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QUE LA LIBERTÉ EST BONNE

«... Les libertés, dit Ch. Comte ', mot inventé pour rappeler aux peuples qu'ils ne s'appartiennent que dans les parties d'eux-mêmes qui leur ont été concédées par leurs possesseurs. » Les peuples doivent être complètement maîtres d'eux-mêmes et avoir, non-seulement quelques libertés ou les libertés, mais la liberté.

Considérée ainsi, dans son ensemble, la liberté n'est pas seulement, pour les peuples modernes, un moyen d'arriver à la justice et au bonheur, elle est leur état naturel, un état d'être bon. C'est pourquoi Humboldt a pu dire : « Le désir de la liberté ne vient trop souvent que du sentiment qu'elle nous manque ; w et encore ^ : « Le soin de conserver la liberté a plus de douceur que la jouissance même de la liberté. »

Elle est, qui le croirait ? le seul procédé efficace pour contenir et pour refréner les méchants, et cela, disons-le, prouve en faveur de la nature humaine.

Par sa seule présence, elle chasse de la société ces turpitudes dont vous souffrez et que la répression perpétue.

Les statistiques établissent que le nombre des

* Traité de législation, livre V, cli. xxx. ^ Page 5.

crimes diminue là où elle règne ; c'est qu'elle est fondée d'abord sur cette conscience de sa dignité qui élève F homme et le fait reculer devant ce qui l'avilirait.

Ce n'est pas seulement par tendresse pour les esclaves qu'on veut la fin de l'esclavage, ce n'est pas par une compassion dont ils sont fréquemment indignes, c'est aussi par amour du juste et 4u beau et par respect de la haute dignilé de riiomme.

Et la liberté élève l'homme si bien qu'elle le rend capable de faire, en se servant d'elle, des choses dont on ne le jugerait pas susceptible.

Il faut l'aimer pour elle-même et ne pas invoquer contre elle le déchaînement possible des passions. Elle porte en elle les remèdes aux maux qu'elle peut causer. Les passions ne se déchaînent que contre les obstacles, et le propre de la liberté c'est de supprimer les obstacles ; quand on sent qu'on a en ses mains l'inslrument nécessaire pour faire réussir sa pensée, on a recours à lui et on combat sagement, lentement, mais énergiquement avec lui. Le grand effet de la liberté chez un peuple, c'est de substituer dans son àme la sagesse aux passions.

Dira-t-on encore qu'elle est dangereuse? Pour-

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