‹ Le tartuffe des mursChapitre 38 sur 86 · ACTE III, SCENE IV. fyj · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV. fyj

FLORVILLE

Je VOUS connais fort Lieu.

Vous m'avez acheté , vendu, prêté.

SUDMER.

Moi ! rien...

Où nous-sdmmes nous vus ?

Nulle part , ce me semble.

Mais , puisque le hasard en ce lieu nous rassemble , J'ai vraiment à vous voir un sensible plaisir. De traiter avec vous j'ai le plus grand désir. Je ne vous promets pas de grands gains usuraires ; Je suis , pour le moment , fort mal dans mes affaires; Mais j'ai de bons amis qui n'ont pas tout mangé. Comptez sur moi près d'eux.

SUDMER.

Je vous suis obligé.

• ^ (Sudmer et FloiviUe s'asseient.)

FLORVILLE

Voici le fait. Je suis un jeune fou.

MARTON

Sans doute , Vous voulez plaisanter ?

FLORVILLE

Tais-toi. Sors , ou m'écoute.

(A Sudmer.)

Je suis donc , vous disais-je, un jeune exti-avagant , Qui veut , à quelque prix que ce soit, de l'argent. Vous me paraissez vous , un vieux pécheur, un homme Riche , assez obligeant pour me prêter ma somme : Moi je suis assez fou , dans le moment présent, Pour payer l'intérêt à cinquante pour cent. Je crois que je m'explique ^ et maintenant , je pense, Nous pouvons tous leç deux traiter en assurance.

SUDMER.

Vous ne vous perdez pas en discours superilus , Vous êtes franc.

Très-franc.

SUDMER.

Je vous en aime plus.

Permettez , cependant, que je vous désabuse Sur un petit article.

FLORVILLE

Ah ! voilà de la ruse.

SUDMER.

D'honneur, je ne suis pas , moi , personnellement, Riche assez pour pouvoir vous prêter de l'argent. Mais j'ose me flatter d'avoir assez d'empire Sur un ancien ami.

FLORVILLE; Fort bien.

SUDMER.

Quoiqu'à vrai dire , Cet homme soit un juif dans la force du mot , Craintif jusqu'à l'excès, avare....

FLORVILLE

C'est un sot.

SUDMER.

N'est-il pas vrai , Marton ?

MARTON

Vous n'y sauriez que faire.

Enfin puis-je y compter?

SUDMER.

Oui , monsieur , je l'espère — Je ne vous dirai pas qu'il ait exactement L'argent dont vous pourriez avoir besoin....

FLORVILLE

Comment.'*

SUDMER.

Mais il a des effets, de bons contrats de rente Sur lesquels il perdra.

FLORVILLE

Combien ?

SUDMER.

Trente ou quarante Pour cent.

(On eutend du bruit au dehors.)

FLORVILLE, en se levant.

J'entends du bruit. Si par hazard, Marton, C'étaient des créanciers , mets-les à la raison.

(SuDMER se lève.)

MARTOJS.

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