‹ Le tartuffe des mursChapitre 18 sur 86 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

VALSAIN.

Les livres sont plus sûrs que les hommes , mon cher.

GERGOUR.

Ah ! Je les connais bien : mais, mon ami , les femmes...

YALSAIN.

'On les aime toujours malgré les épigrammes.

GERCO UR.

Mais la mienne me fait enrager , et je crains...

Qu'un jour... mon cher ami , sauvez-moi des chagrins ,

Daignez la voir. Il faut qu'un conseil charitable...'

VALSAIjM.

Je vous l'ai déjà dit. Elle est jolie , aimable ,

Mais je ne la vois point ou fort peu : de beaux traits ,

Des grâces , n'ont pour moi que de faibles attraits.

GERGOUR.

Mais vous la rencontrez quelquefois chez Mélise ?

VALSAI??, avec indifférence.

Quelquefois. Voulez-vous, mon cher, que je vous dise.^ Je finirai, je crois, par n'y plus retourner.

GERGOUR.

Pourquoi donc ? Il vaut mieux...

VALSAIN.

Je me tue à donner Des conseils : des plaisirs on m'impute la haine : Je perds à les prêcher et mon temps et ma peine. Je vais en général daus le n)onde fort peu ; Je hais la médisance, et n'aime pas le jeu. Ma jouissance à moi parait triste , bon ce; Mais je suis, j'en conviens , content de ma journée, Quand j'ai pu conquérir une âme aux bocjcs moeurs.^ Qu'importent, après tout, les discours d ■< railleurs? Le bonheur véritable est dans le iond de i amc.

GERGOUR.

C'est ce que je voudrais que sentît bien ma femme. Elle en est eucor loin , Valsaiu , mais voyez-la ; Par vos sages conseils elle se guidera.

VALSAIIV.

Eh bien 1 je la verrai ; mais je vous le confesse , Cela me coûte un peu.

L'amitié vous en presse.

VALSAIN.

Allons j je la verrai , vous dis-je.

GERCOUR.

En ce moment , Vous la rencontrerez chez elle assurément ; Je viens de l'y laisser, disant mille infamies De son prochain, avec quelques bonnes amies, Dont elle aura grand soin d'en dire tout autant Avec d'autres, ce soir, ou même en les quittant.

VALSAIN.

Avec elle , en ce cas , je serai fort sévèi'e ; Car, ie vous en préviens, dussé-je lui déplaire, La franchise est, Gercour , ma première vertu.

GERCOUR,

Yous ne lui direz pas qu'ici vous m'avez vu.

YALSAIN.

Je m'en garderai bien 5 fiez-vous à mon zèle,

GERCOUR.

(Voyant que Valsain veut le reconduire, )

Je sors. Non , demeurez.

VALSAIN.

Je vais entrer chez elle,

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