‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 4)Chapitre 8 sur 94 · Voir oûtr'autrcs Neubauer, dans The Academy, mars · texte numérisé non relu

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général du Rabbinisnie (pour ainsi parler) a été fixé dans la ville de Tibériade. D'autres écoles, certes moins importantes, étaient à Gésarée (Caesarea Philippi), ou d'autres à Séphoris (Gippori), sans compter des compagnies d'études classées ensemble sous la dénomination d'écoles du Sud (Darom^, dont une seule ville, celle de Loud (Lydda), était désignée nominalement. C'est dans ces écoles que le Talmud palestinien (ou de l'Occident, Bné^Maarab) prit naissance et se développa. R. Yobanan bar Napha (le forgeron) passe d'ordinaire pour avoir été le principal compilateur, et c'est en effet le plus eminent des rabbins de Tibériade. Mais, il n'est guère possible que cette bypolbèse soit fondée (comme l'a démontré Z. Fraenkel dans son Mabô), car R. Yobanan a étudié sous la direction de R, Juda le compilaleur de la Mischnâ, de sorte que la codification de l'exposition traditionnelle, ou le développement de cette dernière œuvre, n'a pu que difficilement avoir été faite de son temps. En tout cas, la compilation du Talmud palestinien n'a pu seulement être commencée par ce docteur, puisqu'il est mort Tan 260, et le Talmud surnommé jérusalémite n'a certainement pas été achevé avant la fin du IV® siècle. 11 est donc probable que ce Talmud a été compilé essentiellement par des adhérents de l'école de Tibériade, qui se sont entendus et mis d'accord sous le nom de ce R. Yobanan.

La Mischnâ, désormais immuable, devint le seul livre légal. Son style pur et clair en rendait l'étude facile à toutes les classes de la Société hébraïque. Mais comme tous les livres qui énoncent des principes législatifs, elle avait dû exprimer ses décisions sous une forme concise, et en quelque sorte axiomatique, dont tout le monde pouvait ne pas saisir le véritable sens. Un siècle à peine s'était écoulé que l'on sentait le besoin d'expliquer par des commentaires, soit le principe posé, soit l'intention précise de ceux qui l'avaient établi. Ce sont ces notes développées qui constituent le Talmud.

Maints savants et des plus modernes i, affirment que depuis la clôture des livres bibliques jusqu'à la rédaction définitive delà MischnA, pas une

1. Voir S. B\oc\\, Einblicke in clic Geschichte der Entslchung der Talmwliuh^tx LUeraiur (WioD, 1884).

xvn page de littérature hébraïque n'avait été écrite. L'exagération d'une telle assertion la réfute ; et dans son article sur le Talmud (pp. 39-42), M. Strac a réuni les diverses preuves de la mise par écrit, soit des parties originaires de la Haggada talmudique, soit de la Halakha,

Le document le plus remarquable sous ce rapport, cité par le Talmud lui-même, est la Meghillath Taaniih (Livré, strictement « Rouleau d des jeûnes).

On sait combien les peuples de l'antiquité avaient à cœur de transmettre à la postérité le souvenir de leurs hauts faits. Ils avaient coutume d'assurer la stabilité à leurs victoires et à leurs triomphes par des monuments impérissables, qui devaient défier le temps. On avait recours dans ce but, soit à l'érection d'arcs de triomphe, soit à la gravure d'inscriptions sur le marbre ou sur le bronze, soit enfin aux témoignages oraux ou écrits ; les chansons de gestes du moyen-âge offrent l'exemple le plus mémorable de cette troisième sorte de monuments.

Cette dernière série d'attestations, — la seule contre laquelle les effets du temps sont nuls ou peu importants, — a été spécialement conservée par les petites peuplades qui ont longtemps combattu pour leurs foyers, leurs principes, leurs opinions, en un mot pour leur indépendance. Ce fut le sort d'Israël. Chaque fois qu'il a dû combattre ses ennemis, il n'avait pas seulement en face de lui les adversaires de sa nationalité, mais encore ceux de sa foi et de ses convictions religieuses. Lorsque Moïse l'eut affranchi de l'esclavage d'Egypte, lorsque Josué et ses successeurs iultèrenl contre les Philistins, lorsque les tribus de Juda et de Benjamin i^e sépaièient du reste d'Israël après le règne brillant du sage Salomon, lorsque Nabuchodonozor se fut emparé une première fois de Jérusalem, lorsque les successeurs d'Alexandre, Séleucides et Lagides, la conquirent de nouveau, lorsqu'enfin les Romains eurent réduit pour la dernière fois la capitale de la Judée, il s'agit sans cesse d'une résistance au paganisme ; et le monothéisme, après tant de combats sanglants, l'emporta définitivement sur tous.

Quoi d'étonnant, dès lors, à ce que les moindres phases glorieuses de cette succession de luttes pénibles aient été soigneusement enregistrées comme autant do journées heureuses, dignes d'être conservées dans les

Annales dune nation, pour servir d'exemple illustre à ses descendants, aux hériliers de son nom et de son œuvre intellectuelle, morale, humanitaire. En tenant compte de ces considérations, on lira avec intérêt un document, succinct par la forme, mais embrassant un cadre étendu par le nombres des faits. C'est une série de jours de souvenirs heureux, écrite en rhonneur des circonstances les plus mémorables ou les plus joyeuses qui ont eu lieu depuis l'époque tie Xerxes, ou au commencement du IV® siècle avant J.-C, jusqu'à l'empereur Anlonin-le-Pieux en 138 de rére vulgaire. Ainsi, ce texte attribue à Dieu non seulement les triomphes et les victoires, mais toutes les conjonctures graves qui concernent le bien-être matériel de la nation, ou l'extension de son spiritualisme : il les considère comme des marques spéciales de sa puissance et de sa grâce. Aussi, cette chronique ne contient pas seulement des faits de guerre, mais bien d'autres détails intéressant l'histoire^, depuis le retour d'Israël en Palestine sous Néhémie jusque bien après la destruction de sa nationalité politique.

Enfin, au point de vue littéraire, nous sommes en présence d*un texte qui, sans être aussi vieux que la Bible, la suit de bien près, il est l'intermédiaire entre celle-ci et les premières compositions talmudiques. C'est le premier texte, qui selon le rabbin français Raschi 2, ait étémispar écrit pour être préservé de l'oubli, à l'abri des variations auxquelles les traditions orales sont trop souvent sujettes. Tel est le texte capital en ce genre.

Il fait prévoir, malgré sa concision, le développement futur des écoles talmudiques.

Afin que ses leçons ne restassent pas ensevelies dans l'oubli, Asché ^ fit ce qu'à toute époque ont fait tous les professeurs * ; il se mit à compiler (plutôt qu'à rédiger) le cours qu'il professait; et déjà trente-cinq

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