‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 18 sur 81 · LES PERRUCHES · texte numérisé non relu

LES PERRUCHES

Elles jasent et caquètent, Les adorables perruches.

Elles parlent de jacquettes, De chapeaux, de fanfreluches.

Ça babille et ça jacasse Avec des clins d'yeux agiles.

Ça trémousse et ça s'agace, Ces jolis oiseaux des îles.

Ça dispute et ça disserte Sur le plissé d'une jupe, El leurs plumes, roses, vertes, S'érupent comme des huppes.

EL tout ceci que lu moques, 0 penseur, te semble vain Au reg-ard du grand colloque De l'humain et du divin.

Or c'est à tort que tu montres Un dédain si méprisant, Et je m'élève à rencontre De ton jugement pesant.

Sache, ô penseur qui les tances, Que ces oiseaux ont raison De donner tant d'importance Aux formes d'un chaperon,

Aux couleurs de leur plumage, Aux détails d'un gorgerin, Et qu'un sublime mirage A se parer les astreint.

Car il n'est rien de plus grave Que de préparer l'amour, Et la femme, cette esclave, Y médite nuit et jour.

Et c'est pourquoi, philosophe, Accorde un profond respect A ces histoires d'étoffes Dont leur babil se repaît.

Car. pour être véridique, Toute ta métaphysique

Fait bien moins pour l'Univers Qu'un ruban bleu, rose ou vert

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