AVA:TI-PROPOS
Témiscamingue est actuellement celle de nos regions à colonise: qui jouit de la plus grande vogue. Cela est du à Ta richesse de son sol, aux facilités de défrichement et aux mines, dont on conr it encore imparfaitement la valeur.
Un collaborateur du “Journal d'Agriculture”, après avoir, à deux reprises, vis :e minutieusement cette contrée, donna't ces conseils à ses compatriotes
“CULTIVATEURS DFS VIEILLES PAROISSES qui etes à l'étroit, dont les terres sont morcelées, qui ne pouvez ctablir vos enfants près de vous, vous trouverez dans la région du Témiscamingue des terres de la plus grande fertilité, défrichées en partie ou non défrichées, à très bon marché.
“FILS DE CULTIVATEURS qui vous expatriez ou qui prenez le chemin des villes pour y trouver une fortune qui, malheureusement, vous fera toujours défaut peut-être, n'allez pas augmenter le nombre des mercenaires qui s'étiolent dans l'air empesté des manufactures. Allez vous tailler un domaine dans
Nouveau-Québec. C'est là qu'un avenir
la fertile région du plein de promesses vous attend et que vous goüterez la joie d'être des hommes libres et indépendarts.
“COMPATRIOTES DES ETATS-UNIS, qui voulez revenir au
ays, venez vous emparcr des magni fi ues terres à coloniser ]
que vous offre le gouvernement de la province de Québec,
dans la région du Témiscamingue. Vous y trouverez un bon nombre de vos compatriotes, revenus des Etats-Unis, vivant contents et heureux sur des terres de qualité supérieure dont la valeur sera quintuplée d'ici à quelques années.
“A CEUX QUI AURAIENT OUELOUFS MOYENS, je conseille d'acheter des lots en partie défriches. 1 v à à vendre, dans tous les endroits de cette région, des lots sur lesquels des améliorations ont été faites: défrichement, bâtime nts, clôtures, etc. qui sont “pateniés", et que l'on peut acquérir à des prix variant de $200 à $1,500 ou plus. suivant la localité et les travaux d'amélioration exécutés" (Émile Plante).
D'un autre côté, nous croyons devoir ajouter à cette nomenclature, nos cousins de France et de Belgique, et plus particulièrement le petit proprictare qui prevoit devoir végéter toute sa vie au milieu Ge la concurrence eur peenne: le fermier à gage qui n'a aucun cspoir, en Europe, de devenir un jour propriétaire ; le domesique de ferme qui peut se faire de bons gages et devenir un jour propriétaire, etc.
Les CaPiTaLISTEs, tant de l'Ancien que du Nouveau Monde, qui veulent placer des capitaux dans l'industrie, les mines, le commerce trouveront, au Témiscamingue, une contrée avantageuse et présentant à leur énergie et à leur esprit d'entreprise, les plus grandes chances de réussite,
jé Paz PONS:
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Sous ce nom, Fon désigne la région avoisinant Île lac Témincamingue, à l'est, et les terrains égoutés par ce lac et le grand jac Victoria, Paire comprise dans ses limites a une superficie d'environ 3,500,000 acres, équivalant à 35,000 fermes de 100 acres chacune.
La région du Témiscamingue a emprunté son nom à un
vaste lac qui n'est qu'un élargissement de la rivière Out: ouais et dont la longueur est de 73 milles. Il est navigable depuis le rapide Long-Sault jusqu'à la rivière des Quinze. Cette région est située dans le comté de Pontiac, à l'ouest de la province de Québec.
La partie du Téniscamingue que la colonisation a adoptée comme champ d'action s'étend sur la rive est du lac du même nom, entre les rivières Keepewa et des Quinze, et comprend les cantons Mazenod, Fabre, Duhamel, Guigues, Baby, Laverlochère et Latulippe. IT v a, en outre, au nord de la rivière des Quinze, les cantons Nédelec, Guérin et la réserve indienne.
Lacs et rivières.
Toute cette partie de la Province est abondamment pourvue de lacs, de rivieres et de cours d'eau qui contribuent, dans une large mesure, à la fertilisation et à l'égouttement du sol et à l'exploitation des chutes et des ressources forestières.
Le lac Témiscaningue, dont la superficie couvre une étendue de 320 milles et dont la largeur atteint de six à huit
milles, est d'un pittoresque des plus captivants. En admirant les rochers abrupts qui le bordent, on est loin de soupçonner qu'à un mille du rivage, quelques fois à cinq ou dix arpents, il se trouve un sol uni et aussi propre aux travaux de la culture que celui de la vallée du Richelieu: le lac Xccpewa, “immense araignée”, mesurant une cinquantaine de milles dans sa plus grande longueur: le lac des Quinse, un autre élargissement de la rivière Ottawa, qui communique avec le lac Expanse, vaste mer intérieure: tous deux sont navigables. Mentionnons aussi les lacs Cameron, Dumaïs, Laperrière, etc.
La rivière des Quinse, qui n'est autre que la rivière Outaouais, ainsi appelée, à cet endroit, à cause des quinze chutes superposées les unes aux autres dans l'espace de quelques milles: la Loutre, qui arrose la partie sud-ouest du canton Guigues, et qui est navigable sur environ dix milles, offre à l'industrie des pouvoirs hydrauliques assez importants: la Petite Rivière, qui traverse le canton Duhamel et une partie de Laverlochère, est aussi navigable sur une étendue de quatre milles; la rivière Kcepewa sépare en deux parties le canton Mazenod et a atteint une longueur de près de cent milles lorsqu'elle vient tracer son chenal en serpentant, dans le lac Keepewa qu’elle décharge dans le Témiscamingue : le Gordon Creek qui, après avoir traversé les cantons Mercier et Gendreau, vient se jeter au pied du lac, près du terminus du chemin de fer du Pacifique Canadien: la rivière Fraser, qui arrose une partie du canton Latulipe et se jette dans le lac des Quinze, sur le lot neuf du rang dix.
Conformation et qualité du terrain.
Le terrain du Témiscamingue est, en général, uni, quoique percé en plusieurs endroits par des protubérances de roches calcaires qui n'ont guère d'autre inconvénient que de donnes un peu plus de pittoresque au paysage. Les pierres ou cailloux de surface sont relativement rares, et les meilleurs lots en sont absolument exempts.
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Quant à la conformation superficielle, les terrains du Témiscamingue resseniblent beaucoup à ceux de la région comprise entre Chicoutimi et le lac Saint-Jean, sauf qu'ils ne sont pas ravinés comme ces derniers, mzis sont égouttés simplement par des riüisseaux et des petites rivières dont les berges sont uniformes et ne s'élèvent que peu au-dessus de la surface de l’eau. De larges étendues sont parfaitement unies et forment autant de petites plaines d’une richesse remarquable et offrant les plus grands avantages à l'agriculture.
Comme partout ailleurs, il se rencontre dans la plaine du Témiscamingue, des endroits où le sol est sableux, graveleux, même pauvre; mais la terre argileuse est l'espèce qui domine, et de beaucoup. C'est une terre riche, ni roulée, ni massée, ce qui la rend des plus propres à la production du trèfle.
Nous trouvons dans le “Journal d'Agriculture”, du 15 novembre 1910, l'appréciation qui suit du sol du Témiscamingue :
“Ceux qui se dirigent vers les terres de l'Ouest et qui prétendent qu’il n'y a plus de bonnes terres à coloniser dans la province de Québec se trompent énormément et n’ont sans doute pas vu la région du Témiscaminque, car là, il n'y a point de déconvenue, et si l'Ouest est le grenier de l’Empire, le Témiscamingue est le grenier de la province de Québec.
"Le sol de cette région est particulièrement riche en acide phosphorique, en potasse de chaux, qui sont les principaux fléments nécessaires à la nourriture des plantes.
“L'on aura une idée de la richesse du sol quand l’on saura que des prairies vieilles de vingt ans donnent encore des récoltes de plus d'une tonne et demie de foin à l’acre; et ces terres ont toujours été cultivées sans le concours d'aucun engrais.” (Emile Plante, conférencier du Ministère de l'Agriculture).
Au cours d’une visite qu'il fit au Témiscamingue, il ya plusieurs années, {eu l’abbé J--Bte Proulx, donnant libre cours à son enthousiasme, écrivait :
“Ah! la belle et luxuriaï: ‘tre promise aux colons de l’avenir, et comme on songe, «1 la contemplant, avec une
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L'église de Lorrainville
amère et douloureuse mélancolie, À toute cette vaillante et vigoureuse jeunesse canadienne qui deserte les foyers et s'en Va consumer sa force dans les fabriques américaines.”
Climat.
Le climat du Témniscamingue est favorable à la culture de toutes ies espèces de céréales: il n'en exclut absolument aucune. [l n'y a d'ailleurs guère de différence avec celui de Montréal ou d'Ottawa, si ce n'est que la chaleur y est tempérée
par le voisinage des grands lacs Les travaux agricoles commencent vers ia mi-avril, et la date moyenne de l'ouverture
de la navigation est vers le 12 ou le 13 Mai.
Il arrive parfo:; que, dans les terrains nouvellement défrichés et non encore assainis, la gelée ralentit un peu la maturation des récoltes, mais cet inconvénient disparait à mesure que le terrain s'égoutte et s'assèche complètement.
Voici d’ailleurs l'opinion de M. le notaire A.-E. Guay, un des plus anciens habit:nts de Ville-Marie :
“Sous le rapport de la beauté et de la salubrité du climat, je puis garantir que notre région occupe le premier rang dans tout le Canada, caï nous n'avons Jamais eu de maladies épidémiques ou contagieuses, et en général, la population est robuste et jouit d'un= bonne santé. La cause principale en est que l'air est sec et léger, l'eau excellente.
‘J'ai constaté que bien des personnes sont venues ici débiles, malades et condamnées par les médecins; après un séjour relativement court, dans noiie colonie, elles sont redevenues en bonne santé.
“Les asthmatiques surtout reviennent en bonne santé ; qu'on en demande des nouvelles à M. O. Latour, du lac Keepewa, qui jouit d' 1e ey-ellente santé, ici, et qui étouffe de l’asthme quand ile à Ottawa.
“I ne meurt presque jamais d'enfants, au Témiscamingue, bien que les naissances y soient nombreuses.”
“Vers le quinze septembre 1904, dit encore le notaire Guay, jai visité la ferme de M. Klock, sur le lac des Quinze,
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Le village de Saint-1
FEMISCAMINGUE.
à environ 30 milles plus haut que Ville-Marie; cette ferme contient 165 acres en culture. J'ai été étonné de la beauté et de l'abondance de la récolte en grain, foin et légumes ; je n'ai jamais rien vu de mieux dans toute la province. J'ai remarqué que la maturation était aussi avancée qu'à Montréal.”
Les personnes qui prennent les précautions élémentaires des cultivateurs de nos vieilles paroisses de la vallée du Saint- Laurent, comme par exemple la construction de couches chaudes, réussissent dans la culture des différentes variétés de légumes et celle du tabac, qui murit parfaitement quand l'espèce en est bien choisie, et qu'il est planté en temps propice.
La culture des fruits réussit également bien. M. le notaire Guay a récolté, dans son jardin, à Ville-Marie, des pommes Saint-Laurent et des duchesses-d'Oldembourg, de même que des groseilles, des gadelles rouges et blanches et du raisin.
Facilités du défrichement.
Tous ceux qui ont quelque peu voyagé dans nos grandes régions à coloniser ont été surpris des conditions relativement faciles et rapides de défrichement qu'on v trouve. Ainsi aue nous le disions plus haut, les cailloux de surface sont rares et la plupart des bons lots en sont complètement exempts, et la nature argileuse du terrain fait que les arbres ont des racines peu profondes. Et il n'est pas rare qu'un colon arrache les souches dès la première ou la seconde année et puisse ainsi labourer le sol et se servir des faucheuses et moissonneuses sur des terres qui, hier, étaient encore en forêt. On peut dire, d'une manière générale, que deux bons bûcherons peuvent aisément mettre en état de culture trois acres par semaine, Ceci constitue un avantage particulier au Témiscamingue, et méritait d'être noté.
Industrie laitière.
Les colons du Témiscamingue, comme ceux du Lac-Saint- Jean et des autres centres de colonisation, doivent, à cause de
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l'éloignement des marchés, songer à convertir sous le moindre volume possible les produits de leurs fermes.
Le sol du Témiscamingue, d'une grande fertilité, est surtout riche en potasse dans la région qui a été dévastée, à diverses reprises, par un feu intense et qui est restée sans forêt,
Les trèfles, et d'ailleurs toutes les légumineuses v viennent à merveille et contiennent la grande source de richesse pour l'industrie laitière et ses sous-produits.
C'est donc vers cette industrie que les cultivateurs doivent diriger leur culture tout en enrichissant leur sol qui manque d'azote, dans certaines parties. On sait que les légumineuses telles que les pois, le trèfle, la lentille et les fèves laissent le sol plus riche en azote après une abondante récolte.
Donc, abondance de trèfle et de fourrages verts pour obtenir de bonnes vaches laitières, un lait de premier choix pour la fabrication du beurre et du fromage.
Le «limat du Téiriscamingue est excellent; nous y avons vu le trèfle en fleurs, le 11 juin, et les automnes y sont très longs, doux, tempérés qu'ils sont par d'immenses nappes d'eau peu profondes qui arrosent cette région.
A mesure que les colons égoutteront, assainiront leurs terres, la température s'y adoucira sans doute davantage.
Cependant, l’on devra surtout se procurer tout d'abord du bon nétail et viser plutôt à la qualité qu'à la quantité, si l'on veut bien constater les avantages de l'industrie laitière et en retirer des bénéfices satisfaisants,
De même qu'au Lac-Saint-Jean, l'on trouve ces colons qui retirent SRoo d'un troupeau de vingt vaches, soit $40 par vache en moyenne, de même aussi, au Lac-Témiscamingue, la chose est possible et entretiendrait les meilleures espérances dans le coeur des colons qui s'y sont établis.
Comme dans l'Ontario et dans l'Ouest, la production du porc à bacon au moyen du lait et des fourrages verts, de l'herbe et des légumes constitue un sous-produit de l'industrie laitière qui égale en profits les produits de l'industrie laitière elie-même.
On peut dire que depuis deux ans les colons se réveillent à l'idée des profits qu'ils peuvent retirer de cette industrie et de ses sous-produits.
Il y a actuellement deux fabriques de produits laitiers: une à Saint-bruno-de-Guigues, parfaitement outillée et une autre à Lorrainville qui est en opération depuis le printemps. On pourrait aussi en établir à Fabre, Saint-Placide, Saint- Isidore, Saint-Fugène-de-Guigues et à Témiscamingue-Nord.
Les élèves qui sortent de l'Ecole de Laiterie de Saint- Hyacinthe feraient bien d'aller s'établir dans ces localités, car les colons n'attendent que des fabriques pour augmenter le nombre de leurs troupeaux.
Les colons peuvent compter sur un marché avantageux dans les petites villes minières du Té-niscamingue ontarien.
Le marché des denrées.
Tous les produits de la ferme se vendent à un haut prix et trouvent un écoulement facile, les marchés étant nombreux et à la portée des colons. Cobalt, Haileybury, New Liskeard, Montreal River, dans le Témiscamingue ontarien, sont des marchés avantageux et font plus qu'absorber la production du Témiscamingue québécois. Ville-Marie, les grandes exploitations forestières, les compagnies minières, le Transcontinental Grand Tronc Pacifique, etc., sont autant de consommateurs de tous les produits de l4 ferme.
Le foin se vend $18 à $20 la tonne: les pommes de terre, S1.25 à $1.00 le sac: l'avoine, $1.50 à S1.75 le sac.
La beurrerie de Saint-Bruno-de-Guigues a vendu 25 cents la livre tout le beurre qu'elle a produit, durant la saison de
De tels prix et l'abondance des récoltes permettent au nouveau colon, dès :a denxième année d'occupation de son lopin de terre, de réaliser une somme d'argent suffisante à l'achat des machines aratoires et des autres articles nécessaires a l'exploitation d'une ferme.
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