‹ Le tartuffe des mursChapitre 63 sur 86 · SCÈNE VlII · texte numérisé non relu

SCÈNE VlII

M"". GERCOUR cachée rlerrière le paravent; FLOR- VILLE, VALSAIN, GERCOUR, dans le cabinet.

(Pendant cette scène, Gorcoiir enti-'ouvrr de temps en temps la porte du cabinet pour guetter Valsain , qui lui fait signe de la refermer.)

FLORVILLE, parlant à Lafleur qui le retenait.

J'entrerai malgré toi.

(A Valsain.)

Ce coquin-là , mon frèi'c , Me disait que Gercour et vous parliez d'aiiaire.

VALSAIN, cherchant i se remettre.

Il sort dans ce moment.

FLORVILLE

Eh bien ! le vieux jaloux?...

VALSAIN, à demi-voii,

Savez-vous bien qu'il est furieux contre vous ?

FLORVILLE

Bon ! il ne m'a jamais prêté la moindre somme ,

Il n'a pas de raison.

VALSAIN.

Non. Mais ce galant homme Se plaint que vous troublez son repos.

FLORVILLE

Moi ! je dors Tout le jour, et je suis toute la nuit dehors : Je ne puis donc troubler le repos de personne.

VALSAIN.

Vous m'entendez fort bien.... Entre nous , il soupçonne...

Quoi ? que j'aime sa femme ! Avec réflexion

Je ne ferai jamais une lâche action ;

Et c'en serait , je crois , une indigne , une infâme j

Que de vouloir séduire et corrompre la femme

D'un homme à qui je dois , quoiqu'il m'ait maltraité ,

Reconnaissance , amour , respect , lidélilé;

Mon frère , ainsi que vous , je m'en crois incapable.

S'il arrivait pourtant qu'une personne aimable

Se mit dans mon chemin , là , volontairement ;

S'il arrivait encor, par un hasard charmant ,

Qu'avec un vieil époux elle fût mariée...

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