SCÈNE VII. ir
Par malheur son château se trouvait à deux pas. Il m'a fallu l'y suivre en murmurant tout bas. Là bientôt l'amitié1 me prépare une fête, Et jusqu'au lendemain , malgré moi , l'on m'arrête. Tremblant de voir encor mon séjour prolongé, Je pars au point du jour et sans prendre congé ; Mais à deux pas de là. près du dernier village,
I ne noce, à grand bruit, me barre le passage. Je veux voir la future et m'arrête un instant ; J'approche et reconnais mon plus proche parent. Mon ancien colonel : c'est lui qui se marie.
Que faire ? On m'aperçoit , on m'entoure, on s'écrie -, Et , de ce coup du sort bénissant la faveur , On prétend qu'au contrat je signe par honneur. Je me défends long-temps : enfin je me résigne , Et , tout en enrageant, je reste , danse et signe. Pour surcroît d'embarras , un concert d'amateurs Se prépare aussitôt. Jugez de mes terreurs !
II faut , bon gré mal gré , que dans la symphonie , Gomme musicien je fasse ma partie;
Mais à travers le bruit des trompettes, des cors ( C'était du Rossini ) , je m'esquive , je sors , Et laissant ma voiture avec tout mon bagage , Je me remets en route et je viens , tout en nage , Malgré maint embarras qu'aujourd'hui j'ai trouvé, Et tout surpris encor de me voir arrivé.