‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 65 sur 93 · A<3TB V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

A<3TB V, SCÈNE VII

CLÉANTE

Voilà ses droits armés ; et c'est par où le traître, De vos biens qu'il prétend cherche à se rendre maître.

ORGON

L*homme est, je tous l'avoue, un méchant animal I

VALÈRE

Le moindre amusement vous peut être fatal. J'ai pour vous emmener mon carrosse à la porte. Avec mille louis qu'ici je vous apporte. Ne perdons point de temps : le trait est foudroyant ; Et ce sont de ces coups que l'on pare en fuyant. A vous mettre en lieu sûr je m'offre pour conduite, Et veux accompagner jusqu'au bout votre fuite.

Las l que ne dois-je point à vos soins obligeants 1 Pour vous en rendre grâce il faut un autre temps ; Et je demande au Ciel de m'être assez propice Pour reconnaître un jour ce généreux service. Adieu; prenez le soin, vous autres...

CLÉANTE

Allez tôt; Nous songerons, mon frère, à faire ce qu'il faut.

SCilE ¥11

TARTUFE, UN EXEMPT, MADAME PERNELLE, ORGON, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, VA- LÈRE, DAMIS, DORINE.

TARTUFE, arrêtant Orgon, Tout beau, monsieur, tout beau, ne courez point si yite :

Vous n'irez pas fort loin pour trouver votre gîte; Et de la part du prince on vous fait prisonnier.

ORGON

Traître, tu me gardais C3 trait pour le dernier : C'est le coup, scélérat, par oii tu m'expédies; Et voilà couronner toutes tes perfidies !

Vos injures n'ont rien à me pouvoir aigrir, El je suis, pour le Ciel, appris à tout souffrir.

CLÉANTE

La modération est grande, je l'avoue.

DAMIS

Comme du Ciel l'infâme impudemment se joue î

Tous vos emportements ne sauraient m'émouvoir; Et je ne songe à rien qu'à faire mon devoir.

MARIANE

Vous avez de ceci grande gloire à prétendre ;

Et cet emploi, pour vous, est fort honnête à prendre.

Un emploi ne saurait être que glorieux

Quand il part du pouvoir qui m'envoie en ces lieui»

ORGON

Mais t'es-tu souvenu que ma main charitable, Ingrat, t'a retiré d'un état misérable?

Oui, je sai5 quel secours j'en ai pu recevoir; Mais l'intérêt du prince est mon premier devoir. De ce devoir sacré la juste violence Étouffe dans mon cœur toute reconnaissance i

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