ACTE IV, SCÈNE V
Je connais ses défauts , ses penchans à l'erreur , Mais il sont dans sa tête , et non pas dans son cœur.
GERGOUR,
TVIoi! qui l'aimai quinze ans , et lui servis de père ! C'est ce qui plus encor , Valsain ^ me désespère. Vous ne concevez pas....
V A L s A I N , d'un, ton pénétré.
Ail ! je sens vivement Ce qu'un pareil soupçon doit avoir d'affligeant Pour un cœur aussi tendre , aussi bon que le vôtre. Mais on les calomnie , à coup sur, l'un et l'autre. Dans le monde qu'on fasse un conte un peu méchant, Des cent bouches d'airain que libéralement L'imagination prête à la renommée , Dans ces occasions pas une n'est fermée. Le vulgaire, à la fois curieux et malin , Croit tout avidement, croit tout sans examen. Quant à nous...
GERGOUR.
Au surplus , je vous demande en grâce Qu'elle ne sache rien de tout ce qui se passe Entre nous. Si le temps peut la justifier , Mes soupçons indiscrets pourraient l'humilier.
YALSAIN.
(à part.)
Sans doute. Il est trop tard.
GERGOUR.
Je me sens plus tranquille.
Parlons donc maintenant de ma jeune pupille : Elle paraît se rendre , et j'espère bientôt....
VALSAO, baissant un peu plus la voix., et menant Gercourdu côté opposé au paravent.
Gercour , sur ce sujet , de grâce , pas un mot. Pour un autre moment , réservez , je vous prie , Ce qui peut concerner le bonheur de ma vie. Je suis trop affecté... Ce sont là de ces coups... Non, mon cher, je ne puis m'occuper que de vous.
Le Tartuffe de Mœurs, lo
74 LE TARTUFFE DE MOEtRS,