AVANT-PROPOS
Une nouvelle étape est franchie dans la voie que nous nous étions tracée, peut-être à tort. Cependant, lorsqu'il ne nous reste que deux volumes à publier pour terminer notre tâche, est-ce le moment de jeter encore un regard en arrière?.... •
Le présent volume termine la troisième section de la Mischnâ dite Naschim (des femmes).
Il ressemble par le fond au volume précédent; il contient : 1° la fin du traité Guittin (des divorces), suite du tome VIII; 2° le tr. Nazir (des vœux d'abstinence), fort semblable par le contenu au tr. Nedarim (des vœux en général) ; enfin 3" le tr. Qiddouschin (des consécrations en mariage), qui peut servir de pendant au tr. Kethouboth (des contrats), du volume précédent.
Dans un manuscrit du British Museum à Londres, contenant le texte arabe du commentaire sur la Mischnâ par Maïmonide {Oriental Manuscripts ^ n° 2391), le tr. Qiddouschin est loin d'être le dernier ; il est suivi du tr. Guittin, puis du tr. Sota (de l'adultère), qui occuperait à juste titre, il me semble, la dernière place dans la présente section du droit matrimonial.
Quoi qu'il eh soit de cet ordre, ou plutôt de ce désordre dans les successions des traités, nous en prenons note pour constater l'incertitude persistante au sujet de cette question de classification. De même, nous relevons un exemple (p. 84), où le rédacteur-compilateur du Talmud dit qu'il renvoie au précédent tr. Nedarim (I, i), pour ne pas copiera nouveau un passage du tr. Nazir (I, i).
En dehors de cette question de forme, de disposition matérielle, il faut noter des points d'analogie entre les jurisprudences ordinaires et la jurisprudence rabbinique, pour mieux comprendre celle-ci. Au lieu de chercher ces analogies dans le droit romain seul, contemporain il est vrai de notre texte, mais déjà bien loin de nous, on peut les trouver dans les codes modernes, dans ceux des Mahometans, des Turcs, des Arabes, des Persans, etc. Il faut lire par exemple le « Minhadj-at-Talebin (Guide des zélés croyants), manuel de jurisprudence musulmane selon le rite de Chafil; texte arabe publié par ordre du gouvernement (hollan-
dais), avec traduction et notes par L. W. G. Van de Berg » (Batavia, 1882-84, en 3 vol. in-^o).
Après avoir parcouru ce grand recueil, on ne sera plus étonné de la casuistique du Talmud, et on la trouvera moins fastidieuse. Cette excursion reposera de Taridité du présent texte, où Ton ne trouve qu*une page digne de remarque touchant la liberté de penser (p. 162), un peu d'Haggada (récits légendaires ou discussions d'exégèse), au dernier chapitre du tr. Nazir, et à peine quelques aphorismes de morale, à la fin du traité Qiddouschin,