ACTE V, SCE.VE l
Afin que pour nier, en cas de quelque enquête, J'eusse d'un fau:i-fuyant la faveur toute prête, Par où ma conscience eût pleine sûreté A faire des serments contre la vérité.
CLLANTE
Vous voilà mal au moins si j'en crois l'apparence;
Et la donation, et cette confidence,
Sont, à vous en parler selon mon sentiment,
Des démarches par vous faites légèrement.
On peut vous mener loin avec de pareils gagcà :
Et, cet homme bur vous ayant ces avanla^s,
Le pousser est encor grande imprudence à vous;
Et vous de^1ez chercher quelc^ue biai* plus doux.
Quoi! sous un beau semblant de ferveur si touchante Cacher un cœur si double, une àmc si méchante! Et moi, qui l'ai reçu jfueusant et n'ayant rien... C'en est fait, je renonce à tous les gens de bien; J'en aurai désormais une horreur elTrovable. Et m'en vais devenir pour eux pire qu'un diable.
Eh bien! ne voilà pas de vos emportements! Vous ne gardez en rien les doux tempéraments. Dans la droite raison jamviis n'entre la vôtre; Et toujours d'un excès vous vous jetez dans l'autre. Vous voyez votre erreur, et vous avez connu Que par un zèle feint vous étiez prévenu. ?\lai?, pour vous corriger, quelle raison demande Que vous alliez passer dans une erreur plus grande, Et qu'avecque le cœur d'un perfide vaurien Vous confondiez les cœurs de tous les gens de bien? Quoi ! parce qu'un fripon vous dupe avec audace Sous le pompeux éclat d'une austère giimacc, Vous voulez que partout on soit fait comme lui, Et qu'aucun vrai dévot ne se trouve aujourd'hui? Laissez aux libertins ces sottes conséquences : Démêlez la vertu d'avec ses apparences, Ne hasardez jamais votre estime trop tôt, Et soyez pour cela dans le miUeu qu'il faut.
Gardez -VOUS, s'il se peut, d'honorer l'imposture Mais au vrai zôlc aussi n'allez pas faire injure, Et, s'il vous faut tomber dans une extrémité, Péchez plutôt encor de cet autre côté.