ACTE ITI, SCENE V
SUDMER.
Il me sembld Qu'en le payant autant que tout le reste ensemble , Ce marche-là pour vous doit être avantageux.
FLORVILLE
Non; sans lui , je serais tout-à-faii malheureux. Privé de mes parens dès 1 âge le plus tendre , Quoiqu'éloigné de moi , lui seul a su m'entendre. C'est mon ange gardien ! dussiez-vous le couvrir D'or et de diamans.... j'aimerais mieux mourir.
SUDMER, à part.
Ce coquin-là sera quelque jour un brave homme !
(Haut, tirant soa portefeuille. )
Tenez , je crois avoir apporté votre somme. La voici.
(H tire un billet. )
F L O RV I L L E , après avoir regarde' le billet.
Ce billet est de vingt mille francs.
Vous vous trompez , sans doute ?
Il e§t encore temps De vous déterminer. J'ai toujours l'espérance...,
FLORVILLE
Eh quoi I vous persistez avec cette assurance ?
SUDMER.
Vous me refusez donc tout-à-fait ?
FLORVILLE
Tout-à-fait.
SUDMER.
En ce cas , marché nul.
FLORVILLE
Voici votre billet.
SUDME R, à part, en se tournant pour cacUer ses larme»,
Je crains de me trahir.
FLORVILLE
Vous gardez le silence ?
Reprenez....
SUDMER.
Non , gardez. Quant à la difife'rence , Nous la balancerons ensemble une autre fois.
Le Taituj^e de Mœurs, 8
FLOÎIVILLE.
Eh ! mon cher Alexandre , à peine je conçois.... Mais celle confiance est du genre subhme.
SUDMER.
Donnez-moi votre main , monsieur , je vous estime. Je vous aime.... pardon.
FLORVILLE
Eh quoi ! vous moquez-vous ?
(A part.)
Il n'avait pas d'argent , voilà comme ils sont tous.
SUDMER, à part.
De vices , de vertus , quel assemblage étrange ! C'est un diable , dit-on , oh ! pour moi c'est un ange.
FLORVILLE
Vous repentiriez-vous ?
SUDMER.
Je n'en suis pas fâché ; Mais vous venez de faire un excellent marché.