ACTE II, SCÈNE IV
ÉRASTE lit. ■ « Vous m'aimez d'un amour extrême, « Èraste, et de mon cœur voulez être éclairci ;
« Si je n'aime Éraste de même, « Au moins aimé-je fort qu'Érasle m'aime ainsi. * Vous m'assuriez par là d'agréer mon service ■: C'est une fausseté digne de ce supplice.
LUCILE lit.
« J'ignore le destin de mon amour ardente, «Et jusqu'à quand je souffrirai; « Mais je sais, ô beauté charmanlti !
« Que toujours je vous aimerai. »
Voilà qui m'assurait à jamais de vos feux ; Et la maiû et la lettre ont menti' toutes deux.
Poussez.
LUCILE
Elle est de vous; suffit, même fortune.
MARINKTTE.
Ferme.
LUCILE
J'aurais regret d'en épargner aucune.
GROS-RENÉ
N'ayez pas le dernier.
MARINETTE
Tenez bon jusqu'au bout.
LUCILE
Enfin, voilà le reste.
ÉRASTE
Et, grâce au ciel, c'est tout.
Je sois exterminé si je ne tiens parole l
LUCILE
Me confonde le ciel si la mienne est £ri?olcî
ÉRASTE
Adieu donc.
Adieu donc.
MARINETTE
Vous triomphez.
Voilà qui Ta des miet t .
GROS-RENÉ
MARINETTE
Allons, ôtez-vsus de ses yeux.
GROS-RENÉ
Retirez-Yous après cet effort de courage.
MARINETTE
Qu'attendez-Yous encor?
GROS-RENÉ
Que faut-il davantage?
ÉRASTE
Ah! Lucilel Lucile! un cœur comme le mien Se fera regretter, et je le sais fort bien.
LUCILE
Éraste, Éraste, un cœur fait comme le yôU'c Se peut facilement remplacer par un autre.
ÉRASTE
Non, non, cherchez partout, vous n'en aurez jamais De si passionné pour vous, je vous promets. Je ne dis pas cela pour vous rendre attendrie, J'aurais tort d'en former encore quelque envie; Mes plus ardents respects n'ont pu vous obliger ; Vous avez voulu rompre, il n'y faut plus songer;