AC3TB I, SCÈNE
Mais peut-être, moosieur, que je vous fâcherai.
ÉRASTE
Parle, mais prends bien garde à ce que tu vas faire; A ma juste fureur rien ne peut te soustraire. Si tu mens d'un seul mot à ce que tu diras.
MASCARILLE
J'y consens, rompez-moi les jambes et les bras; Faites pis : tuez-moi, si je vous en impose, En tout ce que j'ai dit ici, la moindre chose.
ÉRASTE
Ce mariage est vrai?
Ma langue, en cet endroit, A fait un pa» de clerc dont elle s'aperçoit ; Mais enfin cette affaire est comme vous la dites. Et c'est après cinq jours de nocturnes visites. Tandis que vous serviez à mieux couvrir leur jeu. Que depuis avant-hier ils sont joints de ce nœud ; Et Lucile depuis fait encor moins paraître Le violent amour qu'elle porte à mon maître,
* Et veut absolument que tout ce qu'il verra,
* Et qu'en votre faveur son cœur témoignera,
* Il l'impute à l'effet d'une haute prudence,
* Qui veut de leurs secrets ôter la connaissance. Si malgré mes serments vous doutez de ma foi, Gros-René peut venir une nuit avec moi,
Et je lui ferai voir, étant en sentinelle,
Que nous avons dans l'ombre un libre accès chex elle.
ÉRASTE
Ote-toi de mes yeux, maraud.
MASCARILLE
Et de grand cœur.
{A part.) C'est ce que je demande. Il en tient, le monsieur -, Comme ils vous ont tous deux avalé cette fable.
(Il sort.) ÉRASTE.
Quel coup il m'a porté, le bourreau détestable l Je vois trop d'apparence à tout ce qu'il a dit, Et ce qu'a fait Valère, en voyant cet écrit, Marque bien leur concert, et que c'est une baie Qui sert sans doute aux feux dont l'ingrate le paia.
SCiHE V