THAÏS, CHRÉMÈS, PYTHIAS
Thaïs. — Dites seulement que cette jeune fille est votre sœur, que vous l'avez perdue toute petite, que vous venez de la reconnaître; et produisez les preuves.
Pythias. — Les voici.
Thaïs. — Prenez. S'il veut user de violence, menez-le devant le juge. Entendez- vous?
Chrémès. — Parfaitement.
(Acte IV, scène vu.)
Pl. 10.
PLX
Helioj Dujardin
L'EUNUQUE Pl. II.
L'EUNUQUE
THRASON, GNATHON, SANGA, etc., THAÏS, CHRÊMES.
Thrason. — Moi, souffrir une pareille avanie, Gnathon! J'aimerais mieux mourir. Simalion, Donax, Syriscus, suivez-moi ! D'abord, j'emporte la maison d'assaut.
Gnathon. — Très bien.
Chrémès. — Voyez-vous, Thaïs, comme il y va! Je vous donnais un bon conseil quand je vous disais de barricader la maison.
Thaïs. — Bon ! Celui qui vous paraît en ce moment un homme de cœur n'est qu'un grand poltron. N'ayez pas peur.
(Acte IV, scène viii.)
PVTHIAS, THAÏS.
Thaïs. — ... L'eunuque s'est enfui. Pourquoi? Qu'est-il arrivé? Parle donc!
Pythias. — Que vous dirai-je, malheureuse que je suis ? On dit que ce n'était pas un eunuque.
Thaïs. — Qui était-ce donc ?
Pythias. — C'était Chéréa.
(Acte V, scène i".)
LÂCHÉS, CHÉRÉA, déguisé en eunuque, PVTHIAS, THAÏS.
Chéréa, déguisé en eunuque. — Chez Antiphon se trouvaient ensemble son père et sa mère, de sorte que je ne pouvais entrer sans qu'ils me vissent... Je prends mes jambes à mon cou et me sauve... Mais, n'est-ce pas Thaïs que je vois?
Thaïs. — Bonjour, Dorus. Tu t'es donc enfui?
Chéréa. — Oui, maîtresse.
Pythias. — Oh! l'impudent!
Thaïs. — Brisons là. Votre conduite, Chéréa, n'est pas digne de vous.
(Acte V, scène 11.)
PYTHIAS, CHRÉMÈS, SOPHRONA.
Pythias. — Voyons. Quelle idée pourrait bien me venir à l'esprit? Que faire?
Chrémès. — Avancez donc plus vite, nourrice.
SoPHRONA. — Je m'avance.
Chrémès. — Je le vois bien, mais vous n'avancez pas.
(Acte V, scène m.)
Pl. II.
HélioffDuiarctiii
L'EUNUQUE
Pl. 12.
L'EUNUQUE
PARMÉNON, PYTHIAS, LACHES.
Parménon. — Qu'y a-t-il donc, Pythias?
Pythias. — Tu le demandes, effronté? Tu as perdu ce jeune homme que tu nous as donné pour un eunuque.
Parménon. — Malheureux, que faire? Quel parti prendre? Mais j'aperçois notre vieillard qui revient de la campagne.
(Acte V, scène v.)
LÂCHÉS, PARMÉNON, PYTHIAS.
Lâchés. — La proximité de ma campagne me procure l'avantage de n'être jamais là ni des champs ni de la ville... Mais n'est-ce pas là notre Parménon? Oui, c'est lui-même. Qui attends-tu devant cette porte, Parménon ?
Parménon. — D'abord, mon maître, dans tout ce qui s'est fait, il n'y a pas du tout de ma faute.
Lâchés. — Qu'est-ce qui s'est fait?
Parménon. — Vous avez raison de le demander. Phédria a acheté un eunuque pour en faire présent à Thaïs... De son côté, Chéréa est amoureux d'une joueuse de cithare de cette maison.
Lâchés. — Allons, vite, entrons là.
(Acte V, scène vi.)
PYTHIAS, PARMÉNON.
Pythias, à part, — Jamais, par Pollux! il ne m'est rien arrivé que je souhaitasse plus voir arriver que quand j'ai vu le bonhomme entrer chez nous avec son erreur... Mais oij est donc Parménon?.,. Ah ! le voici. . .
Parménon. — Eh bien, folle! Que veux-tu? Qu'as-tu à rire? Encore?
Pythias. — Tu le demandes? Non, par Pollux! je n'ai jamais vu, ni ne verrai jamais un homme plus sot que toi.
(Acte V, scène vu.)
THRASON, GNATHON, CHÉRÉA.
Gnathon. — Quel est votre projet, Thrason ?
Thrason. — Moi? De me rendre à discrétion à Thaïs et de faire tout ce qu'elle voudra.
Gnathon. — ... Mais la porte a grincé chez elle.
Thrason. — ... En voilà un que je n'avais pas encore vu. Pourquoi sort-il ainsi en hâte?
(Acte V, scène viii.)
Pl. 12.
ig-.Dujardm
L'EUNUQUE Pl. 13.
L'EUNUQUE
CHÉRÉA, PARMÉNON, THRASON, GNATHON.
Chéréa. — Mon bon Parménon, toi, la cause, l'auteur, l'artisan de toute ma félicité, sais-tu comme je suis heureux? Sais-tu que ma Pamphile a été reconnue citoyenne?
Parménon. — Voici un autre sujet de joie : le militaire est mis à la porte.
Thrasqn. — Eh bien! Gnathon, doutes-tu que je sois maintenant perdu sans ressource?
Gnathon. — Je n'en doute plus, j'en suis sûr.
(Acte V, scène ix.)
CHÉRÉA, PHÉDRIA, THRASON, GNATHON.
Chéréa. — Il n'y a personne, frère, qui mérite plus d'être aimé que ta chère Thaïs.
Phédria. — C'est à moi que tu en fais l'éloge?... Hé! Thrason?... Pourquoi donc vous aperçois-je dans ces quartiers?
Gnathon. — Éloignez-vous un peu, Thrason... (A Phédria et à Chéréa.) Mon avis est que vous souffriez le militaire pour rival... C'est un sot, une bête, un lourdaud... vous le mettrez à la porte quand vous voudrez,
Chéréa. — Cela nous va.
Gnathon. — Thrason, approchez... Ces jeunes gens ne vous connaissaient pas; mais je leur ai dit votre caractère, et j'ai tout obtenu.
Thrason. — C'est très bien, et je t'en suis on ne peut plus reconnaissant. Je n'ai jamais été nulle part sans avoir été adoré de tout le monde.
(Acte V, scène x.)
Pl. 13-
Hebo^ Dujarim
L'HÉAUTONTIMOROUMÉNOS
ANALYSE DE LA COMÉDIE
Le vieillard Ménédème, morose et chagrin, a vendu sa maison d'Athènes pour mener aux champs la vie la plus rude, et, comme son voisin Chrémès le lui reproche doucement, il lui avoue que c'est son fils Clinia qui est la cause de sa misanthropie. Clinia voulait épouser une jeune fille pauvre, Antiphile. Devant les observations de son père, il s'est fait soldat et est parti en Asie. Cependant, après trois années d'absence, il est revenu à Athènes, et ni lui ni Antiphile n'ont oublié leur amour réciproque. Clinia s'est logé chez son ami Clitiphon, fils de Chrémès. C'est là que Syrus, esclave de Clitiphon, lui amène Antiphile, en la faisant passer pour l'esclave d'une courtisane nommée Bacchis. Clitiphon, de son côté, est très épris de Bacchis, et c'est pour lui plaire que Syrus parvient à dérober dix mines à Chrémès. Celui-ci finit par découvrir, grâce à sa femme Sostrata, qu'Antiphile est leur propre fille, c'est-à-dire la sœur de Clitiphon. Tout concorde donc pour que Clinia devienne le mari d'Antiphile. Quant à Clitiphon, il épousera la fille d'Archonidès.
DESCRIPTION DU COSTUME DE CHAQUE PERSONNAGE Chrémès, vieillard, père de Clitiphon et d'Antiphile.
Coiffé d'un chapeau bas et rond, à bords étroits et relevés. Chaperon enveloppant la tête sous le bonnet. Cotte avec ceinture, et, par-dessus, cape ouverte à droite. Souliers d'étoffe. Chrémès porte la barbe.
Chrémès paraît aux figures 50, 51, 55, 56, 57, 58, 60, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68.
Ménédème, vieillard, père de Clinia.
Chaperon, tantôt posé sur la tête, tantôt rabattu, avec longue queue. Escarcelle à la ceinture. Souliers d'étoffe. Ménédème porte la barbe blanche.
Ménédème paraît aux figures 50, 55, 63, 64, 65, 68.
Clitiphon, jeune homme, fils de Chrémès.
Coiffé d'un haut chapeau, à bords étroits et relevés. Chaperon posé en mantelet. Manches
bordées de fourrure, s'arrêtant au coude : du coude au poignet, manches de dessous, avec poignets serrés. Escarcelle à la ceinture. Souliers montant assez haut. Clitiphon est imberbe. Clitiphon paraît aux figures 51, 52, 53, 56, 57, 61, 62, 65, 66, 67, 68.
CliniA, jeune homme, fils de Ménédème.
Coiffé d'un chaperon dentelé. Grosses manches. Manteau à bords dentelés. Épée au côté. Souliers d'étoffe. Clinia est imberbe.
Clinia paraît aux figures 51, 52, 53, 54.
SyruS, esclave de Chrémès et pédagogue de Clitiphon.
Coiffé d'un chaperon formant bonnet pointu et retombant sur l'oreille. Ceinture. Chausses roulées à la jarretière et laissant voir les genoux. Souliers d'étoffe. Syrus est imberbe. Syrus paraît aux figures 52, 53, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 65.
Dromon, esclave de Clinia.
Coiffé d'un chaperon formant bonnet plat. Ceinture. Souliers bas. Dromon est imberbe. Dromon paraît aux figures 52, 53, 59.
SOSTRATA, femme de Chrémès.
Coiffée d'une huve ou cornette. A la ceinture, placée .au-dessous du ventre, pendent une aumônière et une chaîne.
Sostrata paraît aux figures 58, 66, 67, 63.
BaCCHIS, courtisane, aimée de Clitiphon.
Coiffée d'une cornette. Robe formant bourrelet sur la ceinture. Bacchis paraît aux figures 52, 54, 59.
Antiphile, jeune fille, aimée de Clinia et reconnue fille de Chrémès et de Sostrata.
Coiffée d'une cornette. Robe tombant droit. Antiphile paraît aux figures 52 et 54.
Phrygia, esclave de Bacchis.
C'est la femme qu'on voit portant un ballot à la figure 59 et discourant à la figure 64.
La Nourrice d' Antiphile.
C'est le quatrième personnage en partant de la gauche dans la figure 58.
Archonidès, Criton, Phaneia, Phanocratès, personnages muets.
Ces personnages ne sont pas figurés dans le Térence des ducs.
L'HÉAUTONTIMOROUMÉNOS Pl. 14.
L'HÊAUTONTIMOROUMÉNOS
MÉNÉDÈME, CHRÉMÈS. .
Chrêmes. — Je ne sors jamais si matin, je ne rentre jamais si tard au logis, que je ne vous trouve bêchant, labourant ou portant quelque chose.
MÉNÉDÈME. — Chrémès, vos affaires vous laissent donc bien du loisir que vous vous mêlez de celles des autres?
Chrémès. — Je suis homme et rien de ce qui touche l'homme ne me paraît indifférent... Mais voici qu'il se fait tard : il faut que j'avertisse le voisin Phania de venir souper chez moi. Allons voir s'il est chez lui.
(Acte I", scène i".)
CHRÉMÈS, CLITIPHON, CLINIA.
Clitiphon, à Clinia. — Vous n'avez pas encore sujet de vous alarmer, Clinia ; ils ne sont pas en retard, et je suis sûr qu'elle viendra aujourd'hui avec votre messager.
Chrémès. — A qui parle mon fîls?
Clitiphon. — Ah ! mon père, vous arrivez à propos... Vous connaissez Ménédème notre voisin?... Vous savez qu'il a un fils?
Chrémès. — J'ai ouï dire qu'il était en Asie.
Clitiphon. — Il n'y est plus, mon père; il est chez nous. Il vient d'arriver.
(Acte I", scène m.)
CLITIPHON, CLINIA, SYRUS, DROMON, ANTIPHILE, BACCHIS.
Clinia. — S'il n'était arrivé aucun malheur, elles seraient déjà ici.
Clitiphon. — Elles y seront tout à l'heure.
Clinia. — Ah! Clitiphon, jetremble...
Clitiphon. — Respirez enfin : voici Dromon et Syrus qui, tous deux, vous arrivent.
(Acte II, scène i".)
DROMON, SYRUS, CLITIPHON, CLINIA.
Clitiphon, — Syrus, je te confie et ma personne, et mon amour, et ma réputation.
Syrus. — Obtenez de Clinia qu'il fasse passer Bacchis pour sa maîtresse.
Clinia. — C'est convenu, je le ferai.
(Acte II, scène 11.)
Pl. 14.
L'HÉAUTONTIMOROUMÊNOS
L'HÉAUTONTIMOROUMÉNOS
BACCHIS, ANTIPHILE, CLINIA.
Bacchis. — Par Pollux! ma chère Antiphile, je ne m'étonne plus que chacun vous recherche.
Antiphile. — J'ignore ce que sont les autres; mais je sais que j'ai toujours mis mes soins à faire mon bonheur du bonheur de Clinia.
Clinia. — Est-ce bien vous que je presse dans mes bras, Antiphile?
(Acte II, scène m.)
MÉNÉDÈME, CHRÊMES.
Chrémès. — Bonjour, Ménédème. Je vous apporte une nouvelle que vous désirez ardemment connaître.
MÉNÉDÈME. — Savez-vous quelque chose sur mon fils, Chrémès?
Chrémès. — Il vit, il est en bonne santé. MÉNÉDÈME. — Où est-il, je vous prie?
Chrémès. — Chez moi, à la maison.
(Acte III, scène i".)