SCÈNE PREMIÈRE
ADRIENNE, ROBQUIN sortant de la salle à manger.
ROBQUIN, quittant le bras d’Adricnno qu'il salue.
Un déjeuner royal , faisan , vin de Champagne ! * Voilà comme j’admets qu’on vive à la campagne.
ADRIENNE
Gourmand !
ROBQUIN.
Qu’un bon cigare à présent serait bon !
ADRIENNE
Ne comptez pas, mon cher, fumer dans'lo salon;
Le parc est là.
ROBQUIN.
Cousine, il pleut; je crains le rhume.
ADRIENNE
Fi ! ne me parlez pas d’un avocat qui fume.
Il serait, en effet, plus juste qu’il plaidât,
Vu que c’est dans ce but qu’on se fait avocat.
Mais pour plaider, il faut trouver entr’autres choses Qu’on ne trouve jamais en les cherchant , des causes , Et mon pauvre diplôme, hélas! m’a plus coûté D’argent qu’il ne m’en a jusqu'ici rapporté!...
ADRIENNE
Les filles d’avoués sont, je sais, fort courues ,
Mais il en est encor qui ne sont pas pourvues ; Cherchez, trouvez -en une, et, le beau-père aidant, Vous deviendrez peut-être un avocat plaidant.
ROBQUIN.
A ce prix-là, nenni! J’ai passé le bel âge Où l’inexpérience invite au mariage.
Le luxe d’une femme à soi coûte trop cher;
Je vis sur le commun , moi qui ne suis pas fier,
Et n’ayant d’autre robe à payer que la mienne J’attends gaillardement que le client me vienne.
A DRIENNE.
Vous auriez des enfants du moins.
ROBQUIN.
Merci , je veux,
En fait d’enfants n’avoir jamais que des neveux.
Vive le célibat, nargue de la marmaille !
Je ne suis pas d’humeur à vivre sur la paille ,
A me manger le sang , piocher , amasser ,