‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 329 sur 343 · CHAPITRE IV m · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV m

absente). « R. Juda dit : un célibataire ne devra pas exercer le métier de pâtre, et 2 célibataires ne devront pas dormir sous le même manteau ; d'autres sages le permettent». On comprend les scrupules de R. Juda ; pourquoi les sages le permettent-ils ? Loin de nous de soupçonner Israël de se livrer à des relations contre nature. Pourquoi alors interdire au célibataire d'être instituteur ? On craint, non pour le petit garçon, mais pour la mère, ou la sœur, qui l'amène. — « On n'enseignera pas à son fils une profession qui met en rapport avec les femmes ». Il est dit* de ne lui apprendre ni le métier d'anier ni de chamelier, de potier, de marin, de berger, de boutiquier, car ce sont des métiers de brigands. Abba Gorion habitant de Sidon l'a dit au nom d'Aba Saul : la plupart des âniers sont impies, la plupart des chameliers sont d'honnêtes gens; la plupart des marins sont pieux ; la plupart des bâtards sont rusés*. La plupart des esclaves sont beaux ; la plupart des fils de grandes familles sont modestes. La plupart des fils ressemblent aux frères de la mère 3. « Le meilleur des guérisseurs ira en enfer, et le plus honnête des bouchers est l'associé d'Amalek », R. Simon b. Yohaï dit : comme il faut écraser la tête du meilleur serpent, la meilleure femme aime la sorcellerie. Heureux qui accomplit la volonté du Seigneur! De toutes façons, dit Méir, l'homme peut se nourrir (n'importe comment). Heureux qui voit son père adonné à une profession avantageuse, et malheureux celui qui le voit adonné à une profession fâcheuse I

« Il faut toujours tâcher, dit R. Méir, d'apprendre à son fils un métier convenable ». Que faire pour cela? Lui enseigner un métier facile, puis « prier celui qui a la richesse, car il n'y a pas de métier qui comporte richesse ou pauvreté ; tout dépend du mérite de l'ouvrier'* ». R. Simon b. Eléazar dit au nom de R. Méir : as-tu jamais vu un lion porte-faix, ou sécheur de fruits, ou un renard boutiquier, ou un loup marchand de poteries ; ils se nourrissent sans souci. Ils n'ont été créés que pour me servir, et j'ai été créé pour servir mon créateur. Or, par à-fortiori, si ces créatures faites pour me servir se nourrissent sans souci, à plus forte raison y arriverai-je, moi qui suis créé pour servir Dieu. Pourquoi donc ai-je du mal à me nourrir? « J'ai commis des actes fâcheux, j'ai perdu mon droit à la nourriture. »

« R. Nehoraï dit^ : Je laisse de côté tous les métiers du monde, et je n'enseigne à mon enfant que la Tora »; tout métier ne sert à l'homme qu'aux jours de sa jeunesse, pendant sa force ; si l'on tombe malade, ou vieux, ou si l'on a d'autres maux, on ne peut plus travailler, on meurt de faim. Mais la Tôra l'honore et le préserve de tout mal en sa jeunesse, et lui donne de l'espoir en sa vieillesse. De la jeunesse il est dit (Isaïe, XL, 31) : Ceuœ qui espèrent en Dieu renouvelleront leurs forces, etc. De la vieillesse, il est dit (Ps. XGII, 9) : ils produiront des fruits même en la vieillesse, ils seront fertiles et

1. Tr. So/rim, XV, 10. 2. Ou violents. V. Schuhl, 5enie?ices, p. 438. 3.V. B., tr. Bava qama, i. ilOa. 4. Cf. Mekhilta, section Bô, ch. 19, 5. Tossefta à ce tr., ch. 5.

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verdoyants. Ainsi, l'on trouve que le patriarche Abraham observa toute la Tôra avant sa promulgation 1, comme il est dit (Genèse, XXVII, 5) : Parce qu'Abraham a entendu ma voix y il a observé mes recommandations, mes préceptes, mes règles, mes lois. De plus, Dieu Va agrandi et béni dans sa jeunesse, en lui fixant un bon avenir et de l'espoir en sa vieillesse. De sa jeunesse, il est dit (ib. XIII, 2) : Abraham était très riche en bétail, en argent, en or. De sa vieillesse, il est dit(ib. XXIV, i): Abraham devint vieux et avancé en âge; V Eternel avait béni Abraham en tout.K. Hiskia ou R. Cohen dit au nom de Rab ^ : on ne doit pas habiter une localité privée de médecin, ou de bain, ou d'un tribunal correctionnel. R. Yossé b. R. Aboun dit aussi de ne pas habiter une ville oii il n'y a pas de jardin à légumes. R. Hiskia ou R. Cohen dit au nom de Rab : l'homme sera un jour tenu de rendre compte pour n'avoir pas mangé de ce que l'œil a vu (se priver des consommations permises est un tort). Par respect pour cette tradition, R. Eléazar avait soin de réunir de la menue monnaie, pour manger de chaque objet au moins un spécimen par an.

1. Rabba à Genèse, ch. 64 et 95. 2. V. Schuhl, Sentences, etc., p. 301, avec les passages parallèles qu'il cite.

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