‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 30 sur 93 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Et priez que toujours le ciel vous illumine.

Si l'on vient pour me voir, je vais aux prisonniers

Des aumônes que j'ai partager les deniers.

DORINE, à part.

Que d'affectation et de forfanterie 1

Que voulez-vous?

DORINE

Vous dire...

TARTUFE, tirant un mouchoir de sa poche. ;! Ah ! mon Dieu ! je vous pris.

Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir.

Comment I

Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées.

DORINE. l'

Vous êtes donc bien tendre à la tentation, \

Et la chair sur vos sens fait grande impression ! Certes ! je ne sais pas quelle chaleur vous monte ; Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte; Et je vous verrais nu, du haut jusques en bas, ' Que toute votre peau ne me tenterait pas.

Mettez dans vos discours un peu de modestie, Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.

DORINE

Non, non, c'est moi qui vais vous laisser en repoi.

Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots.

Madame va venir dans celte salle basse,

Et d'un mot d'entretien vous demande la grâce.

Hélas I très-volontiers.

DORiNE, à part.

Comme il se raij^ucit !

Ma foi, je suis toujours pour ce que j?^ ai dit.

Viendra-t-elle bientôt?

DORINE

Je l'entends, ce me semble.

Oui, c'est elle en personne, et je vous laisse ensemble.

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