INTRODUCTION
Le « test cutané d’hydrophilie », ainsi dénommé par MM. Marcel LaBse, P. L. Viorce et AZERAD, est une épreuve qui met en évidence la propriété qu'ont, dans certains cas, les tissus de l'organisme d'attirer et de garder l’eau avec une énergie plus ou moins grande.
Cette épreuve consiste à injecter dans l’épaisseur du derme une solution saline, et à noter le temps que met pour disparaître la boule d’œdème ainsi provoquée. On a constalé en effet que chez l'individu normal, elle se résorbe en cinquante minutes au moins; plus souvent en une heure et même davantage; et que, dans les cas pathologiques où il y à une appétence particulière des tissus pour l’eau, le temps de disparition de la boule d’œdème ést notablement raccourci. Au lieu de cinquantes minutes, il peut être réduit à quelques minutes, et même à quelques secondes dans certains cas.
Il s’agit donc là d’une méthode très simple
qui, cliniquement, permet de prévoir la formation des épanchements tels que l’ascite, les œdèmes, alors que ceux-ci ne sont pas encore apparents. De plus, on peut non seulement déceler ainsi un état préœdémateux, mais on peut encore, suivant les wariations du temps de disparition, prévoir la résorption des épanchements constitués alors qu'extérieurement rien ne permet de la conslater. Cette épreuve a donc également dans cerlains cas une valeur pronostique.
Ce n'est pas le seul intérêt du test cutané d’hydrophilie; il a une grosse importance au point de vue de l'étude de l'hydrophilie tissulaire et humorale, et par suite au point de vue de cette question si complexe de la pathogénie des œdèmes. C'est ainsi que Paul CnevaLLiER et STIFFEL ont pu écrire qu'il apportait « une contribution importante aux phénomènes connus sous le nom d’hydrosyntasie ».
Nous avons, sur les suggestions de M. le Docteur LEVANT, accoucheur à la Charité, étudié ce test chez la femme enceinte. Ce sont les résultats de cette étude que nous allons donner et que nous discuterons. Mais, tout d’abord, il nous a paru intéressant de faire l’historique de la question du test cutané d’hydrophilie et de rappeler les travaux, tous assez récents d’ailleurs, qui ont été faits à ce sujet.