SCÈNE XVI
FLORVELLE, VALMONT.
FLORVELLE , ar? étant Valmont au moment où il va
entrer chez Madame de Saint-Phar.
Je vous cherchais, monsieur : je viens vous dire adieu j Je pars dès aujourd'hui, vous le saviez peut-être. Ce que j'apprends ici le fait assez connaître.
VALMONT
Croyez bien...
FLORVELLE- Oui , monsieur Quand sur votre chemin Par malheur on se trouve , il faut céder; enfin, Je cède , et sur-le-champ je vais me mettre en route, Mais vous me permettrezdevous prouver, sansdoute, Que si sur vous, monsieur , je n'ai pu l'emporter, J'étais digne du moins de vous le disputer. Vous allez être heureux, et l'on vous rend justice; Mais vous if attendez pas qu'un rival applaudisse j
Et celle dont la main fera votre bonheur ,
Vaut bien que d'un combal on lui fasse l'honneur.
VALMONT
Je comprends. A regret je trouve un adversaire Dans un ami : pourtant je dois vous satisfaire. Vos vœux, seront remplis, monsieur, et sans relard j Après, j'épouserai madame de Sain t-Phar, Si mes soinâ, mon amour , parviennent à lui plaire, Et si dans ce combat le sort ne m'est contraire.
FLORVELLE.
Nous le verrons , monsieur.
VALMONT
Oui , monsieur; il suffît.
Je suis à vous.
FLORVELLE.
Je pars bientôt , je vous l'ai dit.
À deux pas du château ; je quitterai la route Pour rentrer dans le bois : vous m'entendez!
Sans doute.
FLORVELLE.
Ainsi de mon départ, tant souhaité par vous, Le signal deviendra celui du rendez-vous.
VALMONT
C'est convenu.
FLORVELLE.
Monsieur se fait souvent attendre; Mais j'espère...
VALMONT
Avant vous j'aurai soin de m'y rendre, Et vous regretterez de m'avoir outragé.
FLORVELLE , à part.
Adieu j'ai tout perdu, mais Je serai vengé.
(// sort.)