PRÉAMBULE
La médecine tend vers la spécialisation. La spécialité à laquelle m’ont conduit mes recherches, mes confrères, les patients eux-mêmes, m’amène à entendre continuellement des propos de ce genre : « Docteur, je m’excuse de vous déranger; je ne suis pas vraiment malade, j’ai seulement des ennuis de santé qui empoisonnent mon existence. » — « Docteur, j’ai tant de maux que je ne sais par où en commencer le récit ». — Docteur, j’ai déjà vu beaucoup de médecins, ils me disent tous que j’ai des troubles de mon état général, de mon tempérament. » — « Docteur, tout le monde me conseille, pour me remettre d’aplomb, de m’adresser à un spécialiste des glandes endocrines. »
Toutes ces remarques entraînent des corollaires : je suis médecin de gens bien portants, ce que je dis souvent en riant. Et, de fait, un coup de téléphone remet parfois à plus tard un rendez-vous pris pour le jour même : la personne attendue est ^etenue au lit par une maladie (grippe, appendicite). Mes consultants ne sont pas vraiment des malades, ce sont, avouent-ils eux-mêmes, des . ^ patraques ». Souvent, ils^ déclarent préférer au boulet qu’ils traînent de vieille date, une « bonne maladie », quelle qu’en