TOME SECOND
Traités Péa, Demai, Kilaim, Schehiith
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PARIS MAISONNEUVE et C% LIBRAIRES-ÉDITEURS
25, CLUAI VOLTAIRE, 25
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PREFACE
Depuis 1872, lorsque le tome I du présent travail avait été imprimé, on nous a maintes ibis demandé quand nous publierons la suite. Notre réponse n'a pas varié : » Lorsqu'auront i)aru les textes et commentaires hébreux, édités soit par feu Frankel, soit par le D'" Lelimann. » Les l'"®' parties ont vu seules le jour. Sans attendre davantage, nous nous sommes mis à Tœuvre, avec ces précieux auxiliaires, pour le commencement, regrettant de ne pas les avoir pour le reste ; et en y ajoutant le concours à tirer du Neithebmisches Wôrlerhuch du D' J. Levy, nous avons pu continuer notre version. Il nous tardait d'arriver à un nouveau volume, afin de tenir compte des principales corrections qui nous ont été gracieusement signalées pour le t. I ; ce qui a été fait dans V Errata cijoint, p. VlII-IX, en attendant la réimpression de ce t. I pour le soumettre à une révision plus sévère, et nous sommes heureux de voir réalisé le vœu exprimé en tête de notre 1'° partie (p. LXXÏV). De plus, il importait de répondre, ipso facto, à ceux qui nous accusaient de ne pas vouloir franchir les limites du Traité dcG Bénédictions, ou à ceux qui contondaient le Talmud de Babylone avec celui de Jerusalem : le l'^' a été traduit en partie; le second presque jamais, comme on verra au t. 111.
Pour le plan, la méthode de traduction, Tindicalion des passages parallèles en notes, les renvois bibliques, la juxtaposition de la Mischnd et de la Guemara (grand et petit texte), rappelons l'exposé olïert par rintroduction au t. 1. De même, on y trouvera la justification des numéros doubles, ou entre (), pour certains §§ de la Mischnà. Comme au t. I, on rencontrera dans le présent volume des exemples remarquables d'ellipse; et bien des termes rabbiniques ont dû être traduits par des phrases entières. En général, il a fallu ajouter un commentaire perpétuel. Les détails de linguistique ont été l'objet de soins particuliers et approfondis, comme on le verra entr'autres par la note supplémentaire ci-aprés, p. XII, par les pp. 110, 120, 222, et par la hstc des termes étrangers, à la fin. Dans le Talmud et les Midraschim, ainsi que le remarque M. A. Darmesteter (Romania, I, p. 93-6), en citant des exemples à l'appui de cette thèse, on trouve un grand nombre de ces mots étrangers à la famille sémitique, surtout des mots grecs, et quelquefois des mots latins : « Ces derniers, dit-il, ont dû subir certaines altérations pour pénétrer dans la langue des Juifs et recevoir la forme et la couleur sémitiques. La plupart de ces vocables appartiennent à la langue populaire; le grec était la langue de tout l'orient romain ; quant au latin, il a dû s'introduire chez les Juifs, grâce aux garnisons romaines qui occupaient la
vr PRÉFACE
Judée. T> Kn dehors de ces détails, le fond même nous a paru plus intéressanl dans celte suite qu'au t. I. On y rencontre des principes de morale, des traits charmants d'amour filial (1,1) , et le souci du droit des pauvres y est poussé à Textréme. On remarquera, à ce sujet, bien des anecdotes curieuses. Elles sont disséminées dans les h traités composant ce volume, dont le i""" seul a été traduit en allemand par J.-J. Rabe (Ansbach, 1781, 4°), version devenue très-rare, où nous avons puisé quelques notes.
La succession de ces traités a été expliquée déjà par Maïmoni.Dans rénumération des devoirs que contient le 1'*° Mischna du traité Péa (de l'angle), on trouve en première ligne la prescription mosaïque relative aux angles des champs et aux devoirs de philanthropie que ce précepte comporte. Le Talmud suppose la connaissance préalable de ce devoir ; et il ne s'agit plus pour lui que d'en déterminer les conditions de détail. C'est le premier du droit des pauvres prélevé sur le blé, lorsqu'il est encore en épi.
Aussi, cette section est-elle rangée immédiatement après le traité des Bénédictions {Berakhôlh) et forme le 1" des traités agricoles, qui renferment les divers préceptes dont l'accomplissement n'a lieu que pour la moisson accomplie.
Le traité Péa est suivi par le traité Bernai.
On appelle ainsi les fruits ou produits de la terre douteux) le mot demaï est composé des mots do mai, comment cela? c'est-à-dire si le propriétaire est peu scrupuleux dans l'accompHssement des prescriptions mosaïques, doit-il être soupçonné de n'avoir pas prélevé les dîmes légalement dues, soit aux lévites, soit aux pauvres ? Pour consommer les fruits de cette provenance sans aucune crainte de rien devoir sur ces prélèvements obligatoires, il est bon d'en prélever un centième pour le prêtre (la dime sur la dîme), et la 10" partie ou dîme de seconde année, si l'on se trouve dans la 2° année du cycle agraire, pendant laquelle les produits doivent être, ou mangés à Jerusalem, ou rachetés (voirie traité Maasser scheni, fm).
Selon M. Neubauer (géographie, p. 87) d'après Musaphia, le mot Demaï est la transcription du mot grec cr^ixci, ce gens du peuple » et veut dire que l'on considère les denrées comme provenant d'un païen, pour lequel il y a doute s'il a satisfait aux prescriptions légales. Cependant, la 1^^ etymologic est la plus communément admise ; et, à titre d'abréviation araméenne, conforme au langage talmudique, nous la préférons, d'accord avec le Wôrterbuch du D' Levy, à ce mot. — Le traité des fruits douteux a été placé de suite après le traité Péa, parce qu'il a quelqu'analogie avec le précédent, en ce qu'il s'agit encore de droits des pauvres à déterminer en certains cas.