ACTE II, SCÈNE IV
Afin qu'en cas d'alarme il vous soit plus aisé De tirer en longueur cet hymen proposé. En attrapant du temps, à tout on remédie. Tantôt vous payerez de quelque maladie, Qui viendra tout à coup et voudra des délais ; Tantôt vous payerez de présages mauvais, Vous aurez fait d'un mort la rencontre fâcheuse, Cassé quelque miroir ou songé d'eau bourbeuse; Enfin le bon de tout, c'est qu'à d'autres qu'à lui On ne peut vous lier, que vous ne disiez : « Oui. » Mais pour mieux réussir, il est bon, ce me semble, Qu'on ne vous trouve point tous deui parlant ensemble.
{A Valère.) Sortez ; et, sans tarder, employez vos amis Pour vous faire tenir ce qu'on vous a promis.
{A Mariane.) Nous, allons réveiller les efforts de son frère. Et dans notre parti jeter la belle-mère. Adieu.
VALÈRE, à Mariane.
Quelques efforts que nous préparions tous, Ma plus grande espérance, à vrai dire, est en vqus.
MA.RIANE, à Valère.
Je ne vous réponds pas des volontés d'un père; Mais je ne serai point à d'autre qu'à Valère.
VALÈRE
Que vous me comblez d'aise I Et quoi que puisse oser..
DORINE
Ah I jamais les amants ne sont las de jaser. Sortez, vous dis-je.