ACTE V. SCKMi; VI B
MADAME PEUNFI.Mi
Je suis lout ébaubie, et je lonibe des nues! DORI^E, à Orgon, ironiquement.
Vous vous plaignez à tort, à tort vous le blâmez;
Et SCS pieux dessoins par là sont confirmés.
Dans l'amour du prochain sa vertu se consomme:
11 sait que très souvent les biens corrompent l'homme,
Kl, par charité pure, il veut vous enlever
Tout ce qui vous peut faire obstacle à vous sauver.
onaoN
Taisez-vous. C'est le mot qu'il vous faut toujours dire.
CLÉANTE, à Orgon.
Allons voir quel conseil on doit vous faire élire.
Er.MIRE
Allez faire éclater l'audace de l'ingrat.
Ce procédé détruit la vcrlu du contrat;
Et sa déloyauté va paraître trop noire,
Pour souIïVir qu'il en ait le succès qu'on veut croire.
SCETiE VI
VALÈUE, ORGON, MADAME PERNELLE, ELÀÎIUî:, CLEANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE
Avec regret, monsieur, je viens vous afiliger; Mais je m'y vois contraint par le pressant danger. Un ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre, Et qui sait l'intérêt qii'en vous j'ai lieu de prendre, A violé pour moi, par un pas délicat.
Le secret que l'on doit aux affairps d'Élat, Et me vient d'envoyer un avis, dont la suite Vous réduit au parti d'une soudaine fuite. Le fourbe, qui longtemps a pu vous imposer, Depuis une heure au irrincc a su vous accuser,
Et remettre en ses mains, dans les traits qu'il vous jette, D'un criminel dÉiat i"inii)oitarite cassette, Dont, au mépris, dit-il, du devoir d'un sujet, Vous avez conservé le coupable secret.
J'ignore le détail du crime qu'on vous donne; Mais un ordre est donne contre votre personne; Et lui-même est chargé, pour mieux l'exécuter, D'accompagner celui qui vous doit arrêter.
CLKANTE
Voilà ses droits armés; et c'est par où le traître De vos biens qu'il prétend cherche à se rendre inaîtr;.
ORGON
L'homme est, je vous l'avoue, un méchant animal!
VALÈRE
Le moindre amusement' vous peut être faial.
J'ai, pour vous emmener, mon carrosse à la porte,
Avec mille loui<; qu'ici je vous apporte.
Ne perdons point de temps : le trait est foudroyant ;
Et ce . >nt de ces coups que l'on pare en fuyant.
A vous mettre en lieu sur je m'otfre pour conduite.
Et veux accompagner jusqu'au bout votre fuite.
ORGON
Las ! que ne dois-je point à vos soins obligeants ! Pour vous en rendre grâce, il faut un autre temps; Et je demaiidc au Ciel de m'être assez propice, Pour rcconnaiiro un jour ce généreux service. Adieu : prenez le soin, vous autres.
CLÉANTE
Allez tôt; Kour songerons, mon frère, à faire ce qu'il faut.