‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 79 sur 93 · AC3TB I, SCÈNE · texte numérisé non relu

AC3TB I, SCÈNE

Mais peut-être, moosieur, que je vous fâcherai.

ÉRASTE

Parle, mais prends bien garde à ce que tu vas faire; A ma juste fureur rien ne peut te soustraire. Si tu mens d'un seul mot à ce que tu diras.

MASCARILLE

J'y consens, rompez-moi les jambes et les bras; Faites pis : tuez-moi, si je vous en impose, En tout ce que j'ai dit ici, la moindre chose.

ÉRASTE

Ce mariage est vrai?

Ma langue, en cet endroit, A fait un pa» de clerc dont elle s'aperçoit ; Mais enfin cette affaire est comme vous la dites. Et c'est après cinq jours de nocturnes visites. Tandis que vous serviez à mieux couvrir leur jeu. Que depuis avant-hier ils sont joints de ce nœud ; Et Lucile depuis fait encor moins paraître Le violent amour qu'elle porte à mon maître,

* Et veut absolument que tout ce qu'il verra,

* Et qu'en votre faveur son cœur témoignera,

* Il l'impute à l'effet d'une haute prudence,

* Qui veut de leurs secrets ôter la connaissance. Si malgré mes serments vous doutez de ma foi, Gros-René peut venir une nuit avec moi,

Et je lui ferai voir, étant en sentinelle,

Que nous avons dans l'ombre un libre accès chex elle.

ÉRASTE

Ote-toi de mes yeux, maraud.

MASCARILLE

Et de grand cœur.

{A part.) C'est ce que je demande. Il en tient, le monsieur -, Comme ils vous ont tous deux avalé cette fable.

(Il sort.) ÉRASTE.

Quel coup il m'a porté, le bourreau détestable l Je vois trop d'apparence à tout ce qu'il a dit, Et ce qu'a fait Valère, en voyant cet écrit, Marque bien leur concert, et que c'est une baie Qui sert sans doute aux feux dont l'ingrate le paia.

SCiHE V

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