‹ Le Testament d'un LatinChapitre 130 sur 168 · DU DESPOTISME CHEZ LES PEUPLES DÉMOCRATIQUES · texte numérisé non relu

DU DESPOTISME CHEZ LES PEUPLES DÉMOCRATIQUES

de la haine qu'ils ont pour toule supériorité, de tous les despotismes le césarisme est ie plus favorable à celle sorte d'égalilé démocratique qui demeure le seul idéal des sociétés en décadence, et qu'il affecte de respecter au moins dans les mots.

Et, comme les hommes supérieurs, ceux qui représenlaient la résistance, la liberté, la politique ont disparu, la plèbe et César restent seuls en présence, sans qu'il y ait entre eux aucun intermédiaire.

Mais qui sera César? Peu importe !

Chez les nations en décadence, les trônes deviennent quelquefois si vils, que quand, lâches et affolées, elles cherchent un maîlreà y faire asseoir, elles ne trouvent pas un homme, pas même un prince qui consente à prendre possession d'elles et delui\

Après la mort de Julien, le dernier descendant de Constantin, et celle de Jovien, son successeur, choisi par les soldats , l'empire romain reste dix jours sans maîlre; le trône, offert deux fois à Salluste, est deux fois refusé par lui. L'empereur Justin, oncle de Juslinien, est un paysan dace; Mâximin élait Goth; ce fut le premier barbare sur

» Yoy. Grèce, Moldo-Yalachie, 1868. Espagne, 4869-70.

le trône. Avec les barbares les eunuques gouvernent.

Le dernier degré de la décadence, c'est quand le gouvernement et toute la politique sont à la merci de l'armée. Alors se font les révolutions militaires.

A peine les soldats ont-ils eboisi un empereur, qu'ils s'en dégoûtent; ilsle renversent aussi lot qu'ils trouvent un compétiteur à mettre à sa place : « Les soldats qui avaient vendu l'empire, dit Montesquieu*, assassinent les empereurs pour en avoir un nouveau prix. »

On voit Phucas succéder à Maurice, qu'il fait tuer; il est tué lui-même par Héraclius. Les annales du Bas-Empire sont une effroyable série d'assassinats et de massacres ; l'ennui et le dégoût se disputent l'esprit de celui qui parcourt la fastidieuse bistoire de ces peuples livrés aux bêtes.

Les optimistes auraient pensé que, grâce à la civilisation, un despotisme analogue à celui de ces temps ne serait plus possible; le contraire a été prouvé ; l'bistoire du commencement de ce siècle n'est connue dans toute son borreur que depuis peu\ En la lisant on se demande moins peut-être

* Grandeur et décadence, ch. xvi, - Yoy. M. Lanfrey.

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