‹ Le terre-neuve; comédie en trois actesChapitre 10 sur 121 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

balcon, juste au-dessous d'une loge, occupée par deux dames, l'une, déjà mûre et quasi flétrie, l'autre éclatante de jeunesse et de beauté!

CÉCILE, modestement.

Oh! monsieur Octave!

GORBINET.

Ces deux, dames, gonflées par l'émotion, pour mieux suivre les péripétie* du drame, se tenaient penchées en dehors de leur loge, et bientôt, à un moment des plus pathétiques, le jeune homme sentit son front mouillé de larmes!

CÉCILE

Son front?

GORBINET. r'

Oui. On pleurait au-dessus de lui! Et les pleurs, tombant des beaux yeux de l'adorable jeune fille, arrosaient le front et glissaient sur les joues du jeune homme, qui buvait, silencieux et palpitant, cette rosée délicieuse!

CÉCILE, éclatant de rire.

Ah! ah! ah!... Mais non, mais ce n'était pas moi, qui pleurais!...

GORBINET.

Hein?...

CÉCILE

C'était maman !

GORBINET.

Madame Bruniquel!

CÉCILE

Elle ruisselait !...

CORBTNET, crachotant plusieurs fois.

Ah! non, non, c'est dégoûtant!

CECI L i ■: .

i;t vous, qui buviez*, silencieux, palpitant!....

COBBINBT.

Ah! Pou ali |

CÉ< ILE

Les larmes d'une mère, c'est sacré!

CORBINET

C'est surtout salé! Je me disais aussi : « Ce n'est pas possible, qu'une jeune fille, à dix-huit ans, soit déjà aussi salée que ça !... »

CÉCILE

Maman sera très flattée, quand je lui raconterai...

CORBINET*

Ah! de grâce! pas un mot!

Page 1