‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 21 sur 93 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Et, dans l'occasion, mollit comme vous faites.

MARIA.NK.

Mais, que veui-tu? si j'ai de la timidité...

DORINK,

Mais l'amour dans un cœur veut de la fermeté.

M ARIANE

Mais n'en gardé-je point pour les feux de Valèref Et n'est-ce pas à lui de m'obtenir d'un père?

DORINE

Mais quoi ! si votre père est un bourru fieffé, Qui s'est de son Tartufe entièrement coiffé, Et manque à l'union qu'il avait arrêtée, La faute à votre amant doit-elle être imputée?

MARIANS.

Mais par un haut refus et d'éclatants mépris Ferai-je, dans mon choix, voir un cœur trop épris? Sortirai-je pour lui, quelque éclat dont il brille, De la pudeur du sexe et du devoir de fille? Et veux-tu que mes feux par le monde étalés...?

DORINE

Non, non, je ne veux rien. Je vois que vous voulez Être à monsieur Tartufe; et j'aurais, quand j'y pense. Tort de vous détourner d'une telle alliance. Quelle raison aurais-je à combattre vos vœux? Le parti de soi-même est fort avantageux. Monsieur Tartufe ! oh ! oh ! n'est-ce rien qu'on propose ? Certes, monsieur Tartufe., à bien prendre la chose. N'est pas un homme, non, qui se mouche du pied ; Et ce n'est pas peu d'heur que d'être sa moitié. Tout le moqde déjà de gloire le couronne;

Il est noble chez lui, bien fait de sa personne ; !

Il a l'oreille rouge et le teint bien fleuri : j

Vous vivrez trop contente avec un tel mari. \

M ARIANE

Mon Dieu!... J

DORINE. j

Quelle allégresse aurez-vous dans votre âm« |

Quand d'un époux si beau vous vous verrez la femme l \

MARIANE. '

Oh I cesse, je te prie, un semblable discours ;

Et contre cet hymen ouvre-moi du secours. '

C'en est fait, je me rends, et suis prête à tout faire. \

DORINE. \ Non, il faut qu'une fille obéisse à son père. Voulût-il lui donner un singe pour époux.

Votre sort est fort beau : de quoi vous plaignez-vous? |

Vous irez par le coche en sa petite ville, ; Qu'en oncles et cousins vous trouverez fertile, Et vous vous plairez fort à les entretenir.

D'abord chez le beau monde on vous fera venir. "^ Vous irez visiter, pour votre bienvenue,

Madame la baillive et madame l'élue, '■

Qui d'un siège pliant vous feront honorer. ]

Là, dans le carnaval vous pourrez espérer j

Le bal et la grand'bande, à savoir, deux musettes, ' Et parfois Fagotin et les marionnettes,

Si pourtant votre époux... î

MARIANE

Ah I tu me fais mourir» 1 De tes conseils plutôt songe à me secourir.

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