ACTE DEUXIEME
ANGE LIN A
Pourquoi faire ?
GORBINET.
Ah!
A.NGÉLINA.
Qu'est-ce que vous avez ?
GORBINET, la prenant dans ses bras et la serrant avec frénésie.
Tiens! Voilà ce que j'ai! Voilà ce que j'ai!
ANGE LIN A, ahurie. Hé bien! Hé bien, Corbinet ! Mais vous êtes fou?
GORBINET.
Oui, fou d'amour!
ANGÉLIXA.
Vous?
GORBINET.
Il y a assez de temps que je me contiens!
ANGE LIN A
Pas possible!
GORBINET.
Et parce que je me contenais, vous vous disiez : Il est indifférent, il est froid, il est bête!
ANGÉLINA
Dame!
GORBINET.
Froid, moi, froid! (L'embrassant.) Tiens! Est-ce de la froideur, ça ?
ANGÉLINA, se dégageant.
Calmez-vous !
GORBINET.
Je ne peux pas! Une mer de feu sous une terre
de glace : voilà ce que je suis!... Ah! Si vous saviez!... Si vous saviez! Mais je ne mange plus... mais je ne bois plus... Et mes nuits, mes pauvres nuits, je ne vous en parle pas... ça vous ferait pitié! Savez-vous où je les passe, mes nuits f... Dans mon lit.
ANGÉLINA
Moi aussi.
CORBINET
À me tourner, me retourner, rouler, bondir en hurlant dans la fièvre : « Angélina! Angélina! »
ANGÉLINA
C'est à ce point?
CORBINET
Les voisins se sont déjà plaints trois fois! Et mes jambes, mes pauvres jambes ' ... Si vous voyiez comme j'ai maigri des jambes! Parce que, moi, quand je maigris, ça commence toujours par les jambes.
ANGÉLINA, se mettant sur la chaise longue et le faisant asseoir sur ses genoux.
Mais, grand serin, pourquoi vous faire tant de bile, voyons? Puisque je ne demandais pas mieux! Ce matin encore, je t'ai dit...
CORBINET, avec dignité.
Et monsieur Bruniquel?
ANGÉLINA
Fortuné? Eh bien... il te gêne?
CORBINET
Le partage, alors?
a x ( ; É L I N a . La meilleure part !