ACTE IV, SCiwMi I Cl
Et l'on dirait pailoui (juc, me sonlanl coui>able, Je feins pour qu'il m'accuse un zèle charitable; Que mon cœur l'appréhende, et veut le ménager Pour le pouvoir, ?ou3 main, au silence engager.
CI,ÉA>"TE
Vous nous payez ici d'excuses coloréci». Et toulcs vos raisons, monsieur, sont trop tirées Des intérêts du Ciel pourquoi vous chargez-vous? Pour punir le coupable a-t-il besoin de nous? Laissez-lui. laissez-lui le soin de ses vengeances: Ne songez qu'au pardon qu'il prescrit des otfcnses ; Et ne regardez point aux jugements humains. Quand vous suivez du Ciel les ordres souverains. Ouoil le faiblô inlcrèt do ce qu'on iwurra croire iJ'uno bonne aolion empcclieia la gloire? -Xon. non; faisons toujours ce que lo Ciel prescrit; Et d'aucun autre soin no nous brouillons l'es^^rit.
T.VRTUFFE
Je vous ai déjà dit que mon cœur lui pardonne; Et c'est faire, monsieur, ce ciue le Ciel ordonne : Mais, après le scandale et l'alfront d'aujourd'hui. Le Ciel n'ordonne pas que je vive avec lui.
CLÉ.VME
Et vous ordonnc-t-il, monsieur, d'ouvrir l'oreille A ce qu'un pur caprice à son père conseille. Et d'accepter le don qui vous est fait d'un bien Où le droit vous oblige h ne prétendre rien !
Ceux qui me connaîtront n'auront pas la pensée
Que ce soit un elfet d'une t\me intéressée.
Tous les biens de ce monde ont pour moi peu d'appas;
De leur éclat trompeur je ne ni'éblouis pas :
Et si je lue résous à recevoir du père
Cette donation qu'il a vo'.'.lu me faire.
Ce n'est, ;\ dire vrai, que parce que je crains
Que tout c<î bien ne tombe en de méchantes nu.ins;
Llî XARTLili;
(Ju'il ne trouva des gens qui, l'ayant en partage, En fassent dans le monde un criminel usage, Et ne s'en servent pas, ainsi que j'ai dessein, Peur la gloire du Ciel et le bien du prochain.
îlél monsieur, n'ayez point ces délicates craintes
Qui d'un juste héritier peuvent causer les plaintes,
Souffrez, sans vous vouloir embarrasser do rien,
Qu'il soit, à ses périls, possesseur de sou bien;
Î>1 songez qu'il vaut mieux encor qu'il en mésusc,
Que si de l'en frushrer il faut qu'on vous accuse.
.l'admire seulciaeiit que, sans confusion,
Vous en ayez souffert la proposition.
Car enfin le vrri zèle a-t-il quelque maxime
Qui montre à dépouiller l'iicrifier légitime?
Et, s'il faut que le Ciel dans votre cœur ait mis
Vn invincible obstacle à vivre avec Damis,
Ne vaudrait-il pas mieux qu'en personne discriic
Vous fissiez de céans une honnête retraite.
Que de soufTrir ainsi, contre toute raison,
Qu'on en chasse pour vous le fils de la maison?
Croyez-moi, c'est donner de votre prud'homie,
Monsieur...
Il est, monsieur, trois heures et demie Certain devoir pieux me demande là-haut, lit vous m'excuserez de vous quitter sitôt.
CLÉANTE, seul, avec dépit et colère.
SCENEi M ELMIRE, MARIANE, CLÉAiYTE, DORINE
DoniXE, entrant, à Cléante,
De grâce, avec nous employez-vous pour elle,
(Elle montre i)farians ) Monsieur: son âme souffre une douleur mortelle;
Acrc IV, SCÈNE III 03
Et l'accord que son père a conclu pour ce soir La lait i tout inonient entrer en désespoir. 11 va venir. Joignons nos cilorts, je vous prie, Et tàclions d'ébranler, de force ou d'industrie. Ce malheureux dessein ijui nous a tous troublés.