ACTE DEUXIÈME
Depuis ce matin?
BRUNIQUEL
Depuis ce matin, oui !
ANGÉLINA
De qui?
BRUNIQUEL
D'un oncle... d'un brave et bon oncle!
ANGÉLINA
De ton côté ?
BRUNIQUEL
Hein ?
ANGÉLINA
Je te demande de quel côté ?
BRUNIQUEL
Du côté de Pontoise !... C'était un père pour moi!
ANGÉLINA
Pauvre chien, va!
BRUNIQUEL
Alors, tu comprends, je n'ai pas le cœur à la fête!
ANGÉLINA
Nous ne dînerons pas ensemble, ce soir?
Non, nous ne dînerons pas ensemble, ni ce soir, ni jamais !
ANGÉLINA
Gomment?
BRUNIQUEL
L'homme, qui te parle, Angélina, est un homme qui rompt!
ANGE LIN A, ne comprenant pas.
Qui rompt?... (comprenant.) Tu me quittes ?
BRUNIQUEL
Oui... je te quitte, sainte et digne créature I Non, pas toi, je veux dire...
A NGÉLINA.
Une rupture, alors ?
BRUNIQUEL
C'est cela !... L'homme qui rompt... une rupture !
ANGÉLIX A.
Ce n'est pas sérieux?... Dis que ce n'est pas sérieux!
BRUNIQUEL
Angélina !
ANGÉLINA
Me quitter, toi!... (a part.) Ah! non! Et mon hôtel! (Haut, marchant sur lui.) Me quitter, toi, mon grosFortu, mon bébé chéri, mon mignon d'amour ?
BRUNIQUEL, remontant en recalant devant elle. Oui, moi, ton gros Fortu, ton bébé chéri... ton chose d'amour !
ANGÉLIX A.
Et pourquoi?
Son peignoir s'entr'ouvre.
BRUXInUEL.
Ferme ton peignoir, je t'en prie, ferme ton peignoir !
ANGÉLINA, passant par dessus la chaise.
Ah! fiche-moi la paix avec mon peignoir!