SCÈNE IX
CÉSAR, CYTHÉRIS, a g.-no.i..
CÉSAR
Ma belle Cythéris, que faites-vous encore i*
CYTHÉRIS.
Je ne t'adnjire plus comme un homme; j'adoie Jupiter immortel , qui, le front radieux, Du ciel est descendu miséricordieux !
CÉSAR
Jupiter ! c'est ainsi parfois qu'on me surnomme ; Mais vous verrez bientôt que je ne suis qu'un homme.
CYTHÉRIS.
Pourquoi cela, (]ésar i^
CÉSAR-
Parce que cette nuit , Dont l'azur étoile moins que vos yeux reluit, Ne sera point, hélas ! plus longue que les autres. La nuit d'Amphitryon égala trois des nôtres !
César, ce que je veux de toi, ce que j "attend ,
Ce n'est pas une nuit, c'est une heure, un instant,
Pourvu qu'en cet instant de volupté suprême
Ton cœur dise à mon cœur : « 0 Cythéris , je t'aime ! »
CÉSAR
Je t'aime, ô (>théris! Et maintenant dis-moi , Que veu\-tu, cher amour? ton désir est ma loi. Demande, et pour deux mots pleinsfl^ineivresseétrange.
Pour CCS deux mots : César, je t'aime! — doux échange!
Par ma mère Vénus qui nous ouvre les bras,
Je te donne , choisis , tout ce que tu voudras !
CYTHÉHIS.
Donne-moi ce laurier, [)Our que ma main l'effeuille Bien rarement, j'espère, et t'envoie une feuille Qui vienne t'avertir, courrier muet et prompt, Chaque fois qu'un danger planera sur ton front.
CÉSAR
Ce laurier?
CYTHÉRIS.
N'est-ce pas un signe de victoire?
CÉSAR
Oui , Cythéris : eh bien ?
Eh bien ! c'est là ma gloire.
Je veux qu'on dise un jour à l'univers surpris : Quand César triomphait du monde , Cythéris , La pauvre enfant d'Athène, a, dans ce jour-là même. Triomphé de César.
CÉS.VR , lui donnant sa couronne de laïuier. ^^
On le dira.
CYÏHÉlîlS.
.le t'aime!
>|{F.MIF.R ACIK