MARIANE DORINE DAMIS
FLIPOTE Mm? PERNELLE ELMIRE
Ils redescendent peu à peu sur le devant du théâtre, et la scène tout entière se joue, les personnages ainsi placés :
DORINE, MARIANE, CLÉANTE, M «m PERNELLE, ELMIRE, DAMIS, FLIPOTE au fond.
MADAME PERNELLE, cassée, alerte, très excitée.
Allons, Flipote, allons; que d'eux je me délivre.
ELMIRE, d'un ton gracieusement complimenteur.
Vous marchez d'un tel pas qu'on a peine à vous suivre.
MADAME PERNELLE, hargneuse, comique.
Laissez, ma bru, — laissez; — ne venez pas plus loin ;
— Ce sont toutes façons dont je n'ai pas besoin.
EL MI RE, aisée et respectueuse.
De ce que l'on vous doit envers vous on s'acquitte ; Mais, ma mère, d'où vient que vous sortez si vite ?
MADAME PERNELLE, avec un agacement plus vif.
C'est que je ne puis voir tout ce ménage-ci, Et que de me complaire on ne prend nul souci.
Léger mouvement d'Elmire.
Mme Pernelle poursuit avec accentuation :
Oui. — Je sors de chez vous fort mal édifiée.
(Ton de caquetage ; chaque membre de phrase entrecoupé par l'irritation.)
Dans toutes mes leçons j'y suis contrariée; —
— On n'y respecte rien. — Chacun y parle haut, —
— Et c'est tout justement — la cour du roi Pétaud1.
Cette boutade n'enlève point à Elmire sa physionomie respectueuse. Cléante, contenu aussi, sourit;
D ORINE veut répliquer; son monosyllabe est dit d'un ton ferme et décidé
Si...
MADAME PERNELLE, lui coupant vivement et vigoureusement la
parole.
Vous êtes, ma mie, une fille suivante Un peu trop forte en gueule, — et fort impertinente.
Changement de ton, ironie méprisante mêlée d'aigreur.
Vous vous mêlez sur tout de dire votre avis.
1 •< Un lieu de désordre et de confusion où chacun est le maître. » (Littré.) « Le roi Pétaud est le chef que se nommait autrefois la corporation des mendiants. » (Molière, Les grands écrivains.)
DAMIS, avec impatience.
Mais...
MADAME PERNELLE, très raide.
Vous êtes un sot en trois lettres, mon fils ;
Un loger temps.
Avec autorité.
C'est moi qui vous le dis, — qui suis votre grand'mère; Et j'ai prédit cent fois à mon fils, votre père, Que vous preniez tout l'air d'un méchant garnement, Et ne lui donneriez jamais que du tourment.
M ARIANE, très timide.
Je crois...
MADAME PERNELLE, imitant le ton de Mariane qu'elle exagère, minaudant les deux premiers vers de sa réplique.
... Mon Dieu, — sa sœur — vous faites la discrète, — Et vous n'y touchez pas, — tant vous semblez doucette ;
Changeant de ton, méfiante, menaçante.
Mais il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort,
(Avec plus de fermeté.)
Et vous menez sous chape un train que je hais fort.
ELMIRE
Mais, ma mère...
Mme Pernelle a parlé brutalement aux deux enfants de son fils ; Elmire, leur belle-mère, sait l'injustice de ses reproches, elle veut les défendre, et le ton de sa voix, sans cesser d'être respectueux, devient plus sérieux. Mme Pernelle l'interrompt tout aussitôt et tourne son attaque contre elle.
.MADAME PERNELLE, sèchement revêche.
... Ma bru, qu'il ne vous en déplaise, Votre conduite, en tout, est tout à fait mauvaise.
Observer une nuance dans la façon dont Mme Pernelle gourmande sa bru ; ce ne peut être le ton qu'elle a employé vis-à-vis de Damls et de Mariane, elle y met plus de mesure; mais le naturel l'emporte, et en parlant, sa vivacité s'accroît.
Vous devriez leur mettre un bon exemple aux yeux; Et leur défunte mère en usait beaucoup mieux. Vous êtes dépensière; et cet état me blesse Que vous alliez vêtue ainsi qu'une princesse. Quiconque à son mari veut plaire seulement, Ma bru, — n'a pas besoin de tant d'ajustement.
CLÉANTE
Elmire voulait tout à l'heure défendre Damis et Mariane ; c'est Elmire maintenant qu'il faut défendre. Cléante croit de. son devoir de le faire.
Mais, Madame, après tout...
MADAME PERNELLE
a cherché, il n'y a qu'un instant, à singer ce qu'elle appelle la mine doucette de Mariane; elle use du même procédé vis-à-vis de Cléante : elle l'interrompt — c'est son habitude — , et prend un ton grave et composé qui, dans son intention ironique, prétend parodier la façon de parler habituelle de Cléante :
Pour vous, monsieur son frère, Je vous estime fort, — vous aime, — et vous révère.
Ce qui, dans sa pensée, veut dire : Je vous estime peu, je tous aime encore moins, et je ne vous révère pas du tout ; puis elle abandonne son essai de contrefaçon, et relevant fiévreusement le ton :
Mais enfin, si j'étais Je mon fils, son époux,
Je vous prierais bien fort de n'entrer point chez nous.
Changement de ton, profonde indignation dans le reproche qu'elle adresse A Cléante :
Sans cesse vous prêchez des maximes de vivre
Qui par d'honnêtes gens ne se doivent point suivre.
Se montant par gradation.
Je vous parle un peu franc ; mais c'est là mon humeur, Et je ne mâche point ce que j'ai sur le cœur.
DAMIS, forcé de réprimer son impatience depuis le moment où sa grand'mère lui a fermé la bouche, reprend avec vivacité et une sorte d'amertume ironique :
Votre... monsieur Tartuffe est bien heureux sans doute...
MADAME PERNELLE, nouvelle interruption plus absolue :
C'est un homme de bien, — qu'il faut que l'on écoute;
Relevant la note, grondeuse et colère :
Et je ne puis souffrir, sans me mettre en courroux, De le voir querellé par un fou comme vous.
DAMIS, vivement.
Quoi! Je souffrirai, — moi, — qu'un cagot de critique Vienne usurper céans un pouvoir tyrannique, Et que nous ne puissions à rien nous divertir, Si ce... beau monsieur là n'y daigne consentir !
DORINE
Rabrouée par Mme Pernelle, Donne ne lui adresse pas cette fois la parole ; les trois vers qu'elle va dire semblent une réflexion qu'elle s'adresse à elle-même :
S'il le faut écouler, — et croire à ses maximes,
On ne peut faire rien, — qu'on ne fasse des crimes, Car il contrôle tout, — ce critique zélé !
MADAME PERNELLE, avec emportement, et relevant le mot tout:
Et tout ce qu'il contrôle — est fort bien contrôlé !
Cherchant à être éloquente :
C'est au chemin du Ciel qu'il prétend vous conduire, Et mon fils, à l'aimer vous devrait tous induire.
(Un peu d'attendrissement sur le dernier vers.)
DAMIS, de plus en plus agacé.
Non, — voyez-vous, ma mère, — il n'est père, — ni rien,
Qui me puisse obliger à lui vouloir du bien :
Je trahirais mon cœur de parler d'autre sorte.
Sur ses façons de faire à toup coup je m'emporte.
J'en prévois une suite
{Menace pleine de promesses.) et quaveC... Ce pied-plat
Il faudra que j'en vienne à quelque grand éclat.
Que l'acteur jeune et impétueux fasse déjà pressentir l'esclandre du troisième acte. Elmire lui fait un geste affectueux de la main pour l'inviter à se calmer. Mme Pernelle, révoltée de l'audace de son petit-fils , va répondre et lui laver la tête ; la voix énergique de Dorine la surprend, elle se retourne, saisie de l'injure que celle-ci ne craint pas d'envoyer à l'adresse de Tartuffe.
DORINE, vigoureuse.
Certes ! — C'est une chose aussi qui scandalise,
De voir — qu'un inconnu — céans — s'impatronise ;
Qu'un Gueux
(Avec indignation.) qui, quand il vint n'avait pas de souliers,
Et dont l'habit entier valait bien...
(Elle cherche un chiffre.) six deniers,
En vienne jusque-là que de se méconnaître,
(Irritation croissante.)
De contrarier tout,
(Et avec une inflexion qui énergiquement surcharge ce mot).
et de taire le maître.
MADAME PERNELLE
Il lui est impossible de lutter de poumons avec Donne ; ce qu'elle va dire ne peut avoir de force que dans un ton de regret douloureux :
Hé, merci de ma vie ! Il en irait bien mieux, ' Si tout se gouvernait par ses ordres pieux.
DORIXE
Il passe pour un saint dans votre fantaisie.
L'inflexion deDorine, ironiquement mielleuse, doit avoir un caractère interrogatif. Sa réponse est une affirmation pleine d'autorité :
Tout son fait, — croyez-moi, — n'est rien qu'hypocrisie.
Porter tout Yaccent de ta voix sur te mot rien ; la faible respiration que l'on sera obligé de prendre suffira pour donner à hypocrisie l'importance que ce mot doit avoir.
MADAME PERNELLE, avec un rire amer.
Voyez la langue !
DORINE
A lui...
Elle s'arrête, et avec une réticence qui semble indiquer qu'elle a des rai« sons toutes particulières de savoir à quoi s'en tenir sur le compte du valet de
non plus qu'à son Laurent, Je ne méfierais, — moi, — que sur un bon garant.
1 « Il en iroit bien mieux » est un impersonnel qui ne se rapporte pas à Tartuffe, Mmo Pernelle veut dire : La maison en irait bien mieux. (M. Etienne.)
MADAME PERNELLE
n'entend pas discuter la moralité de Laurent, et le ton qu'elle donne au premier vers de sa réponse semble indiquer comme une sorte de concession de sa part:
J'ignore ce qu'au fond le serviteur peut être; Elle n'en relève qu'avec plus d'énergie le second :
Mais pour homme de bien je garantis le maître. Vous ne lui voulez mal
(malheureux pécheur que vous êtes !) et lie le rebutez
Qu'à cause qu'il vous dit à tous vos vérités.
Insistant :
C'est contre le pèche que son cœur se courrouce,
Avec dévotion :
Et l'intérêt du Ciel est tout ce qui le pousse. (Le pauvre cher homme!)
DORINE
Articulation et interrogation très fine et très pénétrante :
Oui! — Mais pourquoi ?
(Appelant l'attention sur sa réticence.)
surtout depuis un certain temps,
Reprenant le ton de l'interrogation :
Ne saurait-il souffrir?... qu'aucun?... entre céans ? En quoi blesse le Ciel une visite honnête ?... Pour en faire un vacarme à nous rompre <fci tête ?
Changeant de ton :
Veut-on que là-dessus je m'explique entre nous ?
Mystérieuse et comme livrant un secret :
Je crois — que de Madame — il est, ma foi, jalouy. .
M AD AMi; PERNELLE, éclatant, et avec indignation.
Taisez-vous ! !...
(Ce n'est pas la réputation de sa bru, c'est l'honneur de Tartuffe qui la touche.)
et songea aux choses que vous dites.
Ce n'est pas lui tout seul qui blâme ces visites; Tout ce fracas qui suit les gens que vous hantez,
S'échauffant :
Ces carrosses sans cesse à la porte plantés Et de tant de laquais le bruyant assemblage, Font un éclat fâcheux dans tout le voisinage.
Concession charitable qu'elle veut bien faire :
Je veux croire qu'au fond il ne se passe rien;
Relevant le ton avec plus de force :
Mais enfin... on en parle, — et cela n'est pas bien.
CLÉ AN TE, simple et souriant.
Hé! Voulez-vous, Madame, empêcher qu'on ne cause?
Ce serait dans la vie une fâcheuse chose,
Si pour les... sots discours où l'on peut être mis,
Il fallait renoncer à ses meilleurs amis.
Et quand même on pourrait se résoudre à le faire,
Croirez-vous obliger tout le monde à se taire ?
Philosophie aimable, et en homme du monde :
Contre la médisance il n'est point de rempart. A tous les sots caquets n'ayons donc nul égard. Efforçons-nous de vivre avec toute innocence,
Sourire dédaigneux :
Et laissons aux causeurs une pleine licence.
4o NOTES SUR TARTUFFE
DO RI NE, d'un ton pénétrant ; — femme perspicace, elle est sûre de ce qu'elle semble avancer comme une supposition :
Daphné ? — notre voisine? — et son... petit époux?... Ne seraient-ils point ceux qui parlent mal de nous ?
Un temps très léger. — Mme Pernelle reste bouche close à cette interrogation faite sur chaque membre de phrase; son silence vaut un acquiescement pour Dorine, qui poursuit ironiquement, comme si tous les personnages, y compris Mme Pernelle, tenaient pour certain que les propos dont on vient de parler doivent être attribués à la médisance de la charitable Mme Daphné :
Ceux de qui la conduite offre le plus à rire
Sont toujours — sur autrui — les premiers à médire.
Quittant le sourire et relevant le ton :
Ils ne manquent jamais de saisir promptement L'apparente lueur du moindre attachement,
Un peu mystérieusement :
D'en semer la nouvelle avec beaucoup de joie
Et très perfidement.
Et d'y donner le tour qu'ils veulent qu'on y croie ;
(Les six derniers vers un peu plus animés :)
Des actions d'autrui, teintes de leurs couleurs,
Ils pensent dans le monde autoriser les leurs,
Et, sur le faux espoir de quelque ressemblance,
Aux intrigues — qu'ils ont — donner de l'innocence,
Ou foire ailleurs tomber quelques traits partagés
De ce blâme public dont ils sont trop chargés.
MADAME PERNELLE
Impatientée, elle veut éviter le débat sur Daphné, dont la réputation est douteuse :
Tous ces raisonnements ne font rien à l'affaire.
Elle se rabat sur l'opinion d*une personne dont la vertu lui semble inattaquable :
On sait qu'Orante mène une vie exemplaire : Tous ses soins vont an Ciel ;
(Ton plus affirmatif.) et j'ai su — par des gens, Qu'elle condamne fort le train qui vient céans.
DORINE, tics ironique.
L'exemple... est admirable, — et cette dame... est bonne!
Changeant de ton, et le vers qui suit avec une affectation de dévotion.
Il est vrai qu'elle vit en austère personne ;
Avec une finesse oui perce à jour le manège de la fausse vertu.
Mais Page dans son âme a mis ce zèle ardent,
Et l'on sait qu'elle est prude — à son corps défendant.
Tant qu'elle a pu des cœurs attirer les hommages,
Elle a fort bien joui de tous ses avantages ;
Mais — voyant de ses yeux tous les brillants baisser,
Au monde — qui la quitte — elle veut renoncer,
(Un peu emphatique.)
Et du voile pompeux d'une haute sagesse De ses attraits usés déguiser la faiblesse.
Tout le reste du couplet avec une chaleur et une énergie croissantes :
Ce sont là les retours des coquettes du temps Il leur est dur de voir déserter les galants. Dans un tel abandon, leur sombre inquiétude Ne voit d'autre recours que le métier de prude ; Et la sévérité de ces femmes de bien Censure toute chose, et ne pardonne à rien.
Frappant à droite, à gauche, partout.
Hautement — d'un chacun — elles blâment la vie
Non point par charité, (Allons donc l) et d'un ton plus aigu :
mais par un trait d'envie, Qui ne saurait souffrir qu'une autre ait les plaisirs Dont le penchant de l'âge a sevré leurs désirs.
MADAME PERNELLE, un peu étourdie de la verve de Dorine, ne sait d'abord que répondre, et veut essayer, elle aussi, de l'ironie :
Voilà — les contes bleus — qu'il vous faut pour vous plaire, Ma bru ; — l'on est chez vous contrainte de se taire, Car Madame à jaser tient le dé tout le jour.
Puis, rassemblant toute son énergie, elle relève la voix, et prend la parole en femme décidée à la garder longtemps :
Mais enfin, je prétends discourir à mon tour.
Et elle appuie le mot discourir d'un coup de sa béquille sur le parquet.
Je vous dis
Elle change de ton et continue sa phrase comme si elle n'était que la répétion d'une chose qu'elle est fatiguée d'avoir déjà dite cent fois :
... que mon fils n'a rien fait de plus sage Qu'en recueillant chez soi ce dévot personnage ; Que le Ciel au besoin l'a céans envoyé Pour redresser à tous votre esprit fourvoyé ; Que -pour votre salut, vous le deve% entendre ; Et qu'il ne reprend rien — qui ne soit à reprendre.
Quittant le ton sentencieux et monotone qu'elle a gardé sur les vers qui précèdent et reprenant l'aigre bavardage qui lui est habituel.
Ces visites — ces bals — ces conversations, — Sont du malin esprit toutes inventions.
Caquetage plus vif, membres de phrases entrecoupées.
Là — jamais on n'entend de pieuses paroles; Ce sont propos oisifs — chansons — et fariboles :
Bien souvent — le prochain en a sa bonne part, Et l'on y sait médire — et du tiers — et du quart. Enfin — les gens sensés ont leurs tètes troublées De la confusion de telles assemblées :
Précipitant davantage le mouvement.
Mille caquets divers s')' font en moins de rien,
Les idées commencent à lui faire défaut, elle cherche à les rassembler, — une citation pourra peut-être la tirer d'affairé :
Et... comme l'autre jour... un Docteur... dit fort bien,
C'est véritablement la tour de Babylone...
Car chacun y babille ■ — et tout le long de l'aune...
La divagation commence... elle veut aborder un autre ordre d'idées, et entame une histoire qui, par l'inflexion qu'elle emploie, promet de la longueur :
Et... pour conter l'histoire où ce point l'engagea...
Elle s'est retournée vers Géante et le voit cherchant à étouffer le rire qui s'empare de lui. Indignée, elle imite sénilement et ridiculement ce rire qu'elle fond dans le vers qui suit :
Voilà-t-il pas,... Monsieur qui ricane déjà !
Avec violence.
Allez cherchez vos fous qui vous donnent à rire... Et sans...
Elle s'arrête suffoquée par la colère, et affecte un ton contenu :
Adieu, ma bru : — Je ne veux plus rien dire.
(La colère la reprend.)
Sachez que pour céans — j'en rabats de moitié; Et qu'il fera beau temps
(Donnant un coup de sa béquille avec le dernier hémistiche) :
quand j'y mettrai le pied.
Elle remonte, et s'adressant à Flipote qui l'attend au fond du théâtre :
Allons, vous, vous rêvez, et bayez aux corneilles, Jour de Dieu!... Je saurai vous frotter les oreilles. Marchons, gaupe, marchons !
D'après l'indication de l'auteur, indication confirmée par la Lettre sur V Imposteur , Mme Pernelle doit donner un soufflet à Flipote. Ce soufflet gêne le mouvement de la scène, et depuis longtemps on y a renoncé : l'emportement de la voix etle rudoiement du geste suffisent pour accentuer la sortie, qui se fait par la porte à la droite de l'acteur. Tout le monde accompagne Mnic Pernelle, Dorine comme les autres; arrivée à la porte, elle s'arrête et s'efface pour laisser passer devant elle Cléante, qui refuse du geste, et reste en scène, riant plus librement.