‹ Le Tartuffe; ou, L'imposteur, comédie en cinq actesChapitre 19 sur 64 · SCENE PREMIERE ORGON, MARIANE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE ORGON, MARIANE

on G ON M/VBIAKE

Mon père?

oacoN

Approchez, j'ai de quoi Vous parler en secret.

MAniAMS, « Orgon, qui regarde dans un cabinet. Que chercliez-Yous?

ORGOX

Je vois Si quelqu'un n'est point là qui pourrait nous entendre; Car ce petit endroit est propre pour surprendre. Or sus, nous voilà bien. J'ai, Mariane, en vous Reconnu de tout temps un esprit assez doux, Et de tout temps aussi vous m'avez été chère.

MAUIA>E

Je suis fort redevable à eet amour de- père.

ORGON

C'est fort bien dit, ma fdle; et, pour le mériter, Vous devez n'avoir soin que de me contenter.

MARIANK

C'est où je mets aussi ma gloire la plus haute-

20 L2 TARTUFiE

OUGON

Fort bien. Que dites-vous de Tartuffe, notre hôte?

MAHIANE

Qui? moi?

ORGON

Vous. Voyez bien comme vous répondrez.

MARIAGE

Hélas! j'en dirai, moi, tout ce que vous voudrez. S c È r* S II

ORGON, ?iîARÎAIS"E, DORIXE, entrant doucment et se tenant derrière Or(jon sans être vue.

ORGON

C'est parler sagement. Bites-moi donc, ma fille, Qu'en toulc sa personne un haut mérite brille, Qu'il touche votre cœur, et qu'il vous serait dou:i De le voir, par mon choix, devenir votre épou:£, Hcl

MARIANE, .se recalont avec surprise.

Hél

Qu'est-ce?

M.VniA.NE

Plali-il?

ORGOX

Quoi ?

liARIANE

Me suis-ie méprise ?

CKGCÎJ

Comment?

AClli II, SCÈNE II

Qui YoiUez-vons, mon père, que je dise Qui me lonciu' le cœur, et qu'il me serait doux De voir, par votre choix, devenir mon époux?

oncoN TartulTe.

MAniANE

Il n'en est rien, mon père, je vous jure. Pourquoi me faire dire une telle imposture!'

oncoN

Mais je veux que cela soit une vérité;

Et c'est assez pour vous que je l'aie arrêté.

MARIAGE

Quoi?... vous voulez, mon père?...

OUGON

Oui, je prétends, ma fille.

Unir, par votre hymen. Tartuffe à ma famille. 11 sera votre époux, j'ai résolu cela;

(Apercevant Dorine.) Et comme sur vos vœux je... Que faites-vous là? La curiosité qui vous presse est bien forte, Ma mie, à nous venir écouter de la sorte.

DORINE

Vraiment, je ne sais pas si c'est un bruit qui part De quelque conjecture, ou d'un coup de hasard, Mais de ce mariage on m'a dit la nouvelle, Et j'ai traité cela de pure bagatelle.

ORGON

Quoi donc? la chose est-elle incroyable?

DORINE

A tel point Que vous-même, monsieur, je ne vous en crois point.

ORGON

Je sais bien le moyen de vous le faire croire.

32 1,13 TAUTLFÎE

DORINE

Oui! oui! VOUS nous contez une plaisante histoire!

OUGON

Je conte justement ce qu'on verra dans peu.

DOUINE

Chansons 1

OUGOX

Ce que je dis, ma fille, n'est point jeu. DOUINE, à Mariane.

Allez, ne croyez point à monsieur voli'e père; Il raille.

ORGO:<

Je A0U3 dis...

DORINE

Non, vous avez beau faire, On ne vous croira point.

ORGO:^

A la fin, mon courroux..,

DORIXE

Hé bienl on vous croit donc; et c'est tant pis pour voug. Quoi? se peut-il, monsieur, qu'avec l'air d'homme sage, Et cette large barbe au milieu du visage. Vous soyez assez fou pour vouloir...?

ORGON

Écoutez :

Vous avez pris céans certaines privautés Qui ne me plaisent point; je vous le dis, ma mie.

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