‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 9 sur 93 · ORGON, CLÉANTE, DORINE · texte numérisé non relu

ORGON, CLÉANTE, DORINE

ORGON

Ah! mon frère, bonjour.

CLÉANTE

Je sortais, et j'ai joie à tous voir de retour.

La campagne à présent n'est pas beaucoup fleurie. •

ORGON

{A Cléante.) Dorine... Mon beau-frère, attendez, je tous prie. Vous TOtilez bien souffrir, pour m'ôter de souci, Que je m'informe un peu des nouvelles d'ici.

{A Dorine.) Tout s'est-il, ces deux jours, passé de bonne sorte? Qu'est-ce quW fait céans? Comme est-ce qufoms'y porte?

DORINE

Madame eut avant-hier la fièvre jusqu'au soir, Avec un mal de tête étrange à concevoir.

ORGON

Et Tartufe?

DORINK.

Tartufe 1 il se porte à merveille, Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille.

ORGON

^;.Le pauvre homme 1

DORINE

Le soir, elle eut un grand dégoût, Et ne put, au souper, toucher à rien du tout, Tant sa douleur de tête était encor cruelle I

ORGON

Et Tartufe?

Il soupa lui tout seul, devant elle; Et fort dévotement il mangea deui perdrix. Avec une moitié de gigot en hachis.

ORGON

:^ Le pauvre homme I

DORINE

La nuit se passa tout entière Sans qu'elle pût fermer un moment la paupière; Des chaleurs l'empêchaient de pouvoir sommeiller, Et jusqu'au jour près d'elle il nous fallut veiller.

ORGON

Et Tartufe?

DORINE

j: Pressé d'un sommeil agréable,

! Il passa dans sa chambre au sortir de la table; /i Et dans son lit bien chaud il se mit tout soudain, Oîi sans trouble il dormit jusques au lendemaio,

ORGON

Le pauvre homme I

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