‹ Le terroirChapitre 1 sur 7 · BIENFAITEUR · texte numérisé non relu

BIENFAITEUR

Avec les sentiments de reconnaissance et de profond respect je dédie ce livre.

Pareille à l’hirondelle des Mille-Isles, ne cherche pas les lointains pays. Ne nous promène pas en Espagne, en Italie, en Egypte. Au Gange, préfère le Saint-Laurent . . . Disnous les splendides paysages du pays natal, fais chanter l’âme de tes compatriotes. Tu pourras en tirer les éternels accents de l’âme humaine . . . Mais laisse les chiffons qui sortent de nos magasins de nouveautés, les oripeaux fripés dont nos marchandes à la toilette ne veulent plus, et va, Canadienne aux jolis yeux doux, va boire à la claire fontaine !

Charles ab der Halden.

Au Dieu des Solitudes

A la Révérende Sr Sainte -Anne -Marie

Seigneur, je viens prier dans la terre sauvage,

Où, noirs témoins des jours, solennels et puissants, Fidèles à garder la nuit dans leur branchage,

Les pins ont raciné depuis des milliers d’ans,

Seigneur, je viens prier dans la terre sauvage.

Dieu bon, voici mes mains, voici mon cœur méchant!. . Pitié! Je ne sais pas le nombre de mes fautes!. . .

Vois mes pleurs se mêler à l’or roux du couchant.

Je m’accuse devant les pins aux branches hautes.

Dieu bon, voici mes mains, voici mon cœur méchant! . .

Daigne accueillir les mots confus de ma prière,

Daigne laisser ma nuit monter vers ta Bonté.

Dieu vivant, laisse-moi supplier ta Lumière. . .

Le Soir dit ton Amour, et les pins t’ont chanté. . . Daigne accueillir les mots confus de ma prière.

Gloire à Toi! Dieu vivant, dans la terre sauvage,

Où, loin des bruits humains, solennels et puissants, Fidèles à garder la nuit dans leur branchage, T’adorent les pins noirs depuis des milliers d’ans, Gloire à Toi! Dieu vivant, dans la terre sauvage!

Pâques dans les Bois

A la Révérende Sr Sainte-Démétrie.

C’est Pâques dans les bois comme au sein des maisons. Tandis que l’homme rêve à l’appel des églises,

Les corneilles d’avril, prodigues de chansons, Annoncent le printemps aux proches forêts grises.

Une immense douceur se mêle au bleu du jour. Les âmes ne sont plus des neiges prisonnières.

O le chant des clochers qui nous parlent d’amour! O cri des oiseaux noirs devers les sapinières !

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