‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 45 sur 93 · ORGON, ELMIRE, MARIANE, CLÉANTE, DORINE · texte numérisé non relu

ORGON, ELMIRE, MARIANE, CLÉANTE, DORINE

ORGON

Ah I je me réjouis de vous voir assemblés.

{A Mariane.') Je porte eu ce contrat de quoi vous faire rire, Et vous savez déjà ce que cela veut dire.

MARIANE, aux genoux d'Orgon.

Mon père, au nom du Ciel, qui connaît ma douleur, Et par tout ce qui peut émouvoir votre cœur. Relâchez-vous un peu des droits de la naissance, Et dispensez mes vœux de cette obéissance! Ne me réduisez point, par cette dure loi, Jusqu'à me plaindre au Ciel de ce que je vous doi ; Et cette vie, hélas I que vous m'avez donnée, Ne me la rendez pas, mon père, infortunée. Si contre un doux espoir que j'avais pu former, Vous me défendez d'être à ce que j'ose aimer. Au moins, par vos bontés, qu'à vos genoux j'implore, Sauvez-moi du tourment d'être à ce que j'abhorre. Et ne me portez point à quelque désespoir En vous servant sur moi de tout votre pouvoir.

ORGON , se sentant attendrir.

Allons, ferme, mon cœur, point de faiblesse humaine!

MARIANE

Vos tendresses pour lui ne me font point de peine ; Faites-les éclater, donnez-lui votre bien,

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