ACTE DEUXIÈME
ANGÉLINA
Donne toujours. Je choisirai.
MARIETTE
Bien, madame,
Elle sort à droite pan coupé, et revient avec plusieurs jupons, qu'elle étale sur une chaise longue. ANGÉLINA.
Il s'agit d'être irrésistible... Fortuné adore les fouillis de dentelles...
MARIETTE
Est-ce que M. Bruniquel s'est décidé?
Décidé?
MARIETTE
Pour l'hôtel, qu'il doit donner à madame !
ANGÉLINA
Je lui en aiglissé deux mots, ce matin; mais nous en parlerons plus... intimement, ce soir, au dessert... Nous dînons tous les deux chez Paillard; le dîner de l'anniversaire I
MARIETTE
Gomment, déjà un an, que madame connaît monsieur ?
ANGÉLINA
Non, onze mois seulement!... Mais je me suis dit que le 2j décembre était trop près du \er janvier...
MARIETTE
A cause des cadeaux?
ANGÉLINA
Juste!... Alors je l'ai avancé d'un mois, l'anniversaire 1
MARIETTE
Et monsieur a coupé?
ANGÉLINA riant.
Lui?.. Ali!... Ma chère... avec émotion!
MARIETTE
C'est tout de même un chic type, monsieur!.. Il aime vraiment madame !
ANiiÉLINA.
Il faut bien au moins qu'il y en ait un des deux, qui aime l'autre !
MARIETTE
Et si généreux !...
ANGÉLINA
Oui, mais si embêtant!... Enfin, j'en fais ce que je veux... (on sonne, Mariette sort à gauche pan coupé.) C'est curieux qu'un homme puisse être jobard à ce point-là!... Inutile, avec lui, de se mettre en frais d'imagination ! C'est humiliant même, une confiance pareille!... Les prétextes les plus saugrenus, les bourdes les plus invraisemblables, il gobe tout ! Clémence entre de gauche, pan coupé..