‹ Le temple d'AmadaChapitre 84 sur 122 · F. TROISIÈME PILIER DE DROITE · texte numérisé non relu

F. TROISIÈME PILIER DE DROITE

Ce pilier est à i m. 90 cent, de distance de son voisin de gauche, à 1 m. '60 c. du second pilier de droite, à 1 m. 65 cent, du mur latéral de droite, et à 1 m. 60 cent, de la colonne protodorique de droite.

Il est aussi irrégulier dans ses dimensions que le précédent, la face est étant sensiblement plus longue que la face ouest, ce qui oblige la face nord à être assez fortement oblique. Los dimensions des faces sont de o m. 70 cent., 0 m. 72 cent, et o m. 80 cent. Le socle, haut de quinze centimètres, est à peu près carré (1 m. o5 cent, sur t m. 08 cent.), mais la surface débordant autour du pilier même est très variable et oscille entre 0 m. 10 cent, et o m. 20 cent.

Les quatre faces du pilier sont décorées de la même façon que celles des piliers précédents : à savoir, trois faces avec une simple ligne verticale dhiéroglyphes. et l'autre avec un tableau.

1. Face est (regardant la colonne protodorique). — Celle face porte une longue ligne verticale en grands hiéroglyphes, surmontée d'un ciel et encadrée de deux rangées verticales de rectangles; les dimensions en hauteur et en largeur sont identiques à celles des lignes analogues des autres piliers :

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i44 11. GAUTHIER.

Il rosie encore dos (races de couleur jaune dans les creux des lii(MOgl\ plies.

:>. KACE\onD(re{',ardanl le mur latéral ). — (îelte lace porte une ligne idenlicpic i\ la précédente, de mêmes dimensions et même disposition, et également peinte en jaune :

3. Face ouest (regardant le deuxième pilier dt; droiti;). — - Celle lace porte une ligne identique aux deux précédentes, jx'inle en jaune :

Au-dessous de cette ligne et sur la gauche a été taillé à la pointe un personnage debout, tenant le sceptre 1 de la main droite, ri): l'exécution de ce {'rnffito est très maladroite.

A droite de ce gralJito on voit encore des traces de lignes assez épaisses, peintes en rouge et tracées dans toutes les directions, sans quil soit possible de déterminer le dessin qu'elles formaient.

h. Face sl» (regardant le passage central). — Celte face est décorée du tableau habituel, représentant le roi devant un dieu dont le nom est détruit, mais qui semble être Montou, dieu des batailles. Ce tableau mesure, comme ceux des piliers précédents, f? m. yô cent, de hauteur et o m. 6o cent, de largeur.

Au sommet, le ciel >— • domine le tableau. l'uis vient luranis de Boulo (- — ►). tenant le Q. entre ses pattes (.su) et proté{;eant le roi. Entre le ciel et l'uneus est écrite la légende de ce dernier en une ligne horizontale, continuée j)ar deux signes au-dessous d'elle, à droite.

Au-dessous de Tura'us nous retrouvons les quatre longues lignes verticales de légendes, dont deux concernent \e roi (» — ►), à gauche, et les deux autres le dieu (■"—), à droite. Le haut de ces lignes n'existe plus.

Au-dessous, le roi Thoutmôsis I\' (- — ►), coiffé du diadème M par-dessus

le bonnet ^<. est debout devant un dieu (» — ►), coiffé du pc/te?îi, jl', et également debout.

Le roi est rouge, sans barbe, le buste, les bras et les jambes nus, et vêtu du jupon empesé et j)ointu muni du devanleau vertical à ura?us et de la longue queue pendante. Les jambes seules ont conservé leur couleur primitive. Le roi a les deux bras ballants; la main droite tient le •+■ et la gauche ne tient rien.

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Le dieu (Montou?) était androcépliale, mais sa tête a été martelée; \e psrhent a conservé des traces de couleur rou{je (pour la couronne ^ ) a^ de blanc (pour la couronne É): on ne voit pas s'il était muni ou non de Tura^us frontal. Le dieu porte le collier et le jupon muni de la (jueue pendante en arrière: il est impossible de savoir s'il avait ou non un maillot. Les jambes ont conservé leur couleur rouge, et les pointes des pieds se confondent avec celles des pieds du roi. J>e dieu passe le bras droit deriière le corps du roi et lui pose la main sur lépaule droite, tandis (|ui' de la main p'auclie il lui fait respirer la vie, ^.

Au-dessous du tableau, les deux lignes horizontales de textes portent à huit le nombre total des lignes de ce tabhnui :

L'UR.KLS DE BOUTO : (^) \ ^ ^ f */,„„ ^ P ■¥• f j j oO-

Les deux lignes horizontales au cas du tableau : (- — ►) j ^MÀTÎIn H"'» il

:^î«îiûûa};

Au-dessous de ces lignes, les cinq bandes habituelles séparent le tableau du soubassement; ce dernier, resté nu, est haut de o m. yS cent. Les bandes ont conservé leurs couleurs (noir, rouge et jaune) presque intactes.

IL LES QUATUE COLONNES PROTODORIQUES.

(PL XXXIV et XXXV A).

Le [)orti({ue qui occupe le fond de la salle hypostyle actuelle est, nous l'avons vu, plus ancien que cette salle même; il date de la première époque du temple, et nous constaterons bientôt, en effet, que ses colonnes portent les noms de Thoutmôsis III et d'Amenhotep IL

La caractéristique principale des (juatre colonnes constituant ce portique est de ne pas être cylindriques, mais à pans coupés; de pareilles colonnes sont connues depuis longtemps (tombeaux de Beni-IIassan et d'Assouan, temples de Karnak

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et do Deir-cinaliari ). cl. on raison de certaines analogies qu'elles |)ri''sont('nt avec les colonnes doriques des (irecs. on leur a donné le nom de protndorùjnrs. 11 n'est pas sans intérêt pour ! Iiisloiic de I anliilccturc éjfvpticnne de constater que les deux autres exemples de telles colonnes connus sous le nouvel enq)ire (Karnak et Deir-el-lJahari) datent, comme les colonnes dAmada, du n'gnc de Tlioutmôsis 111. .Mais une dilïérence importante distingue les colonnes dAmada des autres colonnes à pans coupés connues : elles sont à vingt-quatre pans au lieu de seize, et cette multiplicité de surAices, se coupant à des angles très obtus et peu visibles à une certaine distance, donne presque à ces quatre colonnes l'aspect cylindri(|ue. Les socles sur lesquels elles re|»osenl sont, du reste, sensiblement ronds.

Ces colonnes mesurent ."i m. Go cent, de hauteur entre Tarcliitrave et le socle, et cette hauteur se décompose en 3 m. Mo cent, pour le fût et o m. '^o cent, pour l'abaque: (juant au socle, sa hauteur est de o m. i5 cent. Les colonnes sont à une distance sensiblement égale (i m. ko cent, à i m. 6o cent.) des parois latérales, de la paroi du fond et des piliers carrés qui les précèdent.

Le diamètre de ces colonnes n'est pas absolument le même pour toutes les quatre; il varie entre o m. 85 cent, et o m. 92 cent. Le socle déborde d'environ 0 m. 9 2 cent, à o m. 9.0 cent, tout le tour de la colonne, sans grande régularité, et son diamètre varie entre 1 m. 3o cent, et 1 m. 6(i cent. Ce socle est sensiblement rond, sauf du côté du passage central pour les deux colonnes du milieu, où il se rapproche de la ligne droite. Le socle des deux colonnes encastrées dans la maçonnerie postérieure de Thoutmôsis \\ n'est visible (|u"à l'intérieur de la salle; à l'extérieur, il n existe plus. Enfin, tandis que le socle de la colonne encastrée de gauche affecte la forme circulaire, celui de la colonne encastrée de droite est rectangulaire, comme les socles des six piliers carrés: il est aussi beaucoup plus petit que les autres et ne mesure qu'un mètre de côté.

Il est vraisemblable qu'à l'origine ces quatre colonnes étaient isolées et que les murs de briques qui reliaient le portique au portail d'entrée (délimitant ainsi une sorte de cour) étaient construits en dehors des deux colonnes latérales. Lorsque Thoutmôsis IV. voulant transformer la cour en salle hyposlylo, construisit les deux parois latérales de pierre que nous voyons aujourd hui, il engloba la moitié (ou à peu près) des deux colonnes latérales dans la nouvelle salle, tandis que l'autre moitié fut laissée en dehors. Le raccord entre la partie postérieure et ancienne du temple et les nouvelles constructions fut assez mal fait, et les deux petits pans de mur reliant la façade de l'antichambre aux colonnes encastrées furent construits obliquement par rapport au reste des parois laté-

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ralos. Celle di-viatioii (li> viiijjl à viiijjl-cin([ roiiliinèlrcs esl nelti'iiit'iil ii|i[)aronle sur lo plan du leiiiple. aussi bien à 1 exlérieur ([u à rinlérieur.

Du resle, les parois lalérales sont elles-mêmes construites d'assez défectueuse manière, et les trois simili-piliers qui ont e'té réservés dans l'épaisseur de chacune d'entre elles sont tout à lait irréguliors; leurs parois ne sont pas verticales, el, en outre, ils ne se correspondenl pas entre eux d'un côté à l'autre du temple, pas plus qu'ils ne sont exactement en face des piliers isolés du milieu de la salle. Nous avons eu déjà, du resle, plusieurs fois l'occasion de constater la défectuosité de la construction, à laquelle sont venus s'ajouter encore certains mouvomenls d'époque postérieure qui ont fait jouer entre elles ces dilTérontes parties (roiifjine différente.

La décoration des quatre colonnes à vingt-quatre pans e>l extrêmement sobre : toutes les quatre portent, sur presque toute la hauteur de celui de leurs pans qui regarde le passage central et qui est exactement parallèle au grand axo du temple, une ligne verticale d hiéroglyphes au nom, soll de Thoutmôsis III (les deux colonnes de gauche), soit d'Amenhotep II (les deux colonnes de droite). En outre, trois de ces colonnes portent l'image d"une déesse, qui est censée protéger le roi.

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