()3''; Ir.
boira du vin avant et après le repas; alors Eroubin, fol. 32*'; tr. Pcsahim, fol. 53'';
la bénédiction (lu premier verre s'a])pliqne Ir. Balm Mcleca, fol. ï) t'* ; Ir. Schehoiwtli,
aux autres. fol. /i5^
/lUO THAITK DKS HKHAKHOTIl.
mais lion H. Scliosclieth , (linsi que l{. Iloima, I». Juda id tous les (Jisciplcs (le Uab. Jiaha objecia ceci à 1{. Nalnnaii : Si Ton apporte du vin au mili(*u du repas, est-il dit (dans la Mischnâ), chacun dit la bénédiction séparément; mais après, une seule personne dit la bénédiction pour toutes (quoique chacun Tait dite isolément, il faut la répéter après le repas)? Voici ce que la Mischnà veut dire, répliqua-t-il : s'il n'est pas venu du vin pendant le repas, mais après, un seul le bénit pour tous.
ffSi l'on a béni le pain, on en est dispensé pour les légumes (accessoires), mais non à l'inverse; selon Schammaï, cela n'en dispense même pas ce qui est cuit au pot. •«
On demanda : Schammaï conteste-t-il le commencement ou la fin (de ce que dit son interlocuteur)? c'est-à-dire, puisque, selon le préopinant, la bénédiction du pain dispense de celle de l'accessoire, à plus forte raison en dispense-t-elle pour les mets cuits, et Schammaï vient-il dire qu'en effet la bénédiction du pain ne dispense pas d'une autre formule pour l'accessoire, puisqu'elle n'en dispense même pas les mets cuits? Ou bien conteste-t-il seulement la fin, où il est dit, selon le préopinant, la bénédiction de l'accessoire ne dispense pas de celle du pain? Est-ce à dire, selon celui-ci,, qu'elle en dispense pour ffce qui est cuit au potiî et que, selon Schammaï, cela n'en dispense pas? La question reste irrésolue.
cr S'ils sont assis isolément, etc. t)
Est-ce seulement au cas où ils sont tous accoudés (qu'un bénit pour tous)? Ne peut-on alors objecter ceci : si dix personnes voyagent ensemble, eussentelles mangé du même pain, elles disent séparément la bénédiction; mais si elles sont assises pour manger, eussent-elles mangé chacune d'un pain spécial, l'une d'elles dit seule la bénédiction. Ne voit-on pas qu'il suffit d'être assis ensemble sans être accoudés? C'est que, dit R. Nahman bar-Isaac, on parle du cas où l'on a assigné d'avance la place du repas (mais non en cas d'une simple halte). A la mort de Rab, ses disciples l'accompagnèrent; au retour, ils se dirent : Allons manger à la rivière Danak^ Après le repas, ils se demandèrent : Est-ce que l'action de s'accouder est absolue, et si l'on est assis ensemble, ne peut-on pas réciter la prière en commun? ou bien, puisque la place a été fixée d'avance, cela équivaut-il à l'action de s'accouder? Ils ne surent que faire. F. hV. R. Ada bar-Ahaba se leva alors , et il retourna la déchirure de son vêtement (faite
' On traduit parfois ce mot par : fleuve des pleins.
CIlAPlTliK VI. 401
en signe de deuil pour Rab) cL le déchira une seconde fois, en disant : Rab est mort, et nous ignorons la règle à suivre en ce cas pour Faction de grâces î Sur ce, survint un vieillard instruit (R. Nahman bar-Isaac), qui compara la Mischnà à la Beraïtha et leur expliqua que, si l'on a déterminé un endroit pour manger (comme ils l'avaient l'ait), cela équivaut à l'action de s'accouder.
ff S'ils sont accoudés et en rond, J'iin dit la bénédiction pour tous, -n
Toutefois, dit Rab, c'est seulement pour le pain qu'il faut s'accouder, non pour le vin; selon R. Yochanan,il le faut aussi pour le vin. Selon d'autres, Rab dit : C'est seulement pour le pain qu'il est bon de s'accouder, mais non pour le vin, et selon R. Yocbanan, même pour le vin. Mais, fut-il objecté ^ quel est l'ordre de cette installation en rond? Les étrangers entrent et prennent place sur des fauteuils ou sopbas [xaOé^pa)^ jusquh ce que tout le monde soit entré; lorsqu'on apporte l'eau de l'ablution, chacun se lave une main (en attendant^); lorsqu'on apporte du vin, chacun dit la formule de bénédiction séparément; on monte sur sa place, on s'accoude, et lorsqu'on apporte de l'eau, eût-on déjà lavé une main, on recommence à les laver toutes deux; lorsqu'on apporte de nouveau du vin, quand même chacun a déjà dit séparément la bénédiction, l'un d'eux la dit pour tous; or si l'on dit que, selon Rab, il faut seulement s'accouder pour le pain et non pour le vin, comment expliquer le commencement de cet enseignement (qu'à la première offre de vin chacun le bénisse séparément)? Pour ceci, c'est différent, c'est que les étrangers savent qu'ils vont se retirer de cette place où ils attendent les autres convives et s'installer plus haut (où le repas a lieu; il n'y a donc pas encore de poste fixe). Mais s'il est vrai, comme le dit Rab, selon la seconde version, qu'il ne convient pas de s'accouder pour le vin (fût-ce même permis) , comment expliquer la fin (où l'on dit que lorsqu'on fait passer le vin pour la seconde fois, un seul bénit le vin, tout le monde étant accoudé)? C'est que, cette installation étant convenable pour le pain , on conserve la même position en buvant le vin; mais, pour le vin seul, ce serait inutile.
rrSi Ton présente du vin au milieu du repas, etc. v)
On demanda à Ben-Zôma : Pourquoi est-il dit que si l'on apporte du vin au milieu du repas, chacun le bénit isolément, et qu'après le repas un seul fait la récitation pour tous ? C'est qu'au milieu du repas le gosier n'est guère libre (et l'on craint quelque danger en écoutant la bénédiction d'autrui).
' TosepA/rt (addition à ce traité), ch. IV. sert à rendre pure la main avec laquelle * Selon Raschi, cette demi-ablution on boit du vin avant le repas.
^iOi> Ti; AITK DKS HKII \MI()TII.
ff II l)(''Mihnissi I oncciis, etc. r
Dc CO qu'il csl dil (juc h; mrirKj individu ((|iii .1 df'jà béni le \iiij Ix'nil r«nccTis, il résullc (jii'il le fail, y cut- il In nu lioinmo siipcrioiir; ol jxuinpioi? Parce qu'il a, le proiuicr, (ail Tahluliou posicricuro. C'esl un appui eu fax cur do Tavis de Rab, au nom du(|uol W. lliya bar-Ascho dit : Celui qui s'est le premier lavé les mains après le repas se dispose à reciter la benediction pour tous. Comme Rab et R. IJiya se tiouvaient en présence de Rabbi prenant paît à un repas, Rabbi dit à Rab : Lève-toi pour te laver les mains. Il vit qu'il roussissait (comme s'il avait commis quelque faute) : Fils de prince, lui dit R. Hiya, ne vois-tu pas (ju'il entend i)ar là t'oiïrir l'bonneur de réciter l'action de grâces ?
R. Zeira dit, au nom de Raba bar-Jérémie : A partir de quel moment récilet-on la prière pour l'odeur de l'encens? Lorsque la fumée monte. Mais alors, lui ditR. Zeira, l'on n'a pas encore senti l'odeur. Il en est, lui répondit-il, comme de la formule : r 11 produit le pain de la terre, r» qu'on récite avant d'avoir mangé, parce qu'on se propose de manger; de même ici, l'on a l'intention de jouir de l'odeur. R. Hiya, fils d'Aba bar-Nahmeni, dit au nom de R. Hisda, ou , selon d'autres, de R. Zeiri, que pour toutes sortes d'encens on dit la bénédiction : ff Créateur des plants d'épices;?? excepté pour le musc, comme il provient d'un animal, on dit, en le sentant, la formule : ce Créateur des espèces de senteurs. •)? On objecta à cet avis l'enseignement suivant ; On ne dit la formule de bénédiction : rr Créateur des plants d'épices,-n que pour l'encens composé cbez Rabbi, ou pour celui de l'empereur, et en tous lieux pour les myrrhes '. L'objection subsiste. Quelle formule récite-t-on, demanda R. Hisda à R. Isaac, pour l'huile parfumée? Voici, lui répondit-il, ce que disait R. Juda : rrll crée l'huile de notre pays.^? C'est admissible, fut-il répondu, pour ceux qui, à l'instar de R. Juda, aiment la Palestine; mais quelle est la règle pour tout le monde? Voici, lui répondit-il, la formule de R. Yochanan : rrll crée l'huile agréable. t? Selon R. Ada bar-Ahaba, on disait pour les épices précieuses la formule : rrll crée les plants d'épices,-»; mais non pour l'huile dans laquelle on les a confitos; selon R. Cahana, on dit même cette formule pour cette huile, mais non si elle a servi à les moudre (dans ce cas, l'huile est trop secondaire) ; enfin, selon Nchardai, on dit même la formule pour l'huile ayant servi à les moudre. F. /i3\ R. Guidai dit, au nom de Rab, que pour le jasmin on dit la bénédiction : rrCréateur dos plants d'opicos.i? R. Hananol ])rescrit, au nom de Rab, la même
' Cet encens seul propage l'odeur sans ticjuité (Inscriptions grecques du Louvro. • (ju'il faille le brûler et changer ainsi son n"' (S, /i9.. 5>0aspect. Son emploi ét.ût général dans \\\u-
CIIAPITHI': VI. fiO?>
rornuile pour la spica; (-'esl, dil Mar-Zoiiirn , cii nciIu dc vv. vcisel : Elle, les a fail monter au toil et les a cachés dans des chencvotlcs de lin^ (Josué, ii, (>). Selon U. Mosliarscliia, on dil aussi la inèiiic fonuulc j)()ur les naicisscs de jardin; mais pour ceux des bois, ou dit : rr Créateur des herbes odoriléranles. t) G'est, ee qu'où dit, selon I{. Scbesclielli, pour les violettes. Mais Mar-Zoutni dit : Si l'ou se met à sentir le cédrat ou les coings, on dit : crLoué soit celui (jui donne une bonne odeur au\ fruits. i? R. Juda dit : Si, en sortant pendant le mois de nissan, on voit les aibics se revélir de feuilla(}(^ nouveau, on dit: rrLoué soit celui qui ne laisse rien mancjuer à l'univers, et qui y a placé de bonnes créatures et de beaux arbres, pour que les hommes en tirent de l'agrément. 77 Comment sait-on, demanda R. Zoutra bar-Tohia, au nom de Rab, qu'on bénit Dieu pour la bonne odeur? C'est qu^il est dit : Toute âme proclame les lou((nges de FEteimel (Psaume cl, 7); or, quel est l'objet dont Tàme jouit et non le corps? Ce n'est que l'odeur. R. Zoutra bar-Tobia dit encore au nom de Rab : Au temps futur, les jeunes Israélites répandront une odeur aussi a<|réable que le Liban ; c'est qu'il est dit (Osée, xiv, 7) : Ses brandies s'étendront, sa gloire raijonnera comme F olivier, et il aura une odeur agréable comme le Liban. Le même savant dil aussi : S'il est écrit: lia bien exécuté tout en son temps (Ecclésiaste, m, 11), c'est 2)our dire que chaque objet plait à Dieu, comme étant son œuvre; c'est ])ourquoi, dit R. Papa, on u l'habitude de dire qu'on a beau suspendre la pointe d'un palmier au museau d'un porc, il n'en retourne pas moins à son caractère naturel (à se vautrer dans la boue). Le même dit aussi : Si l'on marche à la lueur d'une torche, cela équivaut à la marche de deux personnes (on n'est pas isolé ni exposé aux attaques nocturnes); au clair de lune, cela équivaut à trois. On demanda des explications à ce sujet : Est-ce que la présence de la torche équivaut à deux personnes, y compris celui qui la porte, ou sans lui? On peut le déduire de ce qu'il est dit que la marche au clair de lune équivaut à trois; or, cela s'explique bien si la personne qui marche est comprise dans le nombre; mais si l'on comptait autrement, la marche équivaudrait (pour le clair de lune) à (piatre, et à quoi bon un tel chiffre? Ne dit-on pas de ne pas sortir seul, parce qu'à une personne le démon apparaît dangereusement, il apparaît pour deux sans causer de mal, et à trois personnes il n'est plus visible du tout? Il faut donc conclure que, pour la torche, on y comprend le porteur. Enfin ce rabbin dit^, ou R. Hanan bar-Rizna , au nom de R. Simon ben-Hassida, ou bien R. Yochanan, au nom de R. Simon ben-Yochaï : Il vaut mieux que l'homme se jette lui-même dans une fournaise ardente plutôt que de faire rougir quelqu'un en public, parce qu'il est dit de Tamar, la brue de Juda (Ge-
' Littéralement : de l'arbre, V^'"^? <^ c^t ^ Tr. Baba Metsia, fol. 59'; tr. kelhou-
donc considéré comme un plnnl. both, fol. (iy''; tr. Sota , fol. 10''.
/lO^i Tl{ \ITK l)l<:s IJKHAKIIOTII.
nesc, xxxvni, 'jT)) : on la Jll snrlir\ o(r. (el, olle sc; lût plutôt laisser brûler pour ne pas nionlrer de suite les temoi(rna[jes de ses relalious avec Juda et ne pas le faire rougir).
Les rabbins ont ensei^^né : Si l'on apporte de rimilc parfumée (pour se netloyer) et des myrtes, il faut, selon Schammaï, bénir d'abord l'buile, puis les myrtes; selon Hillel , on lait l'inverse. Je suis de l'avis du premier, dit R. Gamaliel ;carderbuile on tire deux jouissances, celles de l'odeur etdu frotlement, tandis que pour les myrtes il n'y a que la bonne odeur. Cet avis, dit R. Vocbanan, sert de règle. Comme R. Papa se trouvait chez R. Houna, fds de R. Jka,on leur apporta de l'huile parfumée et des myrtes; il en prit et bénit les myries avant l'huile. Maître, lui demanda-t-on, n'es-tu pas du même avis au sujet de la règle à suivre? Selon Raba, dit-il, l'avis de Hillel sert de règle. En réalité, cela n'est pas, et il ne s'est exprimé ainsi que pour excuser son erreur.
Les rabbins enseignent : Lorsqu'à la fin du repas on apporte de l'huile et du vin, il faut, selon Schammaï, prendre l'huile de la main droite, le vin dans la gauche, prononcer une bénédiction pour l'huile, puis une autre pour le vin; selon Hillel, on prend le vin de la droite, l'huile de la gauche, on bénit d'abord le vin, puis l'huile dont on enduit la tête du servant; si c'est un homme instruit, il vaut mieux frotter les doigts au mur (pour répandre l'odeur), car il ne convient pas à un savant de sortir en étant parfumé. On enseigne à ce propos les six choses qui sont honteuses pour le savant : De sortir s'il est parfumé, de sortir seul la nuit 2, de porter des souliers raccommodés, de causer avec une femme dans la rue, de s'attabler avec une compagnie d'ignorants ou d'entrer le dernier dans la salle d'étude , ou, selon d'autres, de faire de grands pas ou de marcher la taille élevée. i°Il ne doit pas sortir étant parfumé; cela peut donner lieu, dit R. Aba, fils duR. Hiya bar-Aba, au nom de R. Yochanan, à des soupçons de relations contre nature; toutefois , ditR. Schescheth, cela ne s'applique qu'aux vêtements, mais non au corps, dont le parfum a pour but de s'opposer aux sueurs. R. Papa ajoute : on considère ses cheveux comme ses vêtements, c'est-à-dire que c'est interdit; selon d'autres ^ c'est comme le corps (et permis). 2^ Il ne doit pas sortir seul la nuit, pour ne pas donner lieu à de faux soupçons sur sa conduite, à moins qu'il n'y ait une heure fixée pour l'étude dans la soirée, auquel cas on sait où il va. 3° 11 ne doit pas sortir avec des souliers rapiécés; c'est conforme à l'avis de R. Hiya bar-Aba, qui dit que c'est honteux pour l'étudiant^. Est-ce bien vrai? R. Hiya n'est-il pas sorti ainsi? Oui; aussi Mar Zoutra, fils de R. Nahman, parle-t-il d'une pièce sur l'autre, et encore de l'om-
' Il y a dans le texte biblique le mot ' Petit traité des usages, ch. vi.
nS'îî'ID, que l'on peut au besoin faire dé- "^ Tr. Zebahim, fol. lg^
river de la racine araméenne N**J\ brûler. * Tr. Schabbath , fol. 1 i/j'.
cil A PIT UK VI. /j05
peigne, non de la semelle; el encore pour ren)[)eij[ne n'est-ce inipoiianl qu'au dehors, non à la maison , et en été, non en hiver. k° II ne doit pas causer avec une femme dans la rue, fût-ce sa ])ropre femme, dit R. Ilisda ; c'est ce qu'on enseigne ailleurs, fût-ce sa femme, sa lille ou sa sœur, parce que tout le monde ne connaît pas ses alliances (et l'on pourrait le sou|)çonner à faux). 5^11 ne doit pas s'attabler en compagnie d'ignorants, parce qu'il y aurait à craindie qu'il ne suivit leur exemple. 6" Il ne doit pas entrer le dernier à la salle d'étude; on l'appellerait pécheur (paresseux). Selon d'autres, il ne doit pas faire de grands pas : on l'a dit \ les grands pas enlèvent la cinq centième partie de la vue. Comment se répare-t-elle en cas de faiblesse? Par la vue du verre de vin servant à sanctifier le samedi. 11 ne devra pas marcher non plus la taille redressée (avec arrogance). Si l'on marche ainsi, ne fût-ce que quatre coudées, on semble repousser les pieds de la Providence, dont il est dit: Toute la teire est remplie de sa gloire (Isaïe , vi . 3 ).
7. Si l'on apporte d'abord des salaisons, puis du pain, et qu'on récite la formule pour la salaison, cela dispense de celle du pain, qui n'est là qu'accessoire. Voici la règle : Si un accessoire accompagne le principal, c'est pour ce dernier qu'on dit la prière.
Le cas se présente-t-il oii la chose salée soit l'essentiel, et le pain l'accessoire? Cela arrive, dit R. Acha, fils de R. Awira, au nom de R. Asche^, lorsqu'on mange des fruits du Genosar (si sucrés qu'il faut les saler, et le pain est alors secondaire). Rabbah bar bar-Hana dit : Lorsque nous suivions R. Yochanan pour manger des fruits de Guenossar, nous avions l'habitude, si nous étions cent, d'en prendre pour chacun dix, et si nous étions dix, d'en prendre pour chacun cent; avec ces cent fruits on remplissait juste un panier d'une contenance de trois saâ, et lorsque R. Yochanan en mangeait, il jurait d'y avoir à peine goûté. Se peut-il? Non, il voulait dire que cela ne le nourrissait pas. R. Abahou en mangeait tant, que des mouches eussent pu glisser sur son visage (il en eut la peau si lisse); R. Ame et R. Asse en mangèrent tant, qu'ils perdirent leurs cheveux ( devinrent chauves) ; R. Simon ben-Lakisch , pour en avoir mangé, perdit l'esprit; R. Yochanan le dit aux gens du prince, qui envoya des soldats auprès de l'aliéné pour le transporter dans sa maison.
R. Dimi, à son arrivée, dit que le roi Jannée avait une ville sur le moni royal, produisant soixante mille paniers de thon pour ceux qui coupent les figuiers d'un vendredi à l'autre (pour la semaine). Rabin, à son arrivée, dit que le roi Jannée avait un arbre sur le mont royal, d'où l'on enlevait quarante me-
' Tr. Schahbath, fol. ii3''. — ^ Ti'. Erouhiii, fol. ou'\
/i06 ThAITi: DKS IJKH AKIIOTIJ.
sines pleines de lonilercllcs, (|iii coiivaieiil Irois fois [yav mois. 1». Isaac, à son arrivée, (lit : II y avait une vili(i en Palestine noniniée Gophnilli, on quatrevin|[ls ronples d<^ Irenes saccM'doles avaient (îponsé qnatre-vin|jls couples de sœurs d'ori|jine sacerdotale; diî Soura à Nelieidea, les rahbins se mirent à faire des recherches |)our nîtrouver ces couples, et ils n'en trouvèrent (pi'un seul, les deux filles de II. Ijisda, mariées à Rame bar-IIania et à Mar-Oukba barllania; mais si elles étaient d'origine saceidotale, eux ne Tétaient pas.
Uab dit : Tout repas où il n'y a pas de sel ne compte pas; selon R. Hiya har^Aba, au nom (h; H. Vochanan, il doit y avoir dans chaque repas un mets li(inide (cj^^).
8. Si Ton a mangé des raisins, des figues et des grenades, on dit ensuite la bénédiction en trois sections, selon R.Gamaliel; les sages prescrivent une seule résumant les trois. R. Akiba dit : Même après avoir mangé un légume vert, qui forme le repas, on dit les trois bénédictions; si Ton boit de l'eau pour étanclier sa soif, on ditifrOue tout existe par sa parole; t^ R. Tarj)hon dit : rr Créateur de beaucoup d'âmes et de leurs besoins, r,
Ouel est le motif de R. Gamaliel? C'est qu'il est écrit: Un pays de froment et cVorge, etc. (Deutéronome, viii, 8); puis : C est un pays où Von mange le pain sans danger, et ces versets sont suivis des mots : Tu mangeras , tu te rassasieras et tu béniras V Eternel ton Dieu (c'est-à-dire que l'obligation de l'action de grâces s'applique à tout ce qui précède). Selon les rabbins, au contraire, le mot pays est un terme de séparation (indiquant que l'obligation ne se rapporte pas à ce qui précède). Et comment R. Gamaliel explique-t-il cette interruption? Ce terme indique, selon lui, qu'il faut exclure de l'obligation celui qui broie (mâche) des froments.
R. Jacob bar-lbi dit, au nom de R. Hanina, que pour l'une des cinq espèces de blé, on récite d'abord la bénédiction : rr Créateur des espèces de nourriture, 75 [)uis à la fin, le résumé de l'action de grâces. Rabbali bar-Mari dit, au nom de R. Josué ben^Lévi, que pour Tune des sept espèces de produits de la Palestine (ù l'exception du blé), on dit d'abord la bénédiction : rr Créateur des produits de rarbre,T7 et à la fin le résumé de l'action de grâces. Quelle est, demanda Abayé à R. Dimi, la formule du résumé? Pour les fruits de farbre, répondil-il, on dit la formtde suivante: rcSois béni, Eternel, pour farbre, les fruits de l'arbre, les produits des champs, pour le pays agréable, bon et étendu que tu as fait hériter à nos ancêtres afin de les faire jouir de ses fruits
et profiler de ses richesses; aie pitié, Eternel notre Dieu , d'Israël ton peuple, de
CllAPlTUb: VI. ^ ^"- /i07
Jérusalem la ville, de Ion .saiicluaiie,(le Ion auLel; leconsliuis bientôt de nos jours Jerusalem ta ville sainte; lais-nous monter dans elh^ et Tais-nous jouir de sa possession , car tu es bon pour tous et lu lais le bien à Ious.t? Pour les cinq espèces de blé, on clian^je b; commencement de la lormule en ces termes : ffPour la subsistance, l'entretien, les produits des cbamps, etc. -n et l'on termine ainsi iff Pour le pays et la subsistance. 77 Quel est le linal pour la lormule relative aux fruits de l'arbre? [On sait pour la néoménie, dit U. Dimi au nom de liab, (pi'on termine parles mots rrbéni soit celui qui sanctifie Israël et les néoménies. 7i] Que dit-on d ordinaire? Selon U. llisda, les derniers mots seront «pour le pays et ses fruits; 77 selon R. Yocbanan fret les fruits; 77 et ils ne sont pas en désaccord, dit R. Amram^ : le premier avis s'applique à nous. Babyloniens (on dit donc ses fruits, en ])arlant de la Palestine ); le second avis se rapporte à eux, Palestiniens. Quoi! objecta R. Nabman bar-Isaac, eux en man- Ijeraient et nous paraîtrions ( à Babylone) les bénir pour eux? C'est donc le contraire qui est exact : selon R. Hisda (Babylonien), on dit : ^des fruits, 77 et selon R. Yocbanan (qui était à Jérusalem), on dit ; ^^ses fruits. 77
R. Isaac bar-Abdimi dit, au nom de notre maître : Pour les œufs et diverses espèces de viande, on dit auparavant : ce Tout est dû, etc. 77 et à la fin : fdl crée v. aV des âmes nombreuses, etc. 77 mais il n'est pas besoin dé bénédiction après avoir man^'^é des légumes. Selon R. Isaac, il en faut même pour les légumes, mais non pour l'eau; selon R. Papa, on la dit même pour l'eau. Mar-Zoutra agit comme R. Isaac bar-Abdimi, et R. Siini bar-Asche comme R. Isaac; pour se souvenir de cela, il suffit de se rappeler qu'un nom (Zoutra) agit comme deux (R. Isaac b. Abdimi), et deux noms (Siini b. Ascbé) comme un (Isaac). Lorsque j'y pense, dit R. Ascbe, j'agis selon l'avis de tous (en disant la bénéiliction postérieure, même selon l'avis de R. Papa, pour tout). On a enseigné- : Pour tout ce qui exige une bénédiction après qu'on en a goûté, il en faut aussi une auparavant; mais il y a des objets pour lesquels il suffit de dire une bénédiction auparavant, et il n'en faut pas après; or, cette dernière bypotbèse est applicable soit à R. Isaac bar-Abdimi qui en dispense pour les légumes, soit à R. Isaac, qui en dispense l'eau; mais comment l'expliquer d'après R. Papa? Que veut-on exclure par là? On veut dire (jue pour l'accomplissement des préceptes il n'en faut pas après. Mais comme les Occidentaux (Israélites de la Palestine) disent après avoir retiré les phylactères : rrll nous a sanctifiés par ses préceptes et nous a ordonné d'observer ses lois, 77 qu'exclut-on par là? On exclut les bonnes odeurs (qu'on bénit d'avance, non après). R. lanaï dit au nom de Rabbi : A tout ce qu'on mangerait de la grandeur d'un œuf, l'œuf
Traité Schabbaik, fol. ()''; tr. Betsa, douschin, fol. 99^'; traité Sowccrt, fol. /i8\ fol. 5''; tr. Taanilh, fol. V'; liaité Ki- - Comp. (r. A7</r/rr^ fol. 5i''.
/i()8 Tli AITK DKS HKHAKIIOTII.
est prt'lrrablc. Iiahiii, cm v(Mianl, (lit : Un œiil niil est prcTc'rable à six mesures de Heur de farine ; de même R. Dimi, en venant, dil : Un œuf cuit vaut mieux que six mesures; s'il est dui', il est préférable à (jualrc; un œuf est préférable à lout mets cuit qui ait la même {grandeur, sauf de la viande.
ffR. Akiba dit : Eiit-oii mangé des légumes cuits, etc. t)
Y a-t-il donc un tel légume qui nourrisse? Oui, répondit R. Ascbé, il s'agil du tro(Tuon de caroubier (qui soutient). Les rabbins ont ensei(jné : La rate est utile aux dents et nuisible aux intestins; pour Tail, c'est l'inverse; la consommation du cbou cru décolore le visage; ce que l'on mange non mûr rend petit; les objets vivants (de petits poissons) , ainsi que les parties environnant le siège de la vie, raniment le corps. Le cbou est une nourriture et la plante herbacée un remède; il faut plaindre celui qui mange des raves (cela ne soutient pas). On vient de dire que la rate est favorable aux dents, mais nuisible aux intestins. Comment remédier à ce mal? En rejetant le morceau de rate qu'on aura mâché. Gomment remédier au mal de dents que donne l'ail? En le faisant cuire avant de l'avaler. Si l'on dit que l'herbe fait pâlir, cela s'applique, selon R. Isaac, au premier repas après qu'on a été saigné. Il dit aussi qu'on ne doit pas causer avec celui qui a mangé une plante herbacée avant la quatrième heure (dix heures) , parce que son souffle sur celui qui est à jeun peut devenir pernicieux; il interdit même d'en manger avant ladite heure. Comme Amemar, Mar-Zoutra et R. Asché se trouvaient ensemble, on leur apporta une plante crue avant la quatrième heure. Amemar et R. Asché en mangèrent, mais non Mar-Zoulra. Pourquoi, lui demandèrent -ils, ne manges -tu pas? C'est que R. Isaac dit qu'on ne doit pas parler à celui qui aurait mangé de l'herbe avant la quatrième heure. Mais alors comment restes-tu avec nous qui en avons mangé? C'est que j'admets seulement la seconde partie de ce que dit R. Isaac, qui interdit d'en manger avant cette heure. Tout objet petit, est-il dit, rapetisse; même pour un bon agneau de la valeur d'un zouz, dit R. Hisda, il faut attendre sa maturité; toutefois cela ne s'applique qu'à celui qui n'a pas encore acquis le quart de sa grandeur, mais si l'animal y est parvenu, cela ne fera rien. Tout objet vivant, est-il dit, ranime le corps; même, ajoute R. Papa, les gyldanes des marais ^ Ce qui est proche du siège de la vie contribue à son salut; par exemple, dit R. Acha bar-Jacob, le cou. Raba dit à son domestique : Lorsque tu iras m'acheter de la viande, tache de m'en apporter de la place par où on la bénit'^. On dit que le chou est une nourriture et la plante herbacée un
' Cesl une sorte de petit poisson que pant les artères du cou, selon le rite, on l'on trouve entre les joncs des marais. bénit l'acconiplissement de ce précepte bi-
^ Eli égoigeant ranimai , en lui cou- blique.