SCENE VIII
LES MÊMES, excepté BÉATUS et les vieux.
QXJANDMÊME.
Mais c'est peut-être une frime , une fausse alerte.
BAUDET
C'est ce que je me suis dit, moi qui ai la parole en main j'ai dit : Cet aide-de-camp-là m'a tout l'air d'un histrion, d'un homme en dehors 4© la société; mais M. le curé m'a fait voir avec son grand télescope, et du haut du clocher, des drapeaux tricolores sur toute la route î QU ANDMÊME , aux paysans.
Mes amis, allez tous mettre à vos chapeaux des cocardes
Irkolores, c'est moi qui vous l'ordonne, {se tourîiant vers la maison de 'cille.) Michel, hisse le drapeau tricolore, (aussitôt Michel sur la maison commune substitue le drapeau national au drapeau />/anr.) Vive la Charte! vive la liberté ! (aux paysans,) Mais crie^ donc, mes amis, criez donc!
BAUDET
Je vous dirai aussi qu'il y a dans le télescope des hommes armés qui marchent sur la commune.
TOUS
Des hommes armés!
Quels sont ces gens-là?
BAUDET
Je n'en sais rien.
QUANDMÊME, tremblant.
Mes amis, mes chers amis, écoutez-moî ; d'abord moi, je suis comme vous, j'aime la liberté. Dieu de dieu ! la liberté; je suis esclave de la liberté! Vous ne m<i connaissez donc pas!
Aia de la galope.
O liberté ! lîberlé ! liberté !
Pour toi l'ame ''
S'enflamme !
O liberté! liberté! liberté!
Deviens ma déité !
BAUDET
Il était bien tejnps Que des tyrans Le règne injuste Cessât de durer ; ^ Ou ne pouvait plus respirer !
C'eût été cruel , Car le mortel Le plus robuste S'il n'peut respirer.
Est bientôt forcé d'expirer.
QUANDMÊME Ct BAUDET.
O liberté, etc..
KiANçois , aux autres.
11 faut courir aux armes pour combattre ceux qui vien-
nent si ce sont des ennemis^ ou pour recevoir dignement les patriotes.
TOUS
Aux armes!
{Tout le monde sort, excepté Quandmême et Baudet.)
QUANDMÊME. > .
Allez, mes bons amis, portez hardiment les couleurs nationales; prenez un drapeau tricolore, prenez en dix, prenez en chacun un.
BAUDET
Prenez en chacun dix.