ACTE U, SCÈNF. II! aQ
El que si son TarlufTc est pour lui si charmant, 11 le peut épouser sans luii cuipiVhcincnt.
Vn père, je l'avoue, a sur nous tant d'empire, Que je n'ai jamais eu la force de rien dire.
Mais raisonnons. Valère a fait pour vous des pas : L'aimez -vous„ je vous prie, ou ne l'aimez -vous pas?
MARIANE
Ah I qu'envers mon amour ton injustice est grande, Dorine! Me dois -tu faire cette demande? T'ai -je pas là -dessus ouvert cent fois mon cœur? Et sais- tu pas pour lui jusqu'où va mon ardeur?
Que sais -je si le cœur a parlé par la bouche.
Et si c'est tout de bon que cet amant vous touche?
MARUNE
Tu me fais un grand tort, Dorine, d'en douter; Kt mes vrais sentiments ont su trop éclater.
DORINE
Enfin, vous l'aimez donc?
MARIANE
Oui, d'une ardeur extrême.
DORINE
Et, selon l'apparence, il vous aime de même?
MARIANE
Je le crois.
DORINE
Et tous deux brûlez également De vous voir mariés ensemble?
MARIANE
Assurément.
3o LE TARTUFFE
DORINE
Sur cette autre union quelle est donc votre attente?
MARIANK
De me donner la mort, si l'on me violente.
DOniNE
Fort bien. C'est un recours où je ne songeais pas: Vous n'aA'ez qu'à mourir pour sortir d'embarras. Le remède sans doute est merveilleux. J'enrage Lorsque j'entends tenir ces sortes de langage.
Mon Dieu! de quelle humeur, Dorine, tu te rends I Tu ne compatis point au déplaisir des gens.