‹ Le tartuffe des mursChapitre 35 sur 86 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

SUDMER, seul.

Tout est ouvert ici , ce désordre m'étonne , Et je ne croyais pas qu'il fut à ce degré.

(Regardant autour de lui)

L'appartement n'est pas richement décoré. Deux chaises , un fauteuil , pas même de tenture 5 Une vieille commode , encore sans serrure 5

Des tableaux quels tableaux ! un vieux miroir. Parbleu!

Mes gens sontencor mieux meublés que mon neveu. Le faste, je le vois , n'est pas son plus grand vice. Je l'excuse à présent, et je lui rends justice; Il peut laisser sa porte ouverte à tous venans^ De semblables trésors ne tentent pas les gens. Il est en sûreté... Ces peintures, peut-être, Que je dédaigne tant , sont de quelque grand maître. Les cadres tout noircis pouvaient être fort beaux; Mais ils n'annoncent pas des chefs-d'œuvres nouveaux. Eh ! palsambleu ! ce sont des portraits de famille : Je reconnais mon père, et mon oncle et sa fille... Jene m'étonne plus... oh ! je vois à présent; Sur de pareils effets on trouve peu d'argent ,* Autrement mon neveu s'en fut défait sans doute. Mais quel autre portrait ?... ma foi, ion n'y voit goutte ; Je crois... en vérité, reconnaître le mien: Ouij morbleu 1 c'est bien moi ; je me reconnais bien. Mais si le drôle allait, trouvant ma ressemblance... Bon l il était si jeune ! et mon âge , et l'absence Depuis près de vingt ans...

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