‹ Le terre-neuve; comédie en trois actesChapitre 65 sur 121 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Et moi, est-ce que je ne suis pas marié? Est-ce que tout le monde n'est pas marié?

Et vous avez une maîtresse?

LABERMOL.

Certainement, monsieur ! J'ai une maîtresse dans le quartier des Ternes, et une autre dans le quartier des Epinettes.

BRUNIQUEL, allant à lui.

Ah! Deux?

LABERMOL.

Parce que je suis de service tantôt dans le quartier des Ternes, tantôt dans le quartier des Epinettes.

axgélixa. à part.

Il est bon. le sergent!

BRUNIQUEL

Alors vous trompez votre femme?

LABERMOL.

Depuis vingt-quatre ans.

BRUNIQUEL

Deux ans de plus que moi!

ANGÉLINA

Tu vois. Et il ne fait pas d'histoires, lui!...

LABERMOL.

Et elle est très heureuse, ma femme, très heureuse!

Mais la mienne aussi.

LABERMOL.

Parce qu'elle ne sait rien!

BRUNIQUEL

La mienne non plus.

LABERMOL.

Alors., de quoi se plaint-elle, si elle ne sait rien?

BRUNIQUEL

Ma femme? Mais elle ne se plaint pas.

LABERMOL.

Alors, c'est donc vous, qui vous plaignez?

BRUNIQUEL

Moi? Non !

LABERMOL.

Enfin, nom d'une pomme! Il y en a un!... Qui est-ce qui se plaint?

BRUNIQUEL, avec énergie.

Au fait, personne !

LABERMOL.

Gomment, personne ne se plaint et vous voulez quitter cette adorable femme, qui ne peut pas se lever ni se coucher sans penser à vous?...

Vous avez raison, oui, c'est ignoble!...

LABERMOL.

Une femme, qui a voulu suicider pour vous ?

BRUNIQUEL

Je suis un misérable... un misérable!...

LABERMOL.

Jetez-vous dans ses bras, et plus vite que ça!

ANGÉLINA

Fortuné !

Page 1