‹ Le temps perdu comedie en trois actes, en versChapitre 53 sur 60 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Mais hors du célibat ne voyant rien de bon,

A fait vœu de rester et restera garçon !

ADRIENNE

Cette plaisanterie est vraiment des plus drôles,

Mais elle a le défaut d’intervertir les rôles.

Ma fille se marie , et c’est vous qui venez Me faire part à moi, sa mère...

R 0 BQ ni K.

Devinez

Quel fortuné mortel, grâce à moi seul, cousine,

A si fort attendri le cœur de Yalentine.

Je crois qu’à tout le moins vous ne m’en voudrez plus.

ADRIEN?! E

Je ne suis pas en train d’éplucher vos rébus...

ROBQUIN.

Un garçon d’avenir et de grande naissance ,

Dont le père est un peu de notre connaissance,

Un joli cavalier... Vous ne devinez pas? —

Brun comme moi, du temps que j’étais brun, hélas! Ferdinand, puisqu’il faut enfin qu’on vous le dise...

À D RIE NN E, très-<?mue.

Le fils du marquis !...

A part.

Ciel!

ROBQUIN.

Oui, voilà la surprise

-Que j e vous ménage ais ! . . .

ADRIENNE, à part.

• Dieu la lui rende un jour!

R 0 BQ U l Pi.

A quand les deux contrats, hein? cousine 1 L’amour Est un petit monsieur pressé de sa nature ,

Surtout lorsqu’il est jeune, et jamais, je vous jure, Jamais en moins de temps ce mauvais petit nain En deux cœurs à la fois n’a fait plus de chemin !

ADRIENNE

Us s’aimentl vous perdez la tête, j’imagine.

ROBQUIN.

Mais non...

ADRIENNE

Vous êtes fou !

ROBQUIN.

Je vous réponds, cousine...

Allons! c’est impossible! ils ne peuvent s’aimer ,

Nos enfants!

ROBQUIN.

Pourquoi donc? je puis vous affirmer...

ADRIENNE, s’emportant tout d’un coup*

De quoi vous mêlez-vous d’abord...

ROBQUIN, stupéQd.

Mais je me mêle...

ADRIENNE

Je ne sais rien de pis que ces faiseurs de zèle, Qui prodiguant à tous leurs soins désobligeants De services fâcheux assassinent les gens.

Je me demande enfin quelle rage est la vôtre.

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