‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 90 sur 93 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

ÉRASTE lit. ■ « Vous m'aimez d'un amour extrême, « Èraste, et de mon cœur voulez être éclairci ;

« Si je n'aime Éraste de même, « Au moins aimé-je fort qu'Érasle m'aime ainsi. * Vous m'assuriez par là d'agréer mon service ■: C'est une fausseté digne de ce supplice.

LUCILE lit.

« J'ignore le destin de mon amour ardente, «Et jusqu'à quand je souffrirai; « Mais je sais, ô beauté charmanlti !

« Que toujours je vous aimerai. »

Voilà qui m'assurait à jamais de vos feux ; Et la maiû et la lettre ont menti' toutes deux.

Poussez.

LUCILE

Elle est de vous; suffit, même fortune.

MARINKTTE.

Ferme.

LUCILE

J'aurais regret d'en épargner aucune.

GROS-RENÉ

N'ayez pas le dernier.

MARINETTE

Tenez bon jusqu'au bout.

LUCILE

Enfin, voilà le reste.

ÉRASTE

Et, grâce au ciel, c'est tout.

Je sois exterminé si je ne tiens parole l

LUCILE

Me confonde le ciel si la mienne est £ri?olcî

ÉRASTE

Adieu donc.

Adieu donc.

MARINETTE

Vous triomphez.

Voilà qui Ta des miet t .

GROS-RENÉ

MARINETTE

Allons, ôtez-vsus de ses yeux.

GROS-RENÉ

Retirez-Yous après cet effort de courage.

MARINETTE

Qu'attendez-Yous encor?

GROS-RENÉ

Que faut-il davantage?

ÉRASTE

Ah! Lucilel Lucile! un cœur comme le mien Se fera regretter, et je le sais fort bien.

LUCILE

Éraste, Éraste, un cœur fait comme le yôU'c Se peut facilement remplacer par un autre.

ÉRASTE

Non, non, cherchez partout, vous n'en aurez jamais De si passionné pour vous, je vous promets. Je ne dis pas cela pour vous rendre attendrie, J'aurais tort d'en former encore quelque envie; Mes plus ardents respects n'ont pu vous obliger ; Vous avez voulu rompre, il n'y faut plus songer;

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